Et l’imam ẖāfiẓ Abū Bakr al-Bayhaqī rapporta :
« Abū al-Ḥasan ʿAlī b. Muḥammad al-Ḥāfiẓ al-Isfarāyīnī nous a informés, Abū ʿAlī al-Ḥusayn b. ʿAlī al-Ḥāfiẓ nous a rapporté, Abū Bakr Muḥammad b. Isḥāq b. Khuzayma et Ibrāhīm b. Abī Ṭālib ont tous deux déclaré : “Bun dar b. Bishshār nous a transmis, Abū Hishām al-Makhzūmī nous a transmis, Wahīb nous a transmis, Dāwud b. Abī Hind nous a transmis, Abū Naḍra nous a transmis, d’après Abū Saʿīd al-Khudrī (qu’Allah l’agrée) :
Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) rendit l’âme, les gens se rassemblèrent dans la demeure de Saʿd b. ʿUbāda, et parmi eux se trouvaient Abū Bakr et ʿUmar. Alors l’orateur des Anṣār se leva et dit : “Savez-vous que le Messager d’Allah (ﷺ) appartenait aux Muhājirīn, et que son calife devra aussi être issu des Muhājirīn ? Quant à nous, nous étions les Anṣār (les Soutiens) du Messager d’Allah (ﷺ), et nous serons également les Soutiens de son calife, de la même manière que nous fûmes les siens.””
Il poursuivit : “Alors ʿUmar b. al-Khaṭṭāb se leva et dit : ‘Celui qui a parlé parmi vous a dit vrai. Mais si vous aviez soutenu autre chose, nous ne vous aurions pas suivis.’ Puis il prit la main d’Abū Bakr et dit : ‘Voici votre homme, prêtez-lui allégeance.’ Aussitôt ʿUmar lui prêta allégeance, suivi par les Muhājirīn et les Anṣār.”
Abū Saʿīd (qu’Allah l’agrée) raconte : “Abū Bakr monta ensuite sur le minbar, parcourut l’assemblée du regard et ne vit pas al-Zubayr. Il le fit appeler : celui-ci vint, et Abū Bakr lui dit : ‘Toi qui es le fils de la tante paternelle du Messager d’Allah (ﷺ) et son ḥawārī (compagnon dévoué), voulais-tu briser l’unité des musulmans ?’ Al-Zubayr répondit : ‘Pas de reproche, ô calife du Messager d’Allah (ﷺ)!’ Puis il se leva et lui prêta allégeance. Abū Bakr chercha à nouveau des yeux et ne vit pas ʿAlī, alors il le convoqua. ʿAlī b. Abī Ṭālib vint, et Abū Bakr lui dit : ‘Toi le cousin du Messager d’Allah (ﷺ) et son gendre (mari de sa fille), voulais-tu rompre l’unité des musulmans ?’ ʿAlī répondit : ‘Pas de reproche, ô calife du Messager d’Allah (ﷺ)!’ Puis il se leva et lui prêta allégeance.” Voilà ce qui fut dit ou quelque chose d’approchant.
Abū ʿAlī al-Ḥāfiẓ déclara : “J’ai entendu Muḥammad b. Isḥāq b. Khuzayma dire : ‘Muslim b. al-Ḥajjāj est venu me voir afin de m’interroger sur ce ḥadīth. Je le lui ai écrit sur un feuillet et je le lui ai lu. Muslim déclara : “Ce ḥadīth vaut une badana (grosse bête de sacrifice).” J’ai répliqué : “Il vaut une badana ?” Il insista : “Non, il vaut une badra (sac de pièces).”’”
Al-Bayhaqī l’a également rapporté, d’après al-Ḥākim et Abū Muḥammad b. [Abī] Ḥāmid al-Muqriʾ, tous deux ayant reçu de Abū al-ʿAbbās Muḥammad b. Yaʿqūb al-Aṣamm, qui le tenait de Jaʿfar b. Muḥammad b. Shākir, qui le tenait de ʿAffān b. Muslim, qui le tenait de Wahīb, avec la même chaîne de transmission. Toutefois, dans cette version, on rapporte que c’est al-Ṣiddīq (Abū Bakr) lui-même qui s’adressa à l’orateur des Anṣār à la place de ʿUmar.
Il y est également dit : “Zayd b. Thābit prit la main d’Abū Bakr et déclara : ‘Voilà votre homme, donnez-lui allégeance, puis partez.’ Lorsque Abū Bakr s’assit sur le minbar, il ne vit pas ʿAlī parmi l’assemblée. Il s’enquit alors de lui, et des hommes des Anṣār allèrent le chercher…” Le récit se poursuit de façon similaire, puis mentionne l’épisode concernant al-Zubayr après celui d’ʿAlī. Et Allah sait mieux.”