Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il a également été rapporté par ‘Alî ibn ‘Âsim, d’après al-Jurayrî, d’après Abû Nadra, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî… puis il a mentionné un récit semblable à ce qui précède. Cette chaîne de transmission est authentique et bien préservée, transmise d’après Abû Nadra al-Mundhir ibn Mâlik ibn Qîṭ‘a, d’après Abû Sa‘îd (Sa‘d ibn Mâlik ibn Sinân) al-Khudrî. Elle comporte un enseignement de valeur : l’allégeance (bay‘a) de ‘Alî ibn Abî Tâlib, soit le jour même, soit le lendemain du décès (du Prophète). C’est un fait avéré, car ‘Alî ibn Abî Tâlib n’a jamais quitté as-Siddîq (Abû Bakr) à aucun moment, ni manqué de prier derrière lui — comme nous le verrons — et il sortit en sa compagnie à Dhû al-Qassah lorsque as-Siddîq, l’épée dégainée, partit combattre les apostats, comme nous l’expliquerons sous peu.

Cependant, à la suite de Fâtima (que Dieu soit satisfait d’elle), il y eut un reproche adressé à as-Siddîq, parce qu’elle pensait — à tort — qu’elle avait droit à l’héritage du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Elle ignorait ce qu’as-Siddîq (que Dieu l’agrée) lui avait rapporté : que le Prophète avait dit « Nous ne laissons pas d’héritage ; ce que nous laissons est un acte de charité. » Par ce texte explicite, il écarta alors Fâtima, tout comme les épouses (du Prophète) et son oncle, de tout héritage (1), ainsi que nous l’établirons en son lieu. Elle demanda qu’il confie à ‘Alî, son époux (2), la responsabilité des aumônes liées aux terres de Khaybar et de Fadak, mais as-Siddîq ne lui accorda pas gain de cause, estimant de son devoir de gérer tout ce dont s’occupait le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Or, as-Siddîq (que Dieu l’agrée) était véridique, intègre, dans la droiture, et demeurait attaché à la vérité. Ainsi, Fâtima — qui restait une femme de condition humaine, non tenue à l’infaillibilité (3) — se montra meurtrie et courroucée. Elle ne parla plus à as-Siddîq jusqu’à sa propre mort (que Dieu soit satisfait d’elle). ‘Alî dut alors ménager quelque peu son ressentiment. Lorsqu’elle s’éteignit six mois après le décès de son père (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), ‘Alî estima devoir renouveler son allégeance à Abû Bakr (que Dieu l’agrée), comme nous le verrons dans les Deux Sahîhs et ailleurs, si Dieu le veut, ceci venant s’ajouter au fait qu’il l’avait déjà faite avant l’ensevelissement du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui).

Ce point est par ailleurs corroboré par le témoignage de Mûsâ ibn ‘Uqba dans son « Maghâzî » (4), rapporté de Sa‘d ibn Ibrâhîm, qui tint de son père que son aïeul, ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Awf, se trouvait avec ‘Umar, et que Muhammad ibn Maslamah avait brisé l’épée d’az-Zubayr. Ensuite Abû Bakr prononça un discours, s’excusant auprès des gens. Il dit : « Je n’ai jamais désiré le pouvoir un seul jour ni une seule nuit, et je ne l’ai jamais demandé en secret ni en public. » Les Muhâjirûn acceptèrent alors ses propos. ‘Alî et az-Zubayr déclarèrent : « Nous ne nous sommes irrités que parce que nous n’avions pas été associés à la concertation. Toutefois, nous considérons qu’Abû Bakr est celui qui possède le plus de droit à cette charge, car il est le Compagnon de la Grotte. Nous reconnaissons sa noblesse et sa valeur (5). De plus, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) l’avait désigné pour diriger la prière (6) de son vivant. » Il s’agit là d’une chaîne de transmission fiable. Louange et grâce reviennent à Dieu (7).

(1) Dans le manuscrit : « وعن » avec un waw ajouté. (2) L’expression n’apparaît pas dans le manuscrit. (3) Dans le manuscrit : « براجيه ». (4) Al-Sunan al-Kubrā d’al-Bayhaqī (8/152-153). (5) Dans le manuscrit : « خبره » ; chez al-Bayhaqī : « كبره ». (6) Dans le manuscrit : « أن يصلّي ». (7) L’expression n’apparaît pas dans A.
وقد رواه علي بن عاصم عن الجُرَيْري، عن أبي نضرة، عن أبي سعيد الخُدْري. . . فذكر نحو ما تقدم. وهذا إسنادٌ صحيحٌ محفوظٌ من حديث أبي نَضْرَة المُنْذِر بن مالك بن قِطْعَة، عن أبي سَعيدٍ سعدِ بن مالكِ بن سِنانِ الخُدريّ، وفيه فائدةٌ جليلةٌ، وهي مُبايَعَةُ عليِّ بن أبي طالب، إمّا في أول يوم، أو في اليوم الثاني من الوفاة. وهذا حقٌّ، فإنَّ عليَّ بن أبي طالب لم يفارق الصّدّيق في وقت من الأوقات، ولم يَنْقَطِعْ في صلاةٍ من الصلواتِ خَلْفَه، كما سنذكره، وخرجَ معه إلى ذي القَصَّةِ، لما خَرَجَ الصِّديقُ شاهرًا سيفَه يريد قِتالَ أهلِ الرِّدَّة، كما سَنُبَيِّنُه قريبًا، ولكن لما حَصَلَ من فاطمة، (عليه السلام) ، عَتْبٌ على الصِّدِّيق بسبب ما كانت متوهِّمةً من أنها تَسْتَحِقُّ ميراثَ رسول اللَّه ﷺ ، ولم تَعْلَم بما أخبرها به الصّدّيق، (رضي الله عنه) ، أنه قال: "لا نُورَثُ ما تَرَكْنا فهو صَدَقَةٌ" فَحَجَبها وغيرَها من أزْواجِهِ وعَمَّه عن (١) الميراث بهذا النصّ الصَّريح كما سنُبَيِّن ذلك في موضعه، فسألَتْهُ أن ينظُرَ عليٌّ زوجها (٢) في صَدَقَةِ الأرضِ التي بخَيْبَر وفَدك، فلم يُجِبْها إلى ذلك. لأنَّه رأى أنَّ حقًّا عليه أن يقومَ في جميع ما كان يتولّاه رسولُ اللَّه ﷺ . وهو الصادِقُ البارُّ الراشدُ التابعُ للحقِّ، (رضي الله عنه) ، فحَصَلَ لها -وهي امرأةٌ من البشر ليست بواجبة (٣) العِصْمَة- عَتْبٌ وتَغَضُّبٌ، ولم تُكَلِّمِ الصِّدِّيقَ حتى ماتت، (عليه السلام) ، واحتاجَ عليٌّ أن يُراعيَ خاطِرَها بعضَ الشيء، فلما ماتَتْ بعدَ ستَّةِ أشْهُرٍ من وفاةِ أبيها ﷺ رأى عليٌّ أن يُجَدِّد البَيْعَةَ مع أبي بكر، (رضي الله عنه) ، كما سنذكره من "الصحيحين" وغيرهما فيما بعدُ، إن شاء اللَّه تعالى، مما تقدَّمَ له من البَيْعَةِ قبلَ دَفْنِ رسولِ اللَّه ﷺ ، ويزيدُ ذلك صحةً قولُ موسى بن عقبة في "مغازيه" (٤) ، عن سعد بن إبراهيم، حدّثني أبي أن أباه عبد الرحمن بن عوف كان مع عمر، وأن محمد بن مسلمة كَسَر سَيْفَ الزُّبير، ثم خَطَبَ أبو بكر، واعتذر إلى الناس، وقال: ما كنتُ حَريصًا على الإمارة يومًا ولا ليلةً، ولا سَأَلْتُها في سرٍّ ولا عَلانيةٍ، فقبل المُهاجرون مقالَتَه. وقال عليٌّ والزُّبَيْر: ما غَضِبنا إِلَّا لأنّا أُخِّرْنا عن المَشورةِ، وإنا نرَى أنّ أبا بكر أحَقُّ الناسِ بها، إنّه لصاحبُ الغارِ، وإنا لنعرفُ شَرَفَهُ وخَيْرَه (٥) ، ولقد أمَرَهُ رسولُ اللَّه ﷺ بالصلاة (٦) بالناس وهو حيٌّ. إسنادٌ جيدٌ وللَّهِ الحَمْدُ والمِنَّةُ (٧) .
(١) ط: (وعن) والواو زائدة. (٢) ليس اللفظ في ط. (٣) ط: (براجيه). (٤) السنن الكبرى للبيهقي (٨/ ١٥٢ - ١٥٣). (٥) ط: (خبره) وعند البيهقيّ: (كبره). (٦) ط: (أن يصلّي). (٧) ليس اللفظ في أ.

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