Mohammad ibn ‘Abd Allāh al-Ḥāfiẓ rapporta : Abū ‘Abd Allāh aṣ-Ṣaffār nous transmit : Ismā‘īl ibn Isḥāq al-Qāḍī nous transmit : Naṣr ibn ‘Alī nous transmit : Ibn Dāwūd, d’après Fuḍayl ibn Marzūq. Celui-ci dit : « Zayd ibn ‘Alī ibn al-Ḥusayn ibn ‘Alī ibn Abī Ṭālib (1) a déclaré : “Quant à moi, si (2) j’avais été à la place d’Abū Bakr — que Dieu l’agrée —, j’aurais jugé comme Abū Bakr a jugé — que Dieu l’agrée — à propos de Fadak.” »
[Section]
Les Râfiḍah se sont exprimés sur ce point avec ignorance et se sont imposé (3) ce dont ils n’ont pas connaissance ; ils ont rejeté ce dont ils n’ont pas embrassé la science et dont l’interprétation ne leur était pas encore parvenue. Ils se sont ingérés dans ce qui ne les concernait pas, et certains d’entre eux ont essayé de réfuter le récit d’Abū Bakr (4) — que Dieu l’agrée —, à propos de ce que nous avons évoqué, en prétextant qu’il contredisait le Coran. Et ils invoquent la parole du Très-Haut : « Et Salomon hérita de David » [an-Naml : 16], ainsi que la parole du Très-Haut rapportant les propos de Zacharie : « Accorde-moi, de Ta part, un héritier (5) qui hérite de moi et hérite de la famille de Jacob ; et fais qu’il Te soit agréable, ô mon Seigneur » [Maryam : 5-6].
Or, leur argument (5) est invalide pour plusieurs raisons. La première tient au fait que l’énoncé « Et Salomon hérita de David » [an-Naml : 16] concerne la royauté et la prophétie, c’est-à-dire que Nous l’avons institué pour exercer, après [David], le pouvoir, pour gouverner le peuple et juger les Fils d’Israël, et Nous l’avons fait prophète noble comme son père. De même que David avait réuni la royauté et la prophétie, son fils en hérita aussi. Il ne s’agit donc pas de l’héritage d’un bien matériel. En effet, comme l’ont rapporté de nombreux exégètes, David avait beaucoup d’enfants – on dit qu’il en avait cent (6). Pourquoi alors ne mentionner que Salomon parmi eux si l’héritage en question était d’ordre matériel ? Mais il s’agissait en réalité d’hériter de la prophétie et de la royauté après lui.
C’est pourquoi le verset dit : « Et Salomon hérita de David » [an-Naml : 16], puis : « Ô hommes ! On nous a enseigné le langage des oiseaux, et on nous a accordé de toutes choses ; voilà bien la faveur évidente » [an-Naml : 16], et ainsi de suite dans les versets suivants. Nous avons déjà détaillé cette question dans notre livre “at-Tafsīr”, ce qui, louange à Dieu et reconnaissance envers Lui, devrait suffire largement.
Quant à l’histoire de Zacharie, lui (que la paix soit sur lui) faisait partie des prophètes éminents, et le bas-monde était trop insignifiant à ses yeux pour qu’il demande à Dieu un enfant afin de lui succéder dans ses biens. Comment aurait-il fait cela alors qu’il n’était que charpentier, vivant du travail de ses mains, ainsi que le rapporte al-Bukhārī (7), et qu’il n’épargnait pas au-delà de ses besoins ? Comment donc aurait-il pu demander à Dieu de lui accorder un fils pour hériter d’une fortune, même s’il en avait possédé une (8) ? Au contraire, il voulait un enfant vertueux qui hériterait de sa prophétie et qui assumerait la charge des Fils d’Israël, les incitant à la droiture. C’est pourquoi le Très-Haut a dit : « Kâf Hâ Yâ ‘Ayn Ṣâd. (1) Rappel de la miséricorde de ton Seigneur… »