Abou ‘Oubayda ibn al-Jarrah (1) creusait la tombe selon la méthode des habitants de La Mecque, tandis qu’Abou Talha Zayd ibn Sahl était celui qui creusait pour les gens de Médine et réalisait un « lahd » (niche funéraire). Alors, al-‘Abbâs fit appeler deux hommes : il dit à l’un d’eux : « Va chercher Abou ‘Oubayda » et à l’autre : « Va chercher Abou Talha. Ô Dieu, choisis (pour le bien) de Ton Messager. » Il advint que l’envoyé chargé d’Abou Talha le trouva et le ramena, et Abou Talha procéda donc au lahd pour le Messager de Dieu (ﷺ).
Une fois les préparatifs funéraires du Messager de Dieu (ﷺ) achevés, ce mardi-là, on le déposa sur son lit dans sa demeure. Les Musulmans étaient alors partagés quant à l’endroit où l’enterrer. Certains disaient : « Enterrons-le dans sa mosquée. » D’autres : « Enterrons-le auprès de ses compagnons. » Abou Bakr prit alors la parole : « J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : “Aucun Prophète n’a été repris (par la mort) sans être enterré à l’endroit même où il fut repris.” » On souleva alors la couche du Messager de Dieu (ﷺ) où il était décédé, puis on creusa sa tombe juste en dessous. Ensuite, on fit entrer les gens auprès du Messager de Dieu (ﷺ) pour prier sur lui successivement : d’abord les hommes, puis, une fois qu’ils eurent fini, les femmes, et quand celles-ci eurent terminé, on introduisit les enfants. Personne ne dirigea la prière funéraire pour le Messager de Dieu (ﷺ). Il fut inhumé vers le milieu de la nuit du mercredi.
C’est ainsi qu’Ibn Mâjah (3) le rapporte, par l’intermédiaire de Nasr ibn ‘Alî al-Jahdhamî, de Wahb ibn Jarîr, de son père, de Muhammad ibn Isḥâq, qui le cite avec sa chaîne de transmission similaire. Il ajoute à la fin du récit qu’alî ibn Abî Tâlib, al-Faḍl et Qutham – tous deux fils d’al-‘Abbâs – ainsi que Shuqrân, l’affranchi du Messager de Dieu (ﷺ), descendirent dans la fosse. Aws ibn Khawlî (dit Abou Laylâ) s’adressa alors à ‘Alî ibn Abî Tâlib en disant : « Je t’en conjure par Dieu ! (Accorde-nous) notre part auprès du Messager de Dieu (ﷺ). » ‘Alî lui répondit : « Descends. »
Shuqrân, l’affranchi (du Prophète), avait pris une étoffe que le Messager de Dieu (ﷺ) portait et la déposa dans la tombe en disant : « Par Dieu, plus personne ne la portera après toi. » Ainsi fut-elle enterrée avec le Messager de Dieu (ﷺ). L’imam Aḥmad (5) l’a également rapporté, d’après Ḥusayn ibn Muḥammad, d’après Jarîr ibn Ḥâzim, d’après Ibn Isḥâq, sous une forme abrégée. De même, Younus ibn Bukayr et d’autres ont rapporté ce récit d’après Ibn Isḥâq (6). Al-Wâqidî (7) a aussi transmis, via Ibn Abî Ḥabîba, d’après Dâwoud ibn al-Ḥuṣayn, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, d’après Abou Bakr aṣ-Ṣiddîq, cette parole du Messager de Dieu (ﷺ) : « Dieu n’a jamais repris un Prophète sans qu’il ne soit enterré à l’endroit où il fut repris. »
Al-Bayhaqî (8) rapporta de même, d’après al-Ḥâkim, d’après al-Aṣamm, d’après Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbâr, d’après Younus ibn Bukayr, d’après Muḥammad ibn Isḥâq, d’après Muḥammad ibn ‘Abd ar-Raḥmân ibn ‘Abd Allâh ibn al-Ḥuṣayn ou Muḥammad ibn Ja‘far ibn az-Zubayr