«…Et la fin heureuse revient aux pieux.» (Al-Qasas, 83)
Et Il dit : «N’y a-t-il pas dans la Géhenne une demeure pour les orgueilleux ?» (Az-Zumar, 60).
Nous dîmes : «À quel moment surviendra ta fin (1), ô Messager de Dieu ?»
Il répondit : «L’échéance est proche, le retour se fera vers Dieu, [je gagnerai] le Loteau limite (as-Sidrat al-Muntahā), la coupe la plus parfaite (al-ka’s al-awfā) et les couches les plus hautes.»
Nous dîmes : «Qui donc te lavera, ô Messager de Dieu ?»
Il répondit : «Ce seront les hommes de ma famille, les plus proches puis les plus proches, aidés par de nombreux anges qui vous voient alors que vous ne les voyez pas.»
Nous dîmes : «Dans quoi te linceulerons-nous, ô Messager de Dieu ?»
Il répondit : «Dans mes propres vêtements, si vous le souhaitez, ou dans une étoffe yéménite, ou encore dans un linceul blanc d’Égypte.»
Nous dîmes : «Qui fera la prière sur toi, ô Messager de Dieu ?» Alors il pleura et nous pleurâmes.
Il dit : «Doucement ! Que Dieu vous pardonne et vous récompense en bien au nom de votre Prophète. Lorsque vous m’aurez lavé, embaumé et enveloppé dans le linceul, déposez-moi au bord de ma tombe, puis éloignez-vous de moi un moment. Le premier qui priera sur moi sera mes deux êtres aimés et compagnons : Gabriel et Mikaël, ensuite viendra Isrāfīl, puis l’Ange de la Mort accompagné d’armées d’anges – paix sur eux –. Qu’ensuite commencent à prier sur moi les hommes de ma famille, puis leurs épouses, puis entrez successivement et individuellement. Ne me blessez pas par des pleurs bruyants, des lamentations ou des cris (2). Que celui de mes Compagnons qui est absent reçoive mes salutations de votre part ; je vous prends à témoin que j’ai adressé le salut à quiconque est entré en Islam et m’a suivi dans cette religion, depuis ce jour jusqu’au Jour de la Résurrection.»
Nous dîmes : «Qui te fera descendre dans ta tombe, ô Messager de Dieu ?»
Il répondit : «Les hommes de ma famille, les plus proches puis les plus proches, aidés par de nombreux anges (4) qui vous voient alors que vous ne les voyez pas.»
Puis Al-Bayhaqī dit : «Aḥmad ibn Yūnus a rapporté ce récit en suivant Sallām aṭ-Ṭawīl, et Sallām aṭ-Ṭawīl est le seul à s’en être singularisé.»
J’ai dit : Il s’agit de Sallām ibn Salm (5)—certains disent ibn Sulaym, d’autres ibn Sulaymān. La première version est la plus correcte—at-Tamīmī as-Saʿdī aṭ-Ṭawīl. Il narre d’après Jaʿfar aṣ-Ṣādiq, Ḥumayd aṭ-Ṭawīl, Zayd al-ʿAmmī et d’autres, et plusieurs ont également rapporté de lui, parmi lesquels : Aḥmad ibn ʿAbd Allāh ibn Yūnus, Asad ibn Mūsā, Khalaf ibn Hāshim al-Bazzār, ʿAlī ibn al-Jaʿd, Qabīṣa ibn ʿUqba. ʿAlī ibn al-Madīnī, Aḥmad ibn Ḥanbal, Yaḥyā ibn Maʿīn, Al-Bukhārī, Abū Ḥātim, Abū Zurʿa, Al-Jawzajānī, An-Nasā’ī et d’autres l’ont jugé faible, et certains Imams l’ont même accusé de mensonge ; d’autres encore l’ont délaissé (6).
Pourtant, ce ḥadīth, dans toute son étendue, a été rapporté par le ḥāfiẓ Abū Bakr al-Bazzār par une autre voie que celle de Sallām. Il a déclaré : «Nous raconta Muḥammad ibn Ismāʿīl al-Aḥmasī, qui tenait d’ʿAbd ar-Raḥmān ibn Muḥammad al-Muḥāribī, d’après ibn al-Aṣbahānī, qui l’avait appris de Murra, qui le tenait de ʿAbd Allāh…» et il mentionna ensuite le ḥadīth dans son intégralité. Puis al-Bazzār ajouta : «Ce récit a été rapporté de Murra par plusieurs voies, avec différentes chaînes de transmission.»