«– As-tu hérité du Messager de Dieu ou bien sa famille l’a-t-elle fait ?
Il répondit :
– Non, mais plutôt sa famille.
Elle dit (1) : Où est donc la part du Messager de Dieu (ﷺ) ?
Abou Bakr dit : J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : “Quand Dieu pourvoit un Prophète d’une subsistance (ṭuʿma), puis le rappelle à Lui, Il la destine à celui qui vient après lui.” Aussi, j’ai estimé devoir la rendre aux musulmans.
Quelqu’un (2) dit : Toi et ce que tu as entendu du Messager de Dieu (ﷺ) (3).
Abou Dâwoud (4) a rapporté ce récit de la même façon, d’après ‘Uthmân ibn Abî Shayba, d’après Muhammad ibn Fuḍayl, etc. Cependant, la formulation de ce ḥadith présente quelque chose d’étrange et de réprouvé ; peut-être a-t-il été transmis selon la compréhension de certains rapporteurs qui, parmi eux, auraient un penchant (chiite). Qu’on en soit conscient.
La parole la plus correcte dans ce récit est celle où elle dit : “Toi et ce que tu as entendu du Messager de Dieu (ﷺ).” C’est là (5) ce que l’on présume d’elle, et cela sied à son rang, à son autorité, à son savoir et à sa religion (– paix sur lui –). Il semble (6) qu’après cela, elle lui ait demandé de nommer son époux superviseur de cette aumône (ṣadaqa), mais il ne donna pas suite, pour la raison que nous avons déjà mentionnée. Elle s’en montra (7) mécontente à cause de cela, car elle était une femme parmi les enfants d’Adam et pouvait s’affliger comme eux. Elle n’était pas tenue à l’infaillibilité (ʿiṣma), compte tenu de la prescription du Messager de Dieu (ﷺ) et de la divergence avec Abou Bakr aṣ-Ṣiddîq (– qu'Allah soit satisfait de lui –), qu’Allâh l’agrée. On rapporte toutefois qu’Abou Bakr (– qu'Allah soit satisfait de lui –) se réconcilia avec Fâṭima et chercha à la satisfaire avant sa mort, et elle fut apaisée (– paix sur lui –).
L’historien (hâfiẓ) Abou Bakr al-Bayhaqî (8) a rapporté : “Abou ‘Abd Allâh al-Hâfiẓ (9) nous a informés : Abou ‘Abd Allâh Muhammad ibn Ya‘qûb nous a transmis : Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhâb nous a transmis : ‘Abdân ibn ‘Uthmân al-‘Atakî de Neyshâbûr nous a transmis : Abou Ḥamza (10) rapporte d’Ismâ‘îl ibn Abî Khâlid, d’après ash-Sha‘bî, qui dit : ‘Lorsqu’elle tomba malade, Fâṭima reçut la visite d’Abou Bakr aṣ-Ṣiddîq qui demanda la permission d’entrer. ‘Ali lui dit : “Ô Fâṭima, c’est Abou Bakr qui sollicite l’autorisation de te voir.” Elle répondit : “Veux-tu que je le laisse entrer ?” Il dit : “Oui.” Elle le laissa alors entrer, et il chercha à la satisfaire. Il dit : “Par Dieu, je n’ai délaissé la demeure, les biens, la famille et la tribu que pour rechercher l’agrément de Dieu, celui de Son Messager et le vôtre, ô gens de la Maison (Ahl al-Bayt).” Puis il continua à la réconforter jusqu’à ce qu’elle fût satisfaite.”’ C’est là une chaîne de transmission fiable et solide. Apparemment, ‘Âmir ash-Sha‘bî l’a entendue d’‘Alî, ou bien de celui qui l’avait entendue d’‘Alî.
Les savants de la famille du Prophète (Ahl al-Bayt) ont admis la justesse du jugement prononcé par Abou Bakr sur ce point. Al-Ḥâfiẓ al-Bayhaqî (12) a dit : “Abou Bakr… (etc.)”