Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’imam Aḥmad (1) a rapporté : « Bahz et Abū Kāmil nous ont raconté avoir entendu Ḥammād ibn Salama, d’après Abū ʿImrān al-Jawnī, d’après Abū ʿAsīb ou Abū ʿAsīm (2). Bahz précise que cet homme a assisté à la prière funéraire sur le Prophète ﷺ. Ils demandèrent : “Comment prier sur lui (3) ?” Il répondit : “Entrez par groupes successifs.” Ainsi, ils entraient par une porte, priaient sur lui, puis ressortaient par l’autre.

Il dit également : “Lorsque le Prophète ﷺ fut déposé dans sa tombe, al-Mughīra s’exclama : ‘Il reste une partie de ses pieds que vous n’avez pas arrangée.’ On lui répliqua : ‘Entre et arrange-la.’ Il entra donc, avança la main et toucha ses pieds ﷺ, puis dit : ‘Répandez la terre sur lui.’ Ils la répandirent jusqu’à mi-tibia, puis il sortit. Plus tard, il répétait : ‘Je suis celui d’entre vous qui a été le dernier en contact avec le Messager de Dieu ﷺ.’”

Quand son inhumation eut-elle lieu (4) ? Yūnus (5), citant Ibn Isḥāq, rapporte : « Fāṭima bint Muḥammad, l’épouse de ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr — il m’y avait fait pénétrer pour que j’entende son récit (6) — me l’a rapporté de la part de ʿAmra, qui le tenait elle-même de ʿĀʾisha : “Nous n’avons appris l’enterrement du Prophète ﷺ que lorsque nous avons entendu, dans le silence de la nuit du mercredi, le son des pioches.” »

Al-Wāqidī (7) dit également : « Ibn Abī Sabra nous a rapporté, d’après al-Ḥulays ibn Hāshim (8), d’après ʿAbd Allāh ibn Wahb, d’après Umm Salama : ‘Alors que nous étions réunis, en pleurs sans avoir fermé l’œil, le Messager de Dieu ﷺ se trouvait encore dans nos demeures, et nous trouvions un certain réconfort à le voir posé sur le lit funéraire. C’est alors que nous entendîmes, à l’approche de l’aube, le bruit des outils de terrassement (9).’ Umm Salama poursuit : ‘Nous poussâmes des cris, et ceux qui se trouvaient dans la mosquée en firent autant, si bien que Médine entière résonna d’un seul cri. Bilāl fit alors l’appel à la prière de l’aube. Quand il mentionna le nom du Prophète ﷺ, il se mit à sangloter, ce qui ne fit qu’accentuer notre tristesse. Les gens voulurent pénétrer dans la tombe, mais on leur en ferma l’accès. Ah ! Quel malheur ! Depuis ce jour, aucun autre ne nous a frappés sans que celui-ci ne nous paraisse plus grand. Toutes nos autres peines nous semblent légères lorsqu’on se souvient de la perte du Prophète ﷺ.’ »

De même, l’imam Aḥmad (10) a transmis, selon le récit de Muḥammad ibn Isḥāq, d’après ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim, de son père

(1) Musnad de l'imam Aḥmad (5/81), dont la chaîne de transmission est authentique. (2) A : (Abū Ghayb ou Abū Ghanam) ; dans Ṭ : (Abū ʿUsayb ou Abū Ghanam). Voir al-Istiʿāb (4/1715), al-Iṣābah (4/33) et (134). (3) Le terme n’apparaît pas dans Ṭ, je l’ai relevé d’al-Istiʿāb. (4) A : (Quand il a été enterré – qu'Allah leur fasse miséricorde – ). (5) Ṭ : (Il a dit). (6) A : (Jusqu’à ce qu’il l’entende de nous). (7) Dalāʾil an-Nubuwwah (7/267). (8) Ṭ, A : (Hichām). Voir al-Jarḥ wa al-Taʿdīl (3/310). (9) Ṭ : (al-Karāzīn), avec le tanwīn, ce qui est une déformation. Al-Kirzīn désigne la hache ; on le nomme aussi Karzan avec un fatḥa ou un kasra. Le pluriel est karāzīn ou karāzin (al-Nihāya : Karzan). (10) Musnad de l'imam Aḥmad (6/110), c’est un hadith ḥasan par ses voies de transmission.
وقد قال الإمام أحمد (١) : حدَّثنا بَهْزٌ وأبو كامل، قالا: ثنا حَمّاد بن سَلَمة، عن أبي عمران الجَوْنيّ، عن أبي عَسيب أو أبي عَسيم (٢) ، قال بَهْزٌ: إنه شَهِدَ الصَّلاةَ على النبيّ ﷺ . قالوا: كيفَ نصَلِّي عليه (٣) ؟ قال: ادخلوا أرسالًا أرسالًا. فكانوا يَدْخُلون من هذا الباب، فيُصلُّون عليه، ثم يَخْرجون من الباب الآخر. قال: فلما وُضعَ في لَحْدِه ﷺ . قال المُغيرة: قد بَقِيَ من رِجْلَيْه شيءٌ لم تُصْلِحُوه. قالوا: فادخُلْ فأصْلِحْهُ. فدخلَ وأدْخَلَ يَدَهُ فَمَسَّ قَدَمَيْه (رحمهم الله) . فقال: أهيلوا عليه التُرابَ. فأهالوا عليه حتَّى بلغَ إلى أنصاف ساقَيْه، ثم خرج، فكان يقول: أنا أحْدَثُكُمْ عَهْدًا برسولِ اللَّه ﷺ . مَتَى وَقَعَ دَفْنُهُ (رحمهم الله) (٤) قال (٥) يونس، عن ابن إسحاق: حدَّثَتْني فاطمةُ بنتُ محمدٍ امرأةُ عبدِ اللَّه بن أبي بكر - وأدْخَلني عليها، حتى سمعتُه منها (٦) ، عن عَمْرة، عن عائشة. أنَّها قالت: ما عَلِمْنا بدَفْن النبيِّ ﷺ حتَّى سَمِعْنا صوتَ المَساحي في جوف ليلةِ الأربعاء. وقال الواقدي (٧) : حدَّثنا ابن أبي سَبْرة، عن الحُلَيْس بن هاشم (٨) عن عبد اللَّه بن وهب، عن أم سلمة، قالت: بينا نحن مجتمعون نَبْكي لم ننم، ورسول اللَّه ﷺ في بُيوتنا، ونحن نَتَسلَّى برؤيته على السّرير، إذ سمعنا صوت الكَرازينِ (٩) في السَّحَر. قالت أم سلمة: فَصِحْنا وَصاحَ أهلُ المَسْجد، فارْتَجَّتِ المدينةُ صَيْحة واحدة، وأذَّنَ بلالٌ بالفَجْرِ، فلما ذكَر النبيَّ ﷺ بكى وانتحب، فزادنا حُزْنًا وعالجَ الناسُ الدخولَ إلى قَبْره، فغُلِقَ دونَهم، فيا لها من مُصيبة، ما أُصِبنا بعدَها بمصيبة إلا هانَتْ إذا ذكرنا مُصيبتَنا به ﷺ . وقد روى الإمام أحمد (١٠) ، من حديث محمد بن إسحاق، عن عبد الرحمن بن القاسم، عن أبيه،
(١) مسند الإمام أحمد (٥/ ٨١)، وإسناده صحيح. (٢) أ: (أبي غيب أو أبي غنم) وفي ط: (أبي عسيب أو أبي غنم) وانظر الاستيعاب (٤/ ١٧١٥)، والإصابة (٤/ ٣٣) و (١٣٤). (٣) ليس اللفظ في ط واستدركته عن الاستيعاب. (٤) أ: (متى دفن (رحمهم الله) . (٥) ط: (وقال). (٦) أ: (حتى يسمعه منا). (٧) دلائل النبوة (٧/ ٢٦٧). (٨) ط، أ: (هشام) وانظر الجرح والتعديل (٣/ ٣١٠). (٩) ط: (الكرازين) بالإعمال وهو تحريف. والكِرْزِين: الفاس، ويقال له: كِرْزَن أيضًا بالفتح والكسر، والجمع كَرازين، وكرازِن (النهاية: كرزن). (١٠) مسند الإمام أحمد (٦/ ١١٠)، وهو حديث حسن بطرقه.

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