Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans les deux «Ṣaḥīḥ» (1), selon le ḥadith rapporté par ʿAbd Allāh ibn ʿAwn, d’après Ibrāhīm al-Taymī (2), d’après al-Aswad, il est dit : «On informa ʿĀʾisha que certains prétendaient que le Messager de Dieu (ﷺ) avait fait un testament en faveur de ʿAlī. Elle répliqua : “De quoi donc aurait-il pu faire testament à ʿAlī ?! Il avait demandé un bassin pour uriner tandis que je le soutenais contre ma poitrine. Puis il eut un relâchement (3) et rendit l’âme. Je n’ai pas la moindre idée de ce dont ils parlent en affirmant qu’il aurait fait un testament à ʿAlī !”»

Dans les deux «Ṣaḥīḥ» (4), selon le ḥadith de Mālik ibn Mighwal, d’après Ṭalḥa ibn Muṣarrif, celui-ci raconta : «J’ai interrogé ʿAbd Allāh ibn Abī Awfā : “Le Messager de Dieu (ﷺ) a-t-il laissé un testament ?” Il répondit : “Non.” Je lui demandai alors : “Pourquoi nous a-t-on ordonnés de faire un testament ?” Il dit : “Il a recommandé le Livre de Dieu (– Exalté soit-Il –).” » Ṭalḥa ibn Muṣarrif ajouta : «Huzayl ibn Shuraḥbīl (5) déclara un jour : “Abū Bakr exercerait-il la gouvernance malgré qu’il y aurait un testament du Messager de Dieu (ﷺ) ?!” Abū Bakr aurait bien aimé trouver une directive écrite du Messager de Dieu (ﷺ) et, ce faisant, il se serait (6) passé un anneau dans le nez.»

Dans les deux «Ṣaḥīḥ» (7) également, selon le ḥadith rapporté par al-Aʿmash, d’après Ibrāhīm al-Taymī, d’après son père, il est dit : «ʿAlī ibn Abī Ṭālib (qu’Allāh l’agrée) nous prononça un sermon et déclara : “Quiconque prétend que nous possédons autre chose à lire que le Livre de Dieu — ainsi que ce feuillet (un document suspendu à son sabre, qui comporte les Dents de chameaux et des dispositions relatives aux blessures) — celui-là ment. Dans ce feuillet, le Messager de Dieu (ﷺ) a dit :

‘Al-Madīna est un sanctuaire (ḥaram) s’étendant de ʿAyr à Thawr. Quiconque y introduit un trouble ou abrite un fauteur de trouble, qu’il soit maudit par Dieu, par les anges et par l’ensemble des hommes ; et Dieu ne recevra de lui ni compensation ni rançon au Jour de la Résurrection. Quiconque se réclame d’un autre père que le sien ou s’attribue d’autres maîtres que les siens, qu’il soit maudit par Dieu, par les anges et par l’ensemble des hommes ; et Dieu ne recevra de lui ni compensation ni rançon au Jour de la Résurrection. (La protection [dhimma] des musulmans est commune : même le plus humble d’entre eux peut l’accorder. Quiconque trahit un musulman sera frappé de la malédiction de Dieu, des anges et de l’ensemble des hommes, et Dieu ne recevra de lui ni compensation ni rançon au Jour de la Résurrection.)’” (9)

Ce ḥadith, authentifié dans les deux «Ṣaḥīḥ» et dans d’autres sources (10) d’après ʿAlī (qu’Allāh l’agrée), réfute la secte des Rāfiḍa affirmant que le Messager de Dieu (ﷺ) aurait désigné ʿAlī comme successeur (calife). Car si la réalité était celle qu’ils prétendent, personne n’aurait pu s’y opposer.”

(1) Al-Bukhārī (2741, 4459) et Muslim (1636). (2) Dans Fath al-Bārī (5/361) et (8/148), il est précisé qu'il s'agit de an-Nakhʿī et non de at-Taymī. (3) Dans la lecture : (fānakhnaf) est une altération. Il s'agit plutôt de « ankhanaṯa », c'est-à-dire qu’il s’est cassé et plié en raison du relâchement de ses membres lors de la mort (al-Nihāya : khantha). (4) Al-Bukhārī (2740, 4460, 5022) et Muslim (16, 17/1634). (5) Dans la lecture : (hudhayl) est une altération. Voir Tahdhīb al-Tahdhīb (11/31). (6) Dans la lecture : (fakhrama ’anfahu bikhirāma). La « khizāma » est un anneau de poils placé sur un côté des narines du chameau pour tenir la bride (al-Nihāya : khizm). Bachār commente : « J'ai vu les femmes des campagnes et des Bédouins utiliser pour la femme une khizāma en or en forme de petite boucle ou de boucle d’oreille. » (7) Al-Bukhārī (1870) et Muslim (467/1370). (8) Dans la lecture : (lays fī). Le mot « fī » ici est superflu car « lays » signifie déjà « sauf ». (9) Ce qui est entre parenthèses n’apparaît pas dans certains manuscrits. (10) Abū Dāwūd (2034) et at-Tirmidhī (2127).
وفي "الصحيحين" (١) : من حديث عبد اللَّه بن عَوْنٍ، عن إبراهيم التيمي (٢) ، عن الأسود، قال: قيل لعائشة: إنَّهم يقولون إنَّ رسول اللَّه ﷺ أوصى إلى عليّ، فقالت: بمَ أوصى إلى عليّ!؟ لقد دَعا بطَسْتٍ ليبولَ فيها، وأنا مُسْندتُه إلى صدري فانْخَنَثَ (٣) فمات وما شعرتُ فيمَ يقول هؤلاء: إنَّه أوصى إلى علي!!؟ وفي "الصحيحين" (٤) ، من حديث مالك بن مِغْولٍ، عن طلحة بن مُصَرِّفٍ، قال: سألتُ عبد اللَّه بن أبي أوْفَى: هل أوْصَى رسولُ اللَّهِ ﷺ ؟ قال: لا. قلتُ: فلمَ أُمِرْنا بالوصِيَّةِ؟ قال: أوصى بكتَابِ اللَّه – Exalté soit-Il – . قال طلحة بن مُصَرِّفٍ: وقال هُزَيْلْ (٥) بن شُرَحْبيل: أبو بكر يَتَأمَّر على وَصِيِّ رسولِ اللَّه ﷺ ؟ ودَّ أبو بكرٍ أنَّه وَجَدَ عهدًا من رسول اللَّه ﷺ فَخَزمَ أنْفَهُ بخِزامةٍ (٦) . وفي "الصحيحين" (٧) أيضًا من حديث الأعمش، عن إبراهيم التَّيْمي، عن أبيه. قال: خَطَبنا عليُّ بنُ أبي طالب، (رضي الله عنه) ، فقال: منْ زَعَم أنَّ عندنا شيئًا نقرأه ليس (٨) كتاب اللَّه وهذه الصحيفة -لصحيفة مُعَلَّقةٍ في سيفه فيها أسنانُ الإبل وأشياءُ من الجراحات- فقد كذب. وفيها قال رسول اللَّه ﷺ : "المدينةُ حَرَمٌ ما بينَ عَيْرٍ إلى ثَوْرٍ من أحْدَثَ فيها حَدَثًا أو آوَى مُحْدثًا فَعَليْهِ لعنةُ اللَّه والملائكةِ والناسِ أجمعين، لا يقبلُ اللَّهُ منه يومَ القيامةِ صرفًا ولا عدلًا، ومن ادّعى إلى غير أبيه أو انتمى إلى غير مواليه، فعليه لعنةُ اللَّهِ والمَلائكةِ والناسِ أجْمعين، لا يَقْبلُ اللَّهُ منه يومَ القيامةِ صَرْفًا ولا عَدْلًا، (وذِمَّةُ المسلمين واحدةٌ يَسْعَى بها أدْناهم، فمنْ أخْفَر مسلمًا فعليه لعنةُ اللَّهِ والملائكِة والناس أجْمَعين، لا يقبلُ اللَّه منه يومَ القيامةِ صَرْفًا ولا عَدْلًا) " (٩) . وهذا الحديث الثَّابِتُ في "الصَّحيحين" وغيرهما (١٠) عن عليّ، (رضي الله عنه) ، يردّ على فِرْقَةِ الرّافِضَةِ في زَعْمِهم أن رسول اللَّه ﷺ أوْصَى إليه بالخِلافَةِ، ولو كان الأمرُ كما زَعَموا لما رَدَّ ذلك أحدٌ منَ
(١) البخاري (٢٧٤١، ٤٤٥٩) ومسلم (١٦٣٦). (٢) في فتح الباري (٥/ ٣٦١) و (٨/ ١٤٨) أنه النخعي لا التيمي. (٣) ط: (فانخنف) تحريف. وانخنث. أي انكسر وانثنى لاسترخاء أعضائه عند الموت (النهاية: خنث). (٤) البخاري (٢٧٤٠، ٤٤٦٠، ٥٠٢٢)، ومسلم (١٦، ١٧/ ١٦٣٤). (٥) أ، ط: (هذيل) تحريف. وانظر تهذيب التهذيب (١١/ ٣١). (٦) ط: (فخرم أنفه بخرامة) والخِزامةُ حَلَقَةٌ من شعر تجعل في أحد جانبي منخري البعير يشدّ بها الزمام (النهاية: خزم) قال بشار: وقد رأيت نساء أهل الريف والبدو يستعملون الخزامة للمرأة من ذهب على شكل القفل الصغير، أو القرط. (٧) البخاري (١٨٧٠) ومسلم (٤٦٧/ ١٣٧٠). (٨) ط: (ليىس في) وفي هنا زائدة لأن ليس بمعنى إلا. (٩) ليس ما بين القوسين في أ. (١٠) أبو داود (٢٠٣٤) والترمذي (٢١٢٧).

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