Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Bayhaqī a dit (1) : « Abū ‘Abd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a informés qu’Abū ‘Abd Allāh Muḥammad ibn Ya‘qūb nous avait transmis, de la part de Muḥammad ibn Nu‘aym et Muḥammad ibn al-Naḍr al-Jārūdī, qui ont déclaré : “Al-Ḥasan ibn ‘Alī al-Ḥulwānī (2) nous a rapporté, de la part de ‘Amr ibn ‘Āṣim al-Kalābī, qui le tenait de Sulaymān ibn al-Mughīra, d’après Thābit, d’après Anas : ‘Le Messager de Dieu (ﷺ) se rendit chez Umm Ayman pour lui rendre visite, et je l’accompagnai. Elle lui présenta une boisson. Soit il était en train de jeûner, soit il n’en avait pas envie, toujours est-il qu’il la refusa. Alors elle se tourna vers lui en plaisantant. Après le décès du Prophète (ﷺ), Abū Bakr dit à ‘Umar : « Viens avec moi chez Umm Ayman, afin de lui rendre visite. » Quand nous sommes arrivés, elle s’est mise à pleurer. Ils lui dirent : “Qu’est-ce qui te fait pleurer ? Ce qu’il y a auprès de Dieu est bien meilleur pour Son Messager (ﷺ).” Elle répondit : “Par Dieu, je ne pleure pas parce que j’ignore que ce qu’il y a auprès de Dieu est meilleur pour Son Messager (ﷺ), mais parce que la Révélation venue du ciel a cessé.” À ces mots, elle provoqua leurs larmes, et ils se mirent tous deux à pleurer.’” Ce récit a été rapporté par Muslim (3), qui l’a transmis seul, d’après Zuhaïr ibn Ḥarb, lui-même le tenant de ‘Amr ibn ‘Āṣim.

Mūsā ibn ‘Uqbah, dans son récit sur la mort du Messager de Dieu (ﷺ) et le discours prononcé par Abū Bakr à cette occasion, rapporte : « Une fois Abū Bakr achevé son prêche, les gens se dispersèrent, tandis que Umm Ayman, restée assise, pleurait. On lui dit : “Pourquoi pleures-tu ? Dieu a pourtant honoré Son Prophète (ﷺ), Il l’a fait entrer dans Son Paradis et l’a délivré des peines de ce monde.” Elle répondit : “Je ne pleure que pour la nouvelle céleste (khabar al-samā’) qui nous parvenait, toujours fraîche et nouvelle, jour et nuit. Or voilà qu’elle a cessé et a été retirée. Voilà ce qui me fait pleurer.” Les gens s’étonnèrent de sa parole. »

Muslim ibn al-Ḥajjāj déclare dans son Ṣaḥīḥ (4) : « On m’a rapporté, d’après Abū Usāma — et parmi ceux qui l’ont transmis de lui figure Ibrāhīm ibn Sa‘īd al-Jawharī — que Abū Usāma raconta : “Buraïd (5) ibn ‘Abd Allāh, le tenant de son père Abū Burda, qui le tenait lui-même d’Abū Mūsā, a rapporté que le Prophète (ﷺ) a dit : ‘Lorsque Dieu veut faire miséricorde à une communauté parmi Ses serviteurs, Il rappelle à Lui son Prophète avant elle, et fait de lui un précurseur et un devancier qui témoignera en sa faveur. En revanche, lorsqu’Il veut la ruine d’une communauté, Il la châtie tandis que son Prophète est encore vivant ; Il l’anéantit sous ses yeux, et ainsi Il réjouit ce Prophète de leur perte, car ils l’avaient traité de menteur et avaient désobéi à son ordre.’” » Muslim est le seul à rapporter ce ḥadith, avec cette chaîne de transmission et sous cette forme.

Al-Ḥāfiẓ Abū Bakr al-Bazzār (7) a également rapporté : « Yūsuf ibn Mūsā nous a transmis ; ‘Abd al-Majīd (8) ibn ‘Abd al-‘Azīz ibn Abī Rawwād, d’après Sufyān, d’après ‘Abd Allāh ibn al-Sāʾib, d’après Zādhān (9), d’après ‘Abd Allāh — c’est-à-dire Ibn Mas‘ūd — a relaté que le Prophète (ﷺ) a dit : “En vérité, Dieu a des anges voyageurs qui me transmettent vos salutations.” » Et le Messager de Dieu (ﷺ) a aussi dit : « Ma vie… »

(1) Dalāʾil al-Nubuwwa, vol. 7, p. 266. (2) Éd. Al-Khūlānī ; voir aussi Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ, vol. 11, p. 394. (3) Muslim, n° 2454. (4) Muslim, n° 2288, avec commentaire ; relié par Ibn Ḥibbān, n° 7245, et Abū Yaʿlā, n° 1207, avec une chaîne de transmission authentique par la voie d’al-Jawharī. (5) Éd. Yazīd ; voir aussi Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ, vol. 6, p. 251. (6) Éd. Bahlakihā. (7) Kashf al-Astār, p. 845 ; sa chaîne de transmission est faible, mais son début est authentique, comme cela sera exposé. (8) Éd. ʿAbd al-Ḥamīd ; voir aussi Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ, vol. 9, p. 434. (9) Éd. Rādhān ; voir aussi Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ, vol. 4, p. 280.
وقد قال البيهقي (١) : أخبرنا أبو عبد اللَّه الحافظ، أنبأنا أبو عبد اللَّه محمد بن يعقوب، ثنا محمد بن نُعيم، ومحمد بن النَّضْر الجارودي، قالا: ثنا الحسنُ بن عليّ الحُلْواني (٢) ، ثنا عمرو بن عاصم الكلابي، ثنا سليمان بن المغيرة، عن ثابت، عن أنس، قال: ذهبَ رسولُ اللَّه ﷺ إلى أمّ أيْمن زائرًا، وذهبتُ معه، فقرَّبتْ إليه شرابًا، فإما كانَ صائمًا وإما كان لا يريدُه، فردَّه، فأَقْبلَتْ على رسول اللَّه ﷺ تُضاحِكُه. فقال أبو بكر بعد وفاة النبي ﷺ لعمر: انطلقْ بنا إلى أم أيمن نزورها؛ فلما انتهينا إليها بَكَتْ. فقالا لها: ما يُبْكيكِ؟ ما عندَ اللَّهِ خير لرسوله ﷺ . قالت: واللَّه، ما أبكي أن لا أكونَ أعلمُ أنَّ ما عند اللَّه خيرٌ لرسوله ﷺ ، ولكني أبكي أنَّ الوَحْيَ انقطعَ من السماء، فهيجَتْهما على البُكاءَ، فجَعَلا يبكيان. ورواه مسلمٌ (٣) مُنْفردًا به، عن زهير بن حرب، عن عمرو بن عاصم به. وقال موسى بن عقبة في قصة وفاة رسول اللَّه ﷺ ، وخطبة أبي بكر فيها، قال: ورجع الناسُ حينَ فرغَ أبو بكرٍ من الخطبة، وأمُّ أيمن قاعدةٌ تبكي، فقيل لها: ما يُبكيكِ؟ قد أكْرَمَ اللَّهُ نبيَّه ﷺ فأدخله جَنَّتَه، وأراحَه من نَصَبِ الدُّنْيا. فقالت: إنّما أبْكي على خَبَرِ السّماء، كان يأتينا غَضًّا جديدًا، كل يومٍ وليلةٍ، فقد انقطَعَ ورُفِع، فعليه أبْكي. فَعَجِبَ النّاسُ من قولها. وقد قال مسلم بن الحجاج في "صحيحه" (٤) : وحُدِّثْتُ عن أبي أسامة، وممّنْ رَوَى ذلك عنه إبراهيم بن سعيد الجَوْهري، ثنا أبو أسامة، حدّثني بُرَيْد (٥) بن عبد اللَّه، عن أبي بُرْدَةَ، عن أبي موسى، عن النبي ﷺ ، قال: "إنَّ اللَّهَ إذا أرادَ رحمةَ أمةٍ من عباده قبضَ نبيَّها قبْلَها، فَجَعَلهُ لها فَرَطًا وسَلَفًا يشهد لها، وإذا أراد هَلَكَة أُمَّةٍ عَذَّبها ونبيُّها حيٌّ، فأهلكها وهو يَنْظُر إليها، فأقرَّ عينَه بهَلَكَتِها (٦) حينَ كَذَّبوه وعَصَوْا أمْرَه" . تفرَّد به مسلمٌ إسنادًا ومتنًا. وقد قال الحافظ أبو بكر البزار (٧) : حدَّثا يوسف بن موسى، ثنا عبد المجيد (٨) بن عبد العزيز بن أبي رَوّاد، عن سفيان، عن عبد اللَّه بن السائب، عن زاذان (٩) ، عن عبد اللَّه -هو ابن مسعود- عن النبي ﷺ . قال: "إن للَّهِ مَلائكةً سَيّاحين، يُبَلِّغوني عن أمضي السلام" . قال: وقال رسول اللَّه ﷺ : "حَياتي
(١) دلائل النبوة (٧/ ٢٦٦). (٢) ط: (الخولاني) وانظر سير أعلام النبلاء (١١/ ٣٩٤). (٣) مسلم (٢٤٥٤). (٤) مسلم (٢٢٨٨) معلقًا، ووصله ابن حبان رقم (٧٢٤٥) وأبو يعلى (١٢٠٧) بسند صحيح من طريق الجوهري به. (٥) أ، ط: (يزيد) وانظر سير أعلام النبلاء (٦/ ٢٥١). (٦) ط: (بهلكها). (٧) (كشف الأستار: ٨٤٥) وإسناده ضعيف، لكن أوله صحيح، كما سيأتي. (٨) ط: (عبد الحميد). وانظر سير أعلام النبلاء (٩/ ٤٣٤). (٩) ط: (راذان). وانظر سير أعلام النبلاء (٤/ ٢٨٠).

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