Ses leçons dans les assemblées étaient telles que je n’ai jamais entendu personne enseigner d’une manière plus excellente que lui, ni plus agréable dans son expression, la clarté de son exposé, la qualité de ses précautions, la justesse de son esprit, la force de sa réflexion et la beauté de son style. Il mourut au mois de Ramadan de l’an sept cent vingt-sept (de l’Hégire) à Bilīs, fut transporté au Caire et enterré à proximité du mausolée de l’imam al-Shafi‘ī (– qu'Allah soit satisfait de lui –) (1).
7 – Aḥmad ibn ʿAbd al-Ḥalīm ibn Taymiyya, Taqī al-Dīn, Abū al-ʿAbbās, le Ḥarrānī le Ḥanbalī, Shaykh al-Islām, mort en l’an 728 H : Ibn Kathīr fréquenta assidûment son maître Ibn Taymiyya et l’aima profondément. Il adopta nombre de ses opinions, et émit des fatwas selon son avis à propos du divorce. À cause de cela, il fut mis à l’épreuve et subit des persécutions. Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī dit à ce sujet : « Il reçut son enseignement d’Ibn Taymiyya, s’éprit de lui et fut éprouvé à cause de lui » (2). Bien qu’Ibn Kathīr fût shāfi‘ī de rite, il vouait une sincère fidélité à Ibn Taymiyya et subit profondément son influence dans le rejet des innovations et des égarements apparus, ainsi que dans le soutien de la Sunna et de ses partisans.
Dans le seizième volume de notre nouvelle édition de “Al-Bidāya wa al-Nihāya”, il retrace les positions mémorables du shaykh Ibn Taymiyya et son jihād héroïque, se réjouissant de sa victoire sur (3) les Tatars et les partisans de l’innovation (4) et de l’hérésie, s’attristant de son emprisonnement, se rendant à la Citadelle de Damas lors de sa mort, embrassant son visage lors de sa toilette funéraire (5), et décrivant ses obsèques grandioses (6), où sortirent les habitants de Damas et des villages environnants pour saluer une dernière fois ce savant réformateur et combattant. Pour Ibn Kathīr, cette foule nombreuse, affligée, constituait la plus grande victoire de la démarche réformatrice du shaykh et un coup sévère porté à ses détracteurs et envieux.
Après une longue biographie qu’il reprit de l’histoire de son maître al-Birzālī, Ibn Kathīr déclare : « De nombreuses lectures du Coran furent consacrées à son intention – à savoir pour le shaykh Ibn Taymiyya –, et l’on a rapporté à son sujet d’étonnantes visions empreintes de piété. Il fut pleuré dans de nombreux poèmes et de longues élégies. Plusieurs savants ont rédigé des ouvrages qui lui sont spécifiquement consacrés. Pour ma part, je présenterai un résumé global mentionnant ses mérites, ses qualités, son courage, sa générosité, ses conseils, son ascétisme, son adoration, l’étendue de ses connaissances multiples et maîtrisées, et ses caractéristiques particulières, petites et grandes, qui englobent la plupart des sciences. J’y évoquerai également ses positions juridiques personnelles qu’il fondait sur le Livre et la Sunna et qu’il défendait par des fatwas » (7).
En somme, il (– qu'Allah lui fasse miséricorde –) était l’un des plus grands savants, dont les opinions pouvaient être justes ou entachées d’erreurs, mais son erreur, par rapport à