Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Hourayra et Aïcha (qu’Allah les agrée tous), comme nous l’expliquerons bientôt. Et même si as-Siddîq (Abou Bakr, qu’Allah l’agrée) avait été le seul à rapporter ce récit, tous les habitants de la terre auraient été tenus de l’accepter et de s’y conformer. Quant à la colère de Fâtima (qu’Allah l’agrée) – si elle résultait du fait qu’elle avait demandé à as-Siddîq que son époux administre ces terres, alors même qu’elles étaient considérées comme une aumône et non un héritage – Abou Bakr s’en est excusé en disant qu’en tant que Calife du Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui), il estimait devoir agir comme le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) l’aurait fait, et assumer les mêmes responsabilités que lui. C’est pourquoi il a déclaré : « Par Allah, je ne délaisserai rien de ce que le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) faisait en cette matière, si ce n’est pour le faire à mon tour. »

Fâtima (qu’Allah l’agrée) lui en tint rigueur et ne lui adressa plus la parole jusqu’à sa mort. Cette rupture, dans de telles conditions, a ouvert la voie à la secte Râfidha (chiite) pour répandre bien des maux et beaucoup d’ignorance : ils se sont alors livrés à des propos qui ne les concernaient pas et, s’ils avaient saisi la réalité des faits, ils auraient connu la valeur d’Abou Bakr as-Siddîq, qu’Allah l’agrée, et accepté l’excuse qu’il incombait à chacun d’admettre. Mais ils forment un groupe malheureux et repoussé, qui s’accroche aux passages ambigus en négligeant les points clairs et fermement établis (1) par les imams de l’Islam – qu’ils soient compagnons, successeurs, ou savants de référence à travers les époques et les contrées (qu’Allah soit satisfait d’eux tous).

Preuve de la transmission unanime de ce qu’as-Siddîq a rapporté et de leur accord à ce sujet :
Al-Boukhârî (2) rapporte : « Yahyâ ibn Boukayr nous a raconté, d’après Layth, d’après ‘Oqayl, d’après Ibn Shihâb, qui a dit : “Mâlik ibn Aws ibn al-Hadathân m’a informé (et Mohammed ibn Jubayr ibn Mout‘im m’en avait déjà mentionné un extrait). Je suis donc allé le voir et l’ai interrogé. Il a dit : ‘Je suis allé trouver ‘Omar. Son gardien, Yarfa, est venu le voir et lui a dit : « Veux-tu recevoir ‘Othmân, ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Awf, az-Zubayr et Sa‘d ? » Il répondit : « Oui », et il leur permit d’entrer. Puis il me dit : “Veux-tu recevoir ‘Alî et ‘Abbâs ?” Il répondit : « Oui. » Alors ‘Abbâs dit : “Ô Commandeur des croyants, tranche entre moi et lui.” ‘Omar s’écria : ‘Je vous en conjure par Allah, Celui par la permission de qui le ciel et la terre subsistent, savez-vous que le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : ‘Nous ne laissons pas d’héritage, ce que nous laissons est une aumône’ – entendait-il parler de lui-même ?’ Ils répondirent : ‘Oui, il l’a mentionné.’ Puis ‘Omar se tourna vers ‘Alî et ‘Abbâs et dit : ‘Le savez-vous aussi ?’ Ils répondirent : ‘Oui, il l’a bien dit.’ »

‘Omar ibn al-Khattâb reprit alors : « Je vais vous expliquer l’affaire. Allah avait accordé à Son Messager (que la prière et la paix soient sur lui) quelque chose de particulier dans ce butin, qu’Il n’avait attribué à nul autre que lui. Il a dit : “Ce qu’Allah a accordé en butin à Son Messager […] Allah est, certes, Omnipotent.” (Sourate al-Hashr, 59:6) Ainsi, cela fut réservé au seul Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui). Par Allah, il ne s’en est pas emparé à votre détriment, ni ne vous l’a confisqué ; au contraire, il vous en a fait profiter et l’a partagé parmi vous, de sorte qu’il n’en est resté qu’une partie. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui)…” »

(1) Titre : (al-Muqaddara). (2) Al-Bukhārī (6728). (3) Titre : (Malik ibn Aws balad al-Ḥudthān), tous sont des altérations. Voir Sīr ʿAʿlām al-Nubalāʾ, vol. 4, p. 171. (4) Version arabe : (mā ikhtārahā) « ce qu’il a choisi ». (5) Version arabe, titre : (istaʾtharahā) « il l’a réservée ».
وأبو هريرة، وعائشةُ، (رضي الله عنها) أجمعين، كما سَنُبَيِّنه قريبًا. ولو تَفَرَّدَ بروايتِه الصديق، (رضي الله عنه) ، لوجَبَ على جميعِ أهْلِ الأرض قَبولُ روايتِهِ والانْقيادُ له في ذلك، وإن كان غَضَبُها لأجلِ ما سألتِ الصديقَ، إذ كانَتْ هذه الأراضي صَدَقةً لا ميراثاً، أن يكونَ زوجُها ينظُرُ فيها، فقد اعتذَرَ بما حاصِلُهُ أنه لما كان خليفةَ رسولِ الله ﷺ ، فهو يرى أن فرضًا عليه أن يَعْمَلَ بما كانَ يَعْمله رسولُ الله ﷺ ، ويَلي ما كانَ يَليه رسولُ الله، ولهذا قال: وإني واللهِ لا أدَعُ أمْرًا كان يَصْنَعُهُ فيه رسولُ الله ﷺ إلا صَنَعْتُه، قال: فهجرَتْهُ فاطمةُ فلم تُكَلِّمْه حتى ماتَتْ. وهذا الهِجرانُ والحالةُ هذه فَتَح على فِرْقَة الرافضةِ شرَّاً عَريضاً، وجَهْلاً طويلاً، وأدْخَلوا أنفسَهم بسببه فيما لا يَعْنيهم، ولو تَفَهَّموا الأمورَ على ما هي عليه لعَرفوا للصِّدِّيق فضلَه، وقَبِلوا منه عُذْرَهُ الذي يجبُ على كل أحدٍ قَبولُه، ولكنهم طائفةٌ مَخْذولةٌ، وفِرْقَةٌ مَرْذولةٌ، يَتَمسَّكون بالمُتشابه، ويَتْرُكون الأمورَ المُحْكَمَة المُقَرَّرَة (١) عند أئمة الإسلام، من الصحابة والتابعين، فمنْ بعدَهم من العلماء المُعْتَبرين في سائر الأعْصار والأمْصار، (رضي الله عنها) وأرضاهم أجمعين. بيانُ روايةِ الجَماعَةِ لمِا رَواهُ الصِّدِّيقُ ومُوافَقَتِهمْ على ذلك قال البخاري (٢) : حدَّثنا يحيى بن بُكَير، ثنا الَّليْثُ، عن عُقَيل، عن ابن شهاب، قال: أخبرني مالك (٣) بن أوس بن الحَدَثان، وكان محمد بن جُبَيْر بن مُطْعم ذكر لي ذِكرًا من حديثه ذلك، فانطلقتُ حتى دخلتُ عليه، فسألتُه، فقال: انطلقتُ حتى أدْخُلَ على عُمَرَ، فأتاهُ حاجبُه يَرْفا، فقال: هل لك في عثمانَ وعبد الرحمن بن عَوْفٍ، والزُّبَيْر وسَعْدٍ؟ قال: نعم، فأذِنَ لهم، ثم قال: هَلْ لَكَ في عليٍّ وعباس؟ قال: نعم. قال عباس: يا أمير المؤمنين اقضِ بَيْني وبينَ هذا، قال: أنْشُدُكمْ بالله الذي بإذنِهِ تقومُ السَّماءُ والأرضُ، هل تعلمون أنَّ رسول الله ﷺ قال: "لا نُورثُ، ما تَرَكْنا صَدَقةٌ؟ " يريدُ رسولُ الله ﷺ نفسَه؟ قال الرهط: قَدْ قالَ ذلك. فأقبلَ على على وعباس، فقال: هل تَعْلَمان أنَّ رسول الله ﷺ قد قال ذلك؟ قالا: قَدْ قالَ ذلك. قال عمر بن الخطاب: فإني أُحَدِّثكم عن هذا الأمر؛ إن اللهَ كانَ قد خَصَّ لرسولِ الله ﷺ في هذا الفيء بشيءٍ لم يُعْطِه أحدًا غيرَه. قال ﴿وَمَا أَفَاءَ اللَّهُ عَلَى رَسُولِهِ﴾ إلى قوله ﴿قَدِيرٌ﴾ [الحشر: ٦] فكانَتْ خالصةً لرسول الله ﷺ ، والله ما احتازَها (٤) دونكم، ولا اسْتَأثر بها (٥) عليكم، لقد أعطاكموها وبثَّها فيكم، حتى بقيَ منها هذا المالُ، فكانَ رسول الله ﷺ
(١) ط: (المقدَّرة). (٢) البخاري (٦٧٢٨). (٣) ط: (ملك بن أوس بلن الحدثنان) وكلها تحريفات. وانظر سير أعلام النبلاء (٤/ ١٧١). (٤) أ: (ما اختارها). (٥) أ، ط: (استأثرها).

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