Note bénéfique :
Abû al-Qâsim as-Suhaylî a déclaré dans « ar-Rawḍ » (1), en substance : Il est inconcevable que son décès – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – soit survenu un lundi, douzième jour de Rabî‘ al-Awwal de la onzième année (de l’Hégire). En effet, il – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – se tenait (en station) pour le pèlerinage d’adieu l’an dix, un vendredi, et le premier jour de Dhû al-Ḥijja tomba un jeudi. Partant de l’hypothèse que les mois soient tous entiers (30 jours) ou tous incomplets (29 jours), ou que certains soient entiers et d’autres incomplets, il est impossible que le lundi en question corresponde au douzième jour de Rabî‘ al-Awwal.
Cette objection à propos de cette opinion est bien connue, et plusieurs ont essayé d’y répondre. Or, la seule voie de réponse consiste à imaginer une différence d’observation (du croissant lunaire), selon laquelle les habitants de La Mecque auraient vu le croissant de Dhû al-Ḥijja dans la nuit du jeudi, tandis que ceux de Médine ne l’auraient aperçu que dans la nuit du vendredi.
Cela est corroboré par la parole de ‘Â’isha et d’autres : « Le Messager de Dieu (ﷺ) partit cinq jours avant la fin de Dhû al-Qa‘da – c’est-à-dire depuis Médine – pour le pèlerinage d’adieu. » D’après ce que nous avons signalé, il s’avère qu’il sortit un samedi, contrairement à ce qu’affirme Ibn Ḥazm qui pensait qu’il était parti un jeudi, puisqu’il restait en réalité plus de cinq jours, sans aucun doute. Il n’est pas non plus possible qu’il soit parti un vendredi, car Anas rapporte (2) : « Le Messager de Dieu (ﷺ) accomplit la prière de ẓuhr (midi) à Médine en quatre unités, puis la prière de ‘aṣr (après-midi) à Dhû al-Ḥulayfa en deux unités. » Il est donc établi qu’il partit un samedi, à cinq jours de la fin du mois. Ainsi, les habitants de Médine n’ont aperçu le croissant de Dhû al-Ḥijja que dans la nuit du vendredi. Si, pour les habitants de Médine, le vendredi correspondait au premier jour de Dhû al-Ḥijja et que les mois qui suivirent furent comptés comme complets, alors le premier jour de Rabî‘ al-Awwal tombait un jeudi et son douzième jour un lundi. Dieu est plus savant.
Il est rapporté dans les deux recueils authentiques (« aṣ-Ṣaḥîḥayn ») (3), selon le hadith transmis par Mâlik, d’après Rabî‘a ibn Abî ‘Abd ar-Raḥmân, d’après Anas ibn Mâlik, qu’il a dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) n’était ni extrêmement grand ni petit, ni d’un blanc éclatant ni hâlé, ni aux cheveux très crépus ni totalement lisses. Dieu l’a envoyé à l’âge de quarante ans. Il demeura dix ans à La Mecque et dix ans à Médine. Dieu l’a rappelé à Lui alors qu’il avait soixante ans, et il n’y avait pas vingt cheveux blancs dans sa tête et sa barbe. » Ibn Wahb le rapporte également d’après Qurrah (4), d’après az-Zuhrî, d’après Anas, ainsi que Qurrah d’après (5) Rabî‘a, d’après Anas, dans le même sens.
L’historien Ibn ‘Asâkir a indiqué : « Le hadith de Qurrah, d’après az-Zuhrî, est rare (gharîb). Quant à la version de Rabî‘a, d’après Anas, elle est transmise par plusieurs rapporteurs. » Puis il a rapporté – par la voie de Sulaymân ibn Bilâl (6), d’après Yaḥyâ ibn Sa‘îd et Rabî‘a, d’après Anas – que « le Messager de Dieu (ﷺ) est décédé à l’âge de soixante-trois ans. »