Dieu – exalté soit-Il – a dit dans la sourate Al-Hadîd (57 : 26) : « Nous avons certes envoyé Noé et Abraham, et Nous avons placé dans leur descendance la prophétie et le Livre ; certains d’entre eux sont bien guidés, mais beaucoup parmi eux sont pervers. »
Il a également dit dans la sourate At-Tahrîm (66 : 10) : « Allah a cité en parabole, pour ceux qui ont mécru, la femme de Noé et la femme de Lot : elles étaient [soumises] à deux de Nos serviteurs vertueux, mais elles les ont trahis ; ils ne purent donc leur servir à rien vis-à-vis d’Allah. Et il leur fut dit : “Entrez au Feu, avec ceux qui y entrent.” »
Quant à l’essentiel de ce qui est relaté au sujet de Noé et de son peuple, sur la base du Livre, de la Sunna et des traditions, nous avons déjà rapporté d’après Ibn ‘Abbâs qu’il y avait dix générations entre Adam et Noé, toutes demeurées dans l’islam. Ce hadith est rapporté par Al-Bukhârî (1). Nous avons également mentionné que le terme « qaran » (traduit ici par « siècle » ou « génération ») peut renvoyer à une génération ou à une période donnée, conformément à ce qui a déjà été expliqué.
Après ces générations justes, il survint des événements qui conduisirent les gens de cette époque à vouer un culte aux idoles. La cause en est rapportée dans un hadith d’Al-Bukhârî (2), d’après Ibn Jurayj, qui le tenait de ‘Atâ’, selon Ibn ‘Abbâs, au sujet de l’exégèse de la Parole du Très-Haut : « Et ils dirent : “N’abandonnez point vos dieux ; n’abandonnez ni Wadd, ni Suwâ‘, ni Yaghûth, ni Ya‘ûq, ni Nasr.” » (Sourate Noé, 23). Ibn ‘Abbâs expliqua : « Ce sont là les noms d’hommes vertueux appartenant au peuple de Noé (3). Quand ils moururent, Satan inspira à leurs concitoyens d’ériger des statues sur les lieux mêmes où ces hommes se réunissaient, et de les nommer d’après eux. Ils s’exécutèrent, mais ces statues ne furent pas aussitôt adorées. Lorsqu’ils disparurent, et que la science s’effaça (4), on se mit alors à les adorer. »
Ibn ‘Abbâs ajouta : « Les idoles qui existaient chez le peuple de Noé devinrent par la suite les mêmes que l’on trouva chez les Arabes. » C’est également ce qu’ont rapporté ‘Ikrima, Ad-Dahhâk, Qatâda et Muhammad Ibn Ishâq (5).
Ibn Jarîr (6), dans son Tafsîr, rapporte — d’après Ibn Humayd, qui le tenait de Mihrân, le tenant lui-même de Sufyân, lequel le tenait de Mûsâ, qui le tenait de Muhammad Ibn Qays — qu’il s’agissait d’hommes vertueux apparus entre Adam et Noé. Ils avaient des disciples qui les prenaient pour modèles. Une fois ceux-ci décédés, les disciples proposèrent : « Si nous façonnons leurs images, cela nous motivera davantage à l’adoration lorsque nous nous en souviendrons. » Ils les façonnèrent donc. Puis quand ces disciples disparurent et que d’autres générations leur succédèrent, Satan vint les tenter en disant : « En réalité, ils leur rendaient un culte et obtenaient ainsi la pluie. » C’est alors qu’on commença à les adorer.
Ibn Abî Hâtim (7) rapporte de ‘Urwa Ibn Az-Zubayr que « Wadd, Yaghûth, Ya‘ûq, Suwâ‘ et Nasr étaient des fils d’Adam, et Wadd était le plus âgé et le plus pieux envers son père ».