Le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui), puis Abou Bakr dirigea la prière, ‘Oumar suivit en troisième, puis survint une épreuve (fitna) par laquelle Allah fait ce qu’Il veut.
L’imam Al-Hâfizh Al-Bayhaqî (1) a rapporté : « Abou ‘Abd Allah Al-Hâfizh nous a informés, puis Abou Bakr Muhammad ibn Ahmad Al-Muzakkî (2) à Marw (3) nous a transmis, de la part de ‘Abd Allah ibn Rawh Al-Madâ’inî, qui disait tenir de Shababa ibn Sawwâr, lui-même le tenant de Shu‘ayb ibn Maymûn, de Husayn ibn ‘Abd Ar-Rahmân, d’Ash-Sha‘bî, d’après Abou Wâ’il, lequel a dit : “On demanda à ‘Alî ibn Abî Tâlib : ‘Ne vas-tu pas désigner un successeur (tastakhlif) pour nous ?’ Il répondit : ‘Le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) n’a pas désigné de successeur ; devrais-je le faire alors ? Mais si Allah veut le bien des gens, Il les rassemblera après moi autour du meilleur d’entre eux, tout comme Il les a rassemblés autour du meilleur parmi eux après leur Prophète.’” L’authenticité de cette chaîne de transmission est bonne et cet hadith n’a pas été rapporté par les autres recueils.
Nous avons déjà mentionné ce qu’Al-Bukhârî (4) a rapporté d’après Az-Zuhrî, qui lui-même le tenait de ‘Abd Allah ibn Ka‘b ibn Mâlik, d’après Ibn ‘Abbâs : “Lorsque ‘Abbâs et ‘Alî sortirent de chez le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui), quelqu’un leur demanda : ‘Comment va ce matin le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) ?’ ‘Alî répondit : ‘Par la grâce d’Allah, il va mieux.’ ‘Abbâs répliqua : ‘Par Allah, d’ici trois jours tu seras « l’esclave du bâton ». Je reconnais les signes de la mort sur le visage des Banû Hâshim, et je vois la mort sur le visage du Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui). Allons le voir et demandons-lui : à qui reviendra l’autorité après lui ? Si elle nous revient, nous le saurons, et si elle revient à quelqu’un d’autre, alors nous lui enjoindrons de se soucier de nous.’ ‘Alî déclara : ‘Je ne vais pas le lui demander. Par Allah, s’il nous la refuse, alors personne ne nous l’accordera plus après lui.’”
Ce hadith a également été rapporté par Muhammad ibn Is-hâq (7) d’après Az-Zuhrî, puis il en a fait mention (8). Il dit en conclusion : “Le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) mourut au milieu de la matinée ce jour-là.”
J’ai dit : “C’était donc un lundi, le jour de son décès. Cela prouve qu’il (que la paix et le salut soient sur lui) est décédé sans avoir laissé d’instruction (wasiyya) concernant l’imârat (le califat).” Dans les deux Sahîh (9), Ibn ‘Abbâs a dit : “La calamité, la pire de toutes, fut ce qui empêcha le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) d’écrire ce document.” Nous avions déjà précisé qu’il (que la paix et le salut soient sur lui) avait demandé de quoi écrire un texte grâce auquel ils ne s’égareraient jamais par la suite, mais comme ils se mirent à discuter et à contester devant lui, il dit : “Levez-vous et laissez-moi. L’état dans lequel je suis est meilleur que ce à quoi vous m’appelez.” Nous avions également indiqué qu’il déclara ensuite : “Allah et les croyants ne sauraient agréer un autre (successeur) qu’Abou Bakr.”