Il fit allusion à l’extraction de ses deux incisives (1) lorsqu’il se trouva parmi les prisonniers le jour de Badr, en disant qu’il se pourrait qu’il tienne plus tard une position qui ne serait pas blâmable (2).
J’ai dit : Nous mentionnerons bientôt, si Dieu le veut, ce qui se produisit après le décès du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) quant à l’apostasie de nombreuses tribus arabes, ainsi que les affaires concernant Musaylima ibn Habib, le pseudo-prophète de Yamâma, et al-Aswad al-‘Ansî au Yémen, ainsi que ce qu’il advint des gens jusqu’à ce qu’ils reviennent à Dieu, repentants, renonçant à ce qu’ils avaient suivi durant leur apostasie, témoin de leur grande ignorance et de leur folie, Satan les ayant égarés, jusqu’à ce que Dieu leur accorde la victoire, les affermisse et les ramène à Sa religion authentique, par la main du calife véridique Abou Bakr (que Dieu l’agrée). Tout cela sera détaillé, expliqué et exposé, si Dieu le veut.
[Section]
Ibn Ishâq et d’autres ont rapporté des poèmes composés par Hassân ibn Thâbit (que Dieu l’agrée) à l’occasion du décès du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Parmi les plus remarquables, les plus éloquents et les plus sublimes, se trouve celui qu’Abd al-Malik ibn Hishâm (3) – que Dieu lui fasse miséricorde – transmit d’après Abou Zayd al-Ansârî, selon lequel Hassân ibn Thâbit (que Dieu l’agrée) a dit, en pleurant la perte du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) (4) :
[vers de la mesure at-tawîl]
« À Tayba (Médine) se trouve une trace, un lieu du Messager,
Illuminé, bien que les vestiges puissent s’effacer et disparaître.
Et jamais ne s’effaceront les signes de cette demeure sacrée,
Où se dressait la chaire du Guide, sur laquelle il montait.
Des signes évidents, des repères durables,
Et une partie du lieu où il priait, devenu mosquée.
Là se trouvaient des chambres en plein milieu desquelles
Descendait de Dieu une lumière qui servait d’éclat et d’allumage.
Des repères dont les signes n’avaient pas été effacés du vivant du Prophète,
Puis la ruine est venue, renouvelant leurs traces.
J’y ai reconnu l’empreinte et le souvenir du Messager,
Et une tombe où il a été déposé dans la terre.
J’y suis resté à pleurer le Messager, et cela m’a soulagé.
Mes yeux, et ceux qui leur ressemblent, s’unissent dans le même chagrin.
Ils me rappellent les bienfaits du Prophète, et je ne vois personne
Capable de les dénombrer : mon âme, troublée, s’obscurcit.
Elle est atterrée, anéantie par la perte d’Ahmad (le Prophète),
Et ne cesse de recenser les bienfaits du Messager.
Elle n’a pu atteindre qu’une infime partie de chacun de ses mérites,
Mais mon âme demeure malgré tout tenaillée par le regret.
Elle resta longuement, versant tout ce que ses yeux pouvaient de larmes
Sur la trace de la tombe où repose Ahmad. »