Ce puits appartenait à Saʿd ibn Khaythama, et le Messager de Dieu (ﷺ) en buvait. ʿAlî et al-Faḍl, qui le soutenait, prirent en charge sa toilette funéraire (1), tandis qu’al-ʿAbbâs versait l’eau. Al-Faḍl se mit alors à dire : « Laisse-moi respirer, tu m’as coupé le souffle ; je ressens quelque chose qui s’écoule (2) sur moi. »
Al-Wâqidî rapporte : « ʿÂṣim ibn ʿAbd Allâh al-Ḥakamî m’a rapporté, d’après ʿUmar ibn ʿAbd al-Ḥakam, qu’il avait dit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : ‘Quel excellent puits que le puits de Ghaŕs ! Il fait partie des sources du Paradis, et son eau est l’eau la plus pure.’” » Le Messager de Dieu (ﷺ) se faisait apporter de l’eau de ce puits, et il fut lavé avec l’eau du puits de Ghaŕs.
Sîf ibn ʿUmar rapporte, d’après Muḥammad ibn ʿAwn, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbâs, qui a dit : « Après que l’on eut terminé de préparer la tombe et que les gens eurent accompli la prière de Ẓuhr, al-ʿAbbâs commença à laver le Messager de Dieu (ﷺ). Il dressa un voile (killa) fait d’étoffes yéménites épaisses à l’intérieur de la maison. Puis il y entra et appela ʿAlî et al-Faḍl. Lorsque al-ʿAbbâs se rendait à l’eau pour leur en donner, il appelait également Abû Sufyân ibn al-Ḥârith afin de l’introduire, ainsi que des hommes de Banû Hâshim qui se tenaient derrière le voile, de même que certains Anṣâr qui le demandèrent avec insistance, dont Aws ibn Khawlî (3). »
Sîf poursuit, d’après al-Ḍaḥḥâk ibn Yarbuʿ al-Ḥanafî, d’après Mâhân al-Ḥanafî, d’après Ibn ʿAbbâs, et mentionne de nouveau l’installation du voile : al-ʿAbbâs fit entrer sous ce voile ʿAlî, al-Faḍl, Abû Sufyân et Usâma, tandis que des hommes de Banû Hâshim se tenaient dans la maison, derrière le voile. Il rapporte qu’ils furent alors saisis de somnolence et entendirent une voix dire : « Ne lavez pas le Messager de Dieu (ﷺ), car il était pur. » Al-ʿAbbâs s’écria : « Bien sûr que si ! » Les membres de la famille répliquèrent : « Il dit vrai, ne le lavez pas. » Mais al-ʿAbbâs insista : « Nous n’abandonnons pas la Sunna à cause d’une voix dont nous ignorons la nature. » La somnolence les envahit une seconde fois, et ils entendirent à nouveau : « Lavez-le, mais gardez-lui ses vêtements. » Les membres de la famille protestèrent : « Sûrement pas ! » Al-ʿAbbâs répliqua : « Assurément, si ! » Ils commencèrent donc à le laver alors qu’il portait une chemise et un mijwal (4) ouvert. Ils le lavèrent à l’eau pure et le parfumèrent avec du camphre sur les endroits de ses prosternations et à ses articulations. Sa chemise et son mijwal furent ensuite essorés, puis il fut enveloppé dans ses linceuls. Ils l’encensèrent avec de l’oud et du nadd, puis le transportèrent et le déposèrent sur son lit avant de le recouvrir. Ce récit présente à cet égard une grande singularité.
[Description de son linceul (ﷺ)]
L’imam Aḥmad (5) rapporte : « Al-Walîd ibn Muslim nous a rapporté, [disant qu’]al-Awzâʿî nous a rapporté, qui a dit : “Al-Zuhrî m’a rapporté, d’après al-Qâsim, d’après ʿÂʾisha (qu’Allâh l’agrée), qu’elle a dit : ‘Le Messager de Dieu (ﷺ) fut d’abord enveloppé dans un tissu de ḥibara, puis on l’en ôta par la suite.’” Al-Qâsim ajouta : “Une partie de ce tissu est encore chez nous.” »