Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La responsabilité de l’administration (išâ‘at an-naẓar) continuait de se faire conjointement entre eux. Les Compagnons qu’ils avaient délégués intervinrent alors en disant : « Ô Commandeur des croyants, tranche entre eux pour mettre fin à leur dissension (1). » Il semble qu’‘Umar (qu’Allah l’agrée) répugnait à ce que l’on partage la gestion entre eux d’une manière qui eût ressemblé à une répartition d’héritage, même seulement en apparence, par souci de respecter la parole du Prophète (paix et salut sur lui) : « Nous ne laissons pas d’héritage, ce que nous laissons est aumône. » Il refusa fermement tout compromis (qu’Allah l’agrée et le satisfasse). Par la suite, ‘Alî et al-‘Abbâs demeurèrent dans la même posture, administrant la chose ensemble jusqu’à l’époque de ‘Uthmân ibn ‘Affân. Alors, ‘Alî finit par l’emporter à ce sujet, et al-‘Abbâs y renonça en faveur de ‘Alî, suivant le conseil de son fils ‘Abd Allâh (qu’Allah l’agrée), et ce devant ‘Uthmân, comme l’a rapporté Ahmad dans son « Musnad » (3). L’affaire demeura dès lors sous l’autorité des ‘Alawites.

Pour ma part, j’ai recensé les différentes voies de transmission de ce hadith et ses variantes dans les deux « Musnad » d’Abû Bakr et ‘Umar (qu’Allah les agrée). En effet, Dieu soit loué, j’ai compilé pour chacun d’eux un important volume rassemblant tout ce qu’ils ont rapporté du Messager de Dieu (paix et salut sur lui), ainsi que leurs vues en jurisprudence saine et bénéfique. Puis j’ai classé ce recueil selon les chapitres de jurisprudence usuels de notre époque.

Il a également été transmis que Fâṭima (qu’Allah l’agrée) avait tout d’abord plaidé par l’analogie (qiyâs) et l’argument général du verset coranique. Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq lui opposa alors un texte particulier interdisant l’héritage du Prophète (paix et salut sur lui), et elle finit par se ranger à ce qu’il disait. C’est bien ce que l’on attendait d’elle (qu’Allah l’agrée).

L’imâm Aḥmad (4) a rapporté : « ‘Affân nous a informés : Ḥammâd ibn Salama nous a rapporté, d’après Muḥammad ibn ‘Amr, d’après Abû Salama, que Fâṭima (qu’Allah l’agrée) demanda à Abû Bakr : “Qui t’héritera quand tu mourras ?” Il répondit : “Mes enfants et ma famille.” Elle dit : “Pourquoi alors ne pourrions-nous pas hériter du Messager de Dieu (paix et salut sur lui) ?” Et il répondit : “J’ai entendu le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) dire : ‘Le Prophète ne laisse pas d’héritage.’ Toutefois, je prendrai soin de ceux dont le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) prenait soin, et je dépenserai pour ceux pour lesquels il dépensait.” »

At-Tirmidhî le rapporte également dans son « Jâmi‘ » (5), d’après Muḥammad ibn al-Muthannâ, d’après Abû l-Walîd aṭ-Ṭayâlisî (lequel dit : « Ḥammâd ibn Salama nous a rapporté ») (6), d’après Muḥammad ibn ‘Amr, d’après Abû Salama, d’après Abû Hurayra… puis il mentionne la suite (7) du hadith. At-Tirmidhî le qualifie de « bon, authentique et rare » (8).

Pour le hadith dont parle l’imâm Aḥmad (9), lorsqu’il rapporte : « ‘Abd Allâh ibn Muḥammad ibn Abî Shayba nous a informés ; Muḥammad ibn Fuḍayl nous a rapporté, d’après al-Walîd ibn Jumay‘, d’après Abû Ṭufayl, qui dit : “Lorsque le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) s’éteignit, Fâṭima envoya quelqu’un auprès d’Abû Bakr : ‘Es-tu…” »

(1) Lecture : (ou Arḥ). (2) Le terme n’apparaît pas dans la lecture Ṭ. (3) Musnad d’Imām Aḥmad (1/13), et sa chaîne de transmission est authentique. (4) Musnad d’Imām Aḥmad (1/10), et ce hadith est authentique d’après d’autres sources. (5) At-Tirmidhī (1608), et c’est un hadith authentique. (6) Ce qui se trouve entre les deux crochets dans le Jāmiʿ d’At-Tirmidhī, et c’est indispensable. (7) Lecture : (wasl). (8) Ainsi il est donné dans les manuscrits a et Ṭ, tandis que dans le Jāmiʿ d’At-Tirmidhī et al-Tuhfa on trouve : ḥasan gharīb, ce qui est correct, car plusieurs ont signalé que ce hadith a été rapporté sans mention d’Abū Hurayra, comme nous l’avons expliqué dans notre annotation du Tirmidhī (Bachār). (9) Dans son Musnad (1/4).
إشاعةِ النَّظَر بينهما، فقالت الصّحابةُ الذين قدماهم بينَ أيديهما: يا أميرَ المؤمنين اقض بينهما، وأرح (١) أحدَهما من الآخر. فكأنَّ عُمَرَ، (رضي الله عنه) ، تَحَرَّجَ من قِسْمَةِ النَّظَرِ بَيْنَهُما بما يُشْبهُ قِسْمَه (٢) الميراث ولو في الصّورة الظاهرة، محافظةً على امتثال قوله ﷺ : "لا نُورثُ، ما تَرَكْنَا صدقةٌ" فامتنع عليهم كلِّهم وأبى من ذلك أشدَّ الإباء، (رضي الله عنه) وأرضاه، ثم إنّ علياً والعباسَ استمرّا على ما كانا عليه، ينظران فيها جميعًا إلى زمانِ عثمان بن عفان، فغلبه عليها علىٌّ وتركَها له العباس بإشارةِ ابنه عبد الله، (رضي الله عنه) ، بين يَدَيْ عُثْمان، كما رَواهُ أحمدُ في "مسنده" (٣) ، فاستمرت في أيدي العَلَويّين. وقد تَقَصَّيْتُ طرقَ هذا الحديث وألفاظَه في مسندَي الشَّيْخَيْن أبي بكر وعمر، (رضي الله عنه) ، فإنّي، ولله الحمد، جَمَعْتُ لكلِّ واحدٍ منهما مُجَلَّداً ضخْماً مما رواه عن رسول الله ﷺ ، ورآه من الفِقْهِ النافِع الصَّحيح، وَرَتَّبْتُه على أبواب الفقهِ المُصْطَلَح عليها اليوم. وقد رُوِّينا أن فاطمة، (عليه السلام) ، احتجَّت أولًا بالقياس وبالعموم في الآية الكريمة، فأجابها الصِّدِّيقُ بالنصِّ على الخُصوص بالمَنْع في حقّ النبي، وأنها سلَّمَتْ له ما قال. وهذا هو المظنونُ بها، (عليه السلام) . وقال الإمام أحمد (٤) : حدَّثنا عَفّان، ثنا حماد بن سَلَمة، عن محمد بن عمرو، عن أبي سَلَمة، أن فاطمةَ قالت لأبي بكر: من يَرثُكَ إذا مِتَّ؟ قال: ولدي وأهلي. قالت: فما لنا لا نرثُ رسول الله ﷺ ؟ فقال: سمعتُ رسولَ الله ﷺ يقولُ: "إن النبىَّ لا يورثُ" ولكني أعولُ منْ كانَ رسولُ الله ﷺ يَعولُ وأُنفقُ على منْ كانَ رسولُ الله ﷺ يُنْفقُ. وقد رواه الترمذي في "جامعه" (٥) عن محمد بن المُثَنَّى، عن أبي الوليد الطَّيالسي (قال: حدثنا حماد بن سلمة) (٦) ، عن محمد بن عمرو، عن أبي سَلَمة، عن أبي هريرة … فذكره، فوصل (٧) الحديث. وقال الترمذي: حسنٌ صحيح غريب (٨) . فأما الحديثُ الذي قال الإمام أحمد (٩) : حدَّثنا عبد الله بن محمد بن أبي شيبة، ثنا محمد بن فُضيل، عن الوليد بن جُمَيْع، عن أبي الطُّفَيْل، قال: لما قُبضَ رسولُ الله ﷺ أرسلَتْ فاطمةُ إلى أبي بكرٍ: أأنتَ
(١) ط: (أو أرح). (٢) ليس اللفظ في ط. (٣) مسند الإمام أحمد (١/ ١٣)، وإسناده صحيح. (٤) مسند الإمام أحمد (١/ ١٠)، وهو حديث صحيح لغيره. (٥) الترمذي (١٦٠٨)، وهو حديث صحيح. (٦) ما بين الحاصرتين من جامع الترمذي، ولا بد منها. (٧) ط: (وصل). (٨) هكذا وقع في أ و ط، والذي في جامع الترمذي والتحفة: حسن غريب، وهو الصواب، فقد ذكر غير واحد أنه روي من غير ذكر أبي هريرة فيه، كما بيناه في تعليقنا على الترمذي (بشار). (٩) في مسنده (١/ ٤).

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