Il dit : « Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) mourut, ils divergèrent au sujet de sa sépulture, en se demandant : “Le mettra-t-on dans (le cimetière) parmi les gens ou bien dans ses demeures ?” » Abou Bakr alors déclara : « J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : “Allah ne retire l’âme d’aucun Prophète sans qu’il ne soit enterré à l’endroit même où elle fut retirée.” » Il fut donc enterré à l’emplacement de sa couche, qu’on souleva avant de creuser sous celle-ci.
Al-Waqidi (1) dit : « ‘Abd al-Hamid ibn Ja‘far nous a rapporté, d’après ‘Othman ibn Muhammad al-Akhnasi, d’après ‘Abd al-Rahman ibn Sa‘id – c’est-à-dire Ibn Yarbou‘ –, qu’il a dit : “Lorsque le Prophète (ﷺ) mourut, ils divergèrent au sujet de l’emplacement de sa tombe. L’un dit : ‘Au Baqî‘, car il y invoquait fréquemment le pardon pour les défunts.’ Un autre : ‘Auprès de sa chaire (minbar).’ Un autre enfin : ‘À son lieu de prière.’ Vint alors Abou Bakr, qui déclara : ‘J’ai, à ce sujet, une information et une connaissance. J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : ‘Aucun Prophète n’est rappelé à Dieu sans être enterré là où il est mort.’” »
Le Hafiz al-Bayhaqi (2) dit : « Ce hadith se trouve dans le récit de Yahya ibn Sa‘id d’après al-Qasim ibn Muhammad, et dans celui d’Ibn Jurayj d’après son père, tous deux provenant d’Abou Bakr as-Siddiq transmis du Prophète (ﷺ) sous forme moursal. »
Al-Bayhaqi (3) rapporte, d’après al-Hakim, d’après al-Aṣamm, d’après Ahmed ibn ‘Abd al-Jabbâr, d’après Younus ibn Bukayr, d’après Salama ibn Nubayt ibn Charit, d’après son père, d’après Salim ibn ‘Obayd – qui faisait partie des gens de la « Ṣuffa » – : « Abou Bakr entra auprès du Messager d’Allah (ﷺ) au moment de sa mort, puis ressortit. On lui demanda : ‘Le Messager d’Allah (ﷺ) est-il décédé ?’ Il répondit : ‘Oui.’ Ils comprirent alors qu’il en était bien ainsi. On lui dit : ‘Allons-nous prier sur lui ? Et comment devons-nous procéder ?’ Il répondit : ‘Vous avancerez par groupes et vous prierez.’ Ils réalisèrent qu’il en était bien ainsi. Puis on demanda encore : ‘Faut-il l’enterrer ? Et où cela ?’ Il dit : ‘Au lieu où Allah a repris son âme, car Il ne l’a rappelé à Lui que dans un endroit pur.’ Ils surent alors qu’il en était ainsi. »
Al-Bayhaqi (4) rapporte, d’après Soufyan ibn ‘Uyayna, d’après Yahya ibn Sa‘id al-Ansari, d’après Sa‘id ibn al-Musayyib, qui dit : « ‘Aïcha soumit à son père (Abou Bakr) un songe, lui qui savait très bien interpréter les rêves. Elle raconta : ‘J’ai vu trois lunes tomber dans mon giron.’ Il lui dit : ‘Si ta vision est véridique, trois des meilleures personnes de la terre seront ensevelies dans ta maison.’ Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) rendit l’âme, il lui dit : ‘Ô ‘Aïcha, voici la meilleure de tes lunes.’ » Malik (5) rapporte ce même fait d’après Yahya ibn Sa‘id, d’après ‘Aïcha, sous forme incomplète. Dans les deux Sahih (6), ‘Aïcha raconte : « Le Prophète (ﷺ) est décédé chez moi, lors de mon tour, entre ma poitrine et mon cou. Allah a réuni ma salive et la sienne au dernier instant de la vie d’ici-bas et au tout premier instant de la vie de l’au-delà. »