Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

[Chapitre]

Quiconque médite ce que nous avons évoqué comprendra l’unanimité des Compagnons – qu’il s’agisse des Émigrés ou des Auxiliaires – quant à la prééminence d’Abou Bakr. Il verra ainsi clairement la preuve de la parole du Prophète ﷺ : « Dieu et les croyants ne veulent qu’Abou Bakr. » Il ressort également de cela que le Messager de Dieu ﷺ n’a pas explicitement désigné de successeur parmi les hommes : ni Abou Bakr, comme l’ont affirmé certains parmi les adeptes de la Sunna, ni Ali, comme le prétend un groupe de chiites (Rafidah). Il a cependant laissé une indication suffisamment claire, comprise de tout homme doué de raison, en faveur du Siddiq (Abou Bakr), comme nous l’avons déjà mentionné et comme nous l’exposerons plus loin. Louange à Dieu.

Il est rapporté dans les deux Sahih (al-Boukhari et Mouslim) (1), selon le hadith de Hicham ibn Ourwah, d’après son père, d’après Ibn Omar : Lorsque Omar ibn al-Khattab fut poignardé, on lui dit : « Ne vas-tu pas désigner un successeur, ô Prince des croyants ? » Il répondit : « Si je le fais, celui qui était meilleur que moi l’a déjà fait (allusion à Abou Bakr), et si je n’en nomme pas, celui qui était meilleur que moi ne l’a pas fait (allusion au Messager de Dieu ﷺ). » Ibn Omar poursuit : « J’ai compris, lorsqu’il mentionna le Messager de Dieu ﷺ, qu’il ne désignerait personne. »

Sofiane al-Thawri (2) a rapporté, d’après al-Aswad (3) ibn Qays, d’après Amr ibn Sofiane (4), que lorsque Ali l’emporta [le jour du Chameau] (5), il déclara : « Ô gens ! Le Messager de Dieu ﷺ ne nous a pas laissé de consigne au sujet de cette fonction d’émir. Nous avons alors estimé qu’il convenait de désigner Abou Bakr, et il s’en est chargé, assurant la stabilité de la situation jusqu’à son décès (6). Ensuite, Abou Bakr a jugé bon d’instituer Omar comme successeur ; il a lui aussi assuré la direction jusqu’à son décès (7) » — ou bien il a dit : « jusqu’à ce que la religion fût solidement établie (8). » Et l’affaire s’est poursuivie ainsi.

L’imam Ahmed (9) mentionne : « Nous a rapporté Abou Noeïm, qui tenait lui-même de Charik, d’après al-Aswad ibn Qays, d’après Amr ibn Sofiane, qu’un homme prononça un discours le jour de Bassora, lorsque Ali triompha. Alors Ali dit : “Voici bien l’orateur éloquent (10), il nous a devancés…” »

(1) Al-Bukhārī (7218) et (1823) (11).
(2) Dalāʾil an-Nubuwwa de al-Bayhaqī (7/223).
(3) Dans Ṭ, A : « ʿAmr ibn Qays », erreur, et ce que nous avons établi dans Dalāʾil an-Nubuwwa d’al-Bayhaqī, oui, Sufyān ath-Thawrī a rapporté de ʿAmr ibn Qays, mais nous ne connaissons pas de transmission de ʿAmr ibn Qays de ʿAmr ibn Sufyān, au contraire al-Aswad ibn Qays est le seul à transmettre d’après ʿAmr ibn Sufyān, et certains ajoutent parmi ses narrateurs « Masāwar », comme dans Tahdhīb al-Kamāl et autres (Bachār).
(4) Le nom de ce narrateur ne figure pas dans A.
(5) Ce qui est entre les deux tirets dans Dalāʾil an-Nubuwwa.
(6) Dans Ṭ : (yastakhlif).
(7) Ce qui est entre parenthèses n’est pas dans A.
(8) C’est-à-dire : il s’est établi et s’est redressé, de même que le chameau quand il s’accroupit et se repose étend son cou sur le sol et la poche (dromadaire) est le dessous du cou (al-Nihāya : jarun).
(9) Musnad de l’imām Aḥmad (1/147), et c’est un ḥadīth faible en raison de l’ignorance d’Amr ibn Sufyān, et parce qu’il n’a pas connu ʿAlī
– qu'Allah soit satisfait de lui –, sans parler de la faiblesse de Sharīk.
(10) al-Khaṭīb ash-Shaḥshaḥ, c’est-à-dire : l’habitué à parler rapidement (al-Nihāya : shaḥḥaḥ), et le mot a été déformé dans A, Ṭ en (as-sajsaj).
[فصل] ومن تَأَمَّلَ ما ذَكَرْناهُ ظَهَرَ له إجماعُ الصَّحابة -المُهاجرين منهم والأنصار- على تقديم أبي بكر، وظَهَر بُرْهان قوله (رحمهم الله) : "يَأْبَى اللَّهُ والمُؤْمنون إلا أبا بكر" . وظَهَرَ له أنَّ رسولَ اللَّهِ ﷺ لم يَنُصَّ على الخلافةِ عَيْنًا لأحدٍ من الناس، لا لأبي بكر كما قد زعمه طائفة من أهل السنة، ولا لعليٍّ كما يقولُه طائفةُ الرافِضَةِ، ولكن أشار إشارة قوية يفهمُها كلُّ ذي لُبٍّ وعقل إلى الصّدّيق كما قدمنا و [كما] سنذكره. وللَّه الحمد. كما ثبت في "الصحيحين" (١) من حديث هشام بن عروة، عن أبيه، عن ابن عمر: أن عمر بن الخطاب لما طُعِنَ قيل له: ألا تَسْتَخْلفُ يا أميرَ المؤمنين؟ فقال: إن اسْتَخْلِفْ فقد استَخْلَف من هو خير مني. يعني -أبا بكر- وإن أترك فقد ترك من هو خير مني. يعني رسول اللَّه ﷺ . قال ابن عمر: فعرفتُ حينَ ذكَر رسولَ اللَّه ﷺ أنّه غير مُسْتَخْلِفٍ. وقال سفيان الثوري (٢) : عن الأسود (٣) بن قيس، (عن عمرو بن سفيان) (٤) ، قال: لما ظَهَرَ عليٌّ على الناس [يوم الجمل] (٥) . قال: يا أيُّها الناس إن رسول اللَّه ﷺ لم يعهدْ إلينا في هذه الإمارة شيئًا، حتى رَأَيْنَا منَ الرَّأْي أن نستخلف (٦) أبا بكر، فأقام واستقام حتى مضى لسبيله، (ثم إن أبا بكر رأى من الرأي أن يستخلف عُمَرَ فأقام واستقام حتى مضى لسبيله) (٧) -أو قال حتى ضرب الدِّين بِجِرانِه (٨) - إلى آخره. وقال الإمام أحمد (٩) : ثنا أبو نُعيم، ثنا شريكٌ، عن الأسود بن قيس، عن عمرو بن سفيان، قال: خَطَبَ رَجُلٌ يومَ البصرةِ حينَ ظهرَ عليّ، فقال عليّ: هذا الخَطيبُ الشَّحْشَحُ (١٠) ، سبقَ
(١) البخاري (٧٢١٨) و (١٨٢٣) (١١). (٢) دلائل النبوة للبيهقي (٧/ ٢٢٣). (٣) في ط، أ: "عمرو بن قيس"، خطأ، وما أثبتناه من دلائل النبوة للبيهقي، نعم، روى سفيان الثوري عن عمرو بن قيس، ولكننا لا نعرف رواية لعمرو بن قيس عن عمرو بن سفيان، بل تفرد الأسود بن قيس بالرواية عن عمرو بن سفيان، وبعضهم يضيف في الرواة عنه "مساور"، كما فى تهذيب الكمال وغيره (بشار). (٤) ليس اسم هذا الراوي في أ. (٥) ما بين الحاصرتين من دلائل النبوة. (٦) ط: (يستخلف). (٧) ليس ما بين القوسين في أ. (٨) أي قَرَّ واستقام، كما أنّ البعير إذا برك واستراح مدّ عُنُقه على الأرض والجراب باطن العنق (النهاية: جرن). (٩) مسند الإمام أحمد (١/ ١٤٧)، وهو حديث ضعيف لجهالة عمرو بن سفيان، ولأنه لم يدرك عليًا ﵁ ، فضلا عن ضعف شريك. (١٠) الخطيب الشحشح، أي: الماهر الماضي في كلامه (النهاية: شحح) وقد حرف اللفظ في أ، ط إلى (السجسج).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies