Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Du côté des gens de la maison, ils ne savaient pas qui devait laver le Messager d’Allah (ﷺ), ni comment s’y prendre alors qu’il était encore vêtu. Ils se mirent donc à laver le Messager d’Allah (ﷺ) tout en lui laissant ses vêtements. Ils versaient l’eau au-dessus de sa chemise et le frottaient à travers celle-ci, sans poser directement leurs mains sur son corps.

Aïcha disait : « Si j’avais pu refaire les choses avec la connaissance que j’ai acquise par la suite, je n’aurais laissé que ses épouses laver le Messager d’Allah (ﷺ). » [Rapporté par Abou Dawoud (1), d’après le hadith d’Ibn Ishaq.]

L’imam Ahmad (2) a rapporté : « Ya‘qoub nous a transmis : “Mon père nous a rapporté, d’après Ibn Ishaq, qui a dit : ‘Husayn ibn ‘Abdallah m’a rapporté d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbas, qui a dit :

“Lorsque les gens se rassemblèrent pour laver le Messager d’Allah (ﷺ), il n’y avait dans la maison que sa propre famille : son oncle al-‘Abbas ibn ‘Abd al-Muttalib, ‘Ali ibn Abi Tâlib, al-Fadl ibn ‘Abbas, Qutham ibn ‘Abbas, Oussâma ibn Zayd ibn Hâritha et son serviteur Sâlih. Lorsque tout le monde fut là pour le laver, Aws ibn Khawli al-Ansâri (l’un des Banou ‘Awf des Khazraj, ayant participé à la bataille de Badr) appela ‘Ali ibn Abi Tâlib depuis l’extérieur et lui dit : ‘Ô ‘Ali, je t’en conjure par Allah, et par notre lien avec le Messager d’Allah (ﷺ) !’

‘Ali lui répondit : ‘Entre.’ Il entra donc et assista au lavage du Messager d’Allah (ﷺ) sans s’occuper directement de le laver. ‘Ali soutenait alors le Prophète (ﷺ) contre sa poitrine, alors même qu’il portait sa chemise, tandis que al-‘Abbas, al-Fadl et Qutham le retournaient avec lui. Oussâma ibn Zayd et Sâlih, leur affranchi, versaient l’eau pendant que ‘Ali lavait le corps du Prophète (ﷺ). Il ne vit rien de ce que l’on voit habituellement chez un défunt. Il répétait : ‘Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Comme tu es agréable, vivant comme mort !’

Lorsqu’ils eurent fini de laver le Messager d’Allah (ﷺ) — il était lavé à l’eau et aux feuilles de jujubier (sidr) — ils le séchèrent, puis firent de lui ce que l’on fait habituellement pour un défunt. Ensuite, ils l’enveloppèrent dans trois pièces : deux étoffes blanches et un bourd hibarah (tissu rayé).”

‘Puis al-‘Abbas appela deux hommes et leur dit : ‘Que l’un de vous aille chercher Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh — car Abou ‘Oubaydah creusait (4) des tombes pour les gens de La Mecque — et que l’autre aille chercher Abou Talha ibn Sahl al-Ansâri, qui pratiquait l’excavation (lahd) pour les gens de Médine.’ Ensuite, al-‘Abbas invoqua : ‘Ô Allah, choisis ce qu’il y a de mieux pour Ton Messager !’ Lorsque l’un des deux hommes alla voir Abou Talha, il le trouva et il creusa la tombe pour le Messager d’Allah (ﷺ), alors que celui qui était parti chercher Abou ‘Oubaydah ne l’avait pas trouvé.” » (Ce récit est rapporté uniquement par Ahmad.)

Younous ibn Bukayr rapporte, d’après al-Moundhir ibn Tha‘labah (5), d’après al-‘Ilbâ’ ibn Ahmar, qui a dit : « ‘Ali et al-Fadl lavaient le Messager d’Allah (ﷺ) lorsqu’on appela ‘Ali en lui disant : ‘Lève le regard vers le ciel !’ » Ce hadith est toutefois interrompu dans sa chaîne de transmission.

J’ai moi-même dit : “Certains auteurs des Sunan (6) rapportent d’‘Ali ibn Abi Tâlib que le Messager d’Allah (ﷺ) lui aurait dit : ‘Ô ‘Ali,…’”

(1) Abū Dāwūd (3141), c’est un hadith ḥasan. (2) Musnad de l’imam Aḥmad (1/260), c’est un hadith ḥasan. (3) Dans le Musnad : (le chapitre). (4) Aḍ-Ḍarḥ : la fissure dans la terre. Le Ḍāriḥ est celui qui crée le ḍarīḥ, c’est-à-dire la tombe (al-Nihāya : ḍarḥ). (5) Après lui, dans Tahdhīb at-Tahdhīb (sur l’édition) : (‘an aṣ-Ṣilt) est une addition, car al-Mundhir ibn Tha‘labah a été rapporté directement de ‘Albā’ ibn Aḥmar sans intermédiaire. (Voir Tahdhīb at-Tahdhīb, vol. 10, p. 300 [biographie d’al-Mundhir ibn Tha‘labah] et vol. 7, p. 273 [biographie d’‘Albā’ ibn Aḥmar]). (6) Abū Dāwūd (3140, 4015) et Ibn Mājah (1460), leur chaîne de transmission est faible.
من ناحية البيت لا يدرون من هو أن غسِّلوا رسول اللَّه ﷺ وعليه ثيابه، فقاموا إلى رسول اللَّه ﷺ فغَسَّلُوه وعليه قميصٌ يصُبّونَ الماءَ فوقَ القَميصِ فَيُدَلِّكونَهُ بالقَميصِ دون أيديهم. فكانت عائشة تقول: لو استقبلتُ من أمري ما استدبرتُ ما غَسَّلَ رسولَ اللَّه ﷺ إلا نساؤُه. رواه أبو داود (١) من حديث ابن إسحاق. وقال الإمام أحمد (٢) : حدَّثنا يعقوب، ثنا أبي، عن ابن إسحاق، حدّثني حسين بن عبد اللَّه، عن عكرمة، عن ابن عباس. قال: اجتَمَعَ القومُ لغسل رسول اللَّه ﷺ وليس في البيت إلا أهله؛ عمُّه العباسُ بن عبد المطلب، وعلى بن أبي طالب، والفضل بن عباس، وقثم بن العباس، وأسامة بن زيد بن حارثة، وصالحٌ مولاه، فلمَّا اجتمعوا لغسله نادى من وراء الناس (٣) أوْسُ بن خَوْليّ الأنصاري، أحدُ بني عوفِ بن الخَزْرَج -وكان بدريًا- عليَّ بنَ أبي طالب، فقال: يا علي ننشدك اللَّهَ وحظَّنا من رسول اللَّه ﷺ . فقال له علي: أدخُلْ فدخل فحضر غسلَ رسولِ اللَّه ﷺ ، ولم يَلِ منْ غسلِه شيئًا، فأسنده عليٍّ إلى صَدْرِه وعليه قَميصُه، وكان العباس وفضلٌ وقُثَمُ يُقَلِّبونَه مع عليّ، وكان أسامةُ بن زيد وصالحٌ مولاهما يَصُبّان الماء، وجعل عليٌّ يغسِلُه، ولم يَرَ من رسول اللَّه ﷺ شيئًا مما يرى من الميّتِ، وهو يقول: بابي وأمي ما أطيبَكَ حَيًا وميِّتًا، حتى إذا فرغوا من غسلِ رسولِ اللَّه، -وكان يُغَسَّل بالماءِ والسِّدرِ- جَفَّفوه ثم صُنع به ما يُصْنع بالميت، ثم أُدْرج في ثلاثةِ أثْوابٍ: ثوبين أبيضين، وبُرْدِ حِبَرَةٍ. قال: ثم دعا العباسُ رَجُلَيْن، فقال: ليذهب أحدكما إلى أبي عبيدة بن الجراح - وكان أبو عبيدة يَضْرَحُ (٤) لأهل مكة، وليذهب الآخر إلى أبي طلحة بن سهل الأنصاري. وكان أبو طلحة يَلْحَدُ لأهْلِ المدينة. قال: ثم قال العباس حين سرَّحَهما: اللهمَّ خِرْ لرسولك! قال: فذهبا فَلَمْ يَجِدْ صاحبُ أبي عبيدة أبا عبيدة، ووجَد صاحبُ أبي طلحة أبا طلحة فلحد لرسول اللَّه ﷺ انفرد به أحمد. وقال يونس بن بُكَيْرٍ: عن المُنْذِرِ بن ثعلبة (٥) ، عن العِلْباء بن أحْمر قال: كانَ عليٌّ والفَضْلُ يُغَسِّلان رسولَ اللَّه ﷺ ، فنُودي عليٌّ: ارفع طَرْفَك إلى السَّماء. وهذا منقطعٌ. قلتُ: وقد روَى بعضُ أهل السنن (٦) عن علي بن أبي طالب، (أنّ رسول اللَّه قال له: يا عليُّ،
(١) أبو داود (٣١٤١)، وهو حديث حسن. (٢) مسند الإمام أحمد (١/ ٢٦٠)، وهو حديث حسن. (٣) في المسند: (الباب). (٤) الضَّرْح: الشق في الأرض. والضارح الذي يعمل الضريح وهو القبر (النهاية: ضرح). (٥) بعده في ط: (عن الصلت) وهو زيادة فقد روى المنذر بن ثعلبة عن العلباء بن أحمر مباشرة وليس بينهما أحد. (انظر تهذيب التهذيب (١٠/ ٣٠٠) (ترجمة المنذر بن ثعلبة) و (٧/ ٢٧٣) (علباء بن أحمر). (٦) أبو داود (٣١٤٠، ٤٠١٥) وابن ماجه (١٤٦٠)، وإسناده ضعيف.

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