‘Adiyy al-Tanûkhî rapporte d’après ‘Amr ibn al-Hârith, d’après Nâ‘im ibn Ujayl, d’après Ka‘b ibn ‘Adiyy, lequel déclara : « Je me rendis, avec une délégation d’habitants de Hîra, auprès du Prophète ﷺ. Il nous présenta l’islam et nous nous y sommes convertis. Puis nous sommes rentrés à Hîra, et il ne s’écoula pas beaucoup de temps avant que nous ne recevions la nouvelle du décès du Prophète ﷺ. Mes compagnons furent alors pris de doute et dirent (1) : “S’il était véritablement Prophète, il ne serait pas mort.” Je leur répondis : “Les prophètes avant lui sont pourtant morts.” Je demeurai dans l’islam, puis je partis en direction de Médine.
En chemin, je croisai un moine auprès duquel nous ne prenions jamais de décision sans le consulter. Je lui dis : “Informe-moi d’une affaire que je veux élucider, car j’ai un doute à son sujet.” Il me répondit : “Apporte-moi un nom parmi les noms.” Je lui donnai alors celui de Ka‘b. Il me dit : “Mets-le dans ce parchemin.” C’était un manuscrit qu’il sortit ; j’y plaçai le nom de Ka‘b, et il le consulta. Voilà qu’il y trouvait la description du Prophète ﷺ telle que je l’avais vu, et il était indiqué qu’il mourrait à l’époque où il est effectivement décédé. »
Ka‘b poursuit : « Ma certitude dans ma foi s’en trouva renforcée. Je me rendis auprès d’Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) et l’informai de tout. Je restai (3) auprès de lui, puis il m’envoya chez al-Muqawqis. Je revins, et ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) m’envoya également en mission. Je me présentai à lui avec son courrier, et j’arrivai (4) lors de la bataille de Yarmûk, sans en être informé au préalable. Il me dit : “Sais-tu que les Byzantins ont tué les Arabes et les ont vaincus ?” Je répondis : “Non.” Il reprit : “Pourquoi ?” Je dis : “Car Allah a promis à Son Prophète ﷺ de lui donner la victoire sur toute autre religion, et Il ne manquera pas à Sa promesse.” Il me déclara alors : “Votre Prophète ne vous a pas menti : les Byzantins ont bel et bien été massacrés, aussi annihilés qu’a pu l’être ‘Âd.”
Ka‘b raconte : « Ensuite, il s’enquit des notables parmi les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ, et je l’en informai. Il fit des présents à ‘Umar et à certains d’entre eux, dont ‘Alî, ‘Abd al-Rahmân, az-Zubayr — et je crois qu’il mentionna aussi al-‘Abbâs. J’avais été associé à ‘Umar (qu’Allah l’agrée) dans le commerce de tissus à l’époque préislamique (jâhiliyya). Quand il instaura le système de répartition (dawân), il m’affecta une part parmi ceux de Banû ‘Adiyy ibn Ka‘b. Ceci est un hadith (rapport) étrange, mais porte une nouvelle étonnante, et il est authentique. »
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Muhammad ibn Ishâq (5) a dit : « Lorsque le Messager d’Allah ﷺ mourut, les tribus arabes apostasièrent, le judaïsme et le christianisme refirent surface, l’hypocrisie se réveilla. Les musulmans se retrouvèrent semblables à des brebis sous la pluie par une nuit glaciale, en raison de la perte de leur Prophète ﷺ, jusqu’à ce qu’Allah les rassemble sous l’autorité d’Abû Bakr (qu’Allah l’agrée). »
Ibn Hishâm a rapporté : « Abû ‘Ubayda et d’autres savants m’ont raconté que la plupart des habitants de La Mecque, après la mort du Messager d’Allah ﷺ, résolurent de se détourner de l’islam et de l’abandonner. ‘Attâb ibn Asîd (qu’Allah l’agrée) les craignait et se dissimula. C’est alors que Suhayl ibn ‘Amr (qu’Allah l’agrée) se leva, loua Allah et L’exalta, puis mentionna la mort du Messager d’Allah ﷺ en disant : “Cela n’a fait qu’ajouter de la force à l’islam. Quiconque nous remettra en cause, nous lui trancherons la tête.” Les gens revinrent donc sur leurs intentions et cessèrent ce qu’ils envisageaient de faire, et ‘Attâb ibn Asîd réapparut. C’est là la position que le Messager d’Allah ﷺ évoquait dans ses propos à ‘Umar ibn al-Khattâb — c’est-à-dire lorsque… »