Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et Abou Bakr demeurait silencieux, sans prononcer un mot. Il déclara : « J’espérais que le Messager d’Allah (ﷺ) vivrait assez longtemps pour prendre soin de nos affaires (1), c’est-à-dire être le dernier d’entre eux. Mais si Muhammad est mort, c’est qu’Allah, Exalté soit-Il, a placé parmi vous une lumière par laquelle vous serez guidés, car Allah a guidé Muhammad (ﷺ). Or Abou Bakr est le Compagnon du Messager d’Allah (ﷺ), le deuxième de ceux qui étaient ensemble, et il est le plus digne (2) parmi les musulmans de s’occuper de vos affaires. Levez-vous donc et donnez-lui le serment d’allégeance. » Un groupe de gens l’avait déjà fait auparavant sous le portique (Saqîfa) de Banî Sâ‘ida, tandis que le serment d’allégeance général eut lieu sur le minbar.

Al-Zuhri rapporta d’après Anas ibn Mâlik : « J’ai entendu ‘Umar dire ce jour-là à Abou Bakr : “Monte sur le minbar !” Il ne cessa de l’en presser jusqu’à ce qu’il y montât, puis le commun des gens lui prêta serment d’allégeance. »

Muhammad ibn Ishâq (3) dit : « Al-Zuhri m’a informé, d’après Anas ibn Mâlik, qu’après le serment d’allégeance à Abou Bakr lors de la Saqîfa, arriva le lendemain où Abou Bakr s’assit sur le minbar. ‘Umar se leva pour parler avant Abou Bakr, loua Allah et Le glorifia comme Il le mérite. Puis il dit : “Ô gens, hier je vous ai tenu des propos qui n’étaient ni dans le Livre d’Allah, ni un engagement que le Messager d’Allah (ﷺ) m’aurait confié. J’avais simplement pensé que le Messager d’Allah (ﷺ) nous gouvernerait jusqu’au bout” — voulant dire qu’il serait le dernier parmi nous. “Or, Allah a laissé parmi vous Son Livre, grâce auquel Il a guidé (4) le Messager d’Allah (ﷺ). Si vous vous y attachez, Allah vous guidera comme Il l’a guidé (5). De plus, Allah a uni votre affaire autour du meilleur d’entre vous, le Compagnon du Messager d’Allah (ﷺ), le second de ceux qui étaient dans la caverne. Levez-vous donc et prêtez-lui allégeance.” Les gens prêtèrent alors à Abou Bakr le serment d’allégeance général, après celui de la Saqîfa. Puis Abou Bakr prit la parole, loua Allah et Le glorifia comme Il le mérite.

Il dit ensuite : « Ô gens, on m’a confié la responsabilité de vos affaires, alors que je ne suis pas le meilleur d’entre vous. Si je fais le bien, aidez-moi, et si je commets une erreur, redressez-moi. La véracité est une confiance, et le mensonge est une trahison. Le faible parmi vous (6) est fort à mes yeux tant que je ne lui aurai pas restitué son droit, si Allah le veut. Et le fort parmi vous est faible à mes yeux tant que je n’aurai pas prélevé ce qui est dû, si Allah le veut. Jamais un peuple n’abandonne le combat dans le sentier d’Allah sans qu’Allah ne l’accable d’humiliation. Et jamais la turpitude ne se répand chez un peuple sans qu’Allah ne l’atteigne par l’épreuve. Obéissez-moi tant que j’obéis à Allah et à Son Messager. Mais si je désobéis à Allah et à Son Messager, je ne mérite plus votre obéissance. Levez-vous pour accomplir votre prière, qu’Allah vous fasse miséricorde. » Voici une chaîne de transmission authentique.

Quant à ses propos (qu’Allah l’agrée) : « On m’a placé à votre tête alors que je ne suis pas le meilleur d’entre vous », cela relevait de l’humilité et de la modestie. Ils s’accordaient pourtant tous à reconnaître qu’il était le plus vertueux et le meilleur d’entre eux (qu’Allah l’agrée). »

(1) T : (Cela). (2) A : (les croyants). (3) Sīra Ibn Hichām (2/660-661). (4) T : (son pacte). (5) Le terme n'existe pas dans T. (6) A : (celui par lequel il est guidé). (7) T : (qu'Allah l'ait guidé). (8) T : (parmi vous). (9) T : (jusqu'à ce qu'il ôte sa maladie, si Allah veut) ; il contient deux altérations et des omissions. J'ai restitué à l'homme son droit : lorsque je le lui ai rendu (la langue : âme). (10) T : (et jamais un peuple ne propage l'indécence si ce n'est... ).
وأبو بكر صامتٌ لا يَتكَلَّمُ، قال: كنت أرجو أن يعيشَ رسولُ اللَّه ﷺ حتى يَدْبُرَنا -يريد بذلكَ (١) - أن يكون آخرهم - فإنْ يَكُ محمدٌ قد مات فإن اللَّه تعالى قد جعل بينَ أظْهُرِكُم نورًا تهتَدُون به، هدى اللَّه محمدًا ﷺ وإن أبا بكر صاحبُ رسول اللَّه ﷺ وثاني اثنين، وإنه أولى المسلمين (٢) بأموركم، فقوموا فبايعوه، وكانت طائفة قد بايَعوه قبل ذلك في سَقيفة بني ساعدة، وكانت بيعة العامة على المِنْبَرِ. قال الزُّهريّ: عن أنس بن مالك: سمعتُ عمر يقول يومئذ لأبي بكر: اصْعَدِ المِنْبَرَ! فلم يزل به حتى صعد المنبر فبايعه عامة الناس. وقال محمد بن إسحاق (٣) : حدّثني الزُّهْري، حدّثني أنس بن مالك، قال: لما بُويعَ أبو بكر في السَّقيفةِ، وكان الغدُ، جلسَ أبو بكرٍ على المنبر، وقام عمر فتكلَّم قبلَ أبي بكر، فَحَمِدَ اللَّهَ، وأثْنَى عليه بما هو أهله، ثمَّ قال: أيُّها النّاسُ، إني قد كنتُ قلتُ لكم بالأمس مقالةً ما كانت مما وجدتُها في كتاب اللَّه، ولا كانت عهدًا عَهِدَهُ (٤) إليَّ رسولُ اللَّه ﷺ ولكني كنتُ أرى أن رسولَ اللَّه سيَدْبُرُ أمرنا - يقول: يكون آخرنا- وإنَّ (٥) اللَّهَ قد أبْقَى فيكم كتابَهُ الذي هَدَى به (٦) ، رسول اللَّه ﷺ فإن اعْتَصَمْتُم به هداكم اللَّه، لما كان هداه له (٧) . وإن اللَّه قدْ جَمَعَ أمْرَكُم على خيركم، صاحبِ رسولِ اللَّه ﷺ وثاني اثنين إذ هما في الغار، فقوموا فَبايعُوه، فبايع الناسُ أبا بكر بيعةَ العامةِ بعد بيعةِ السَّقيفة، ثمَّ تَكلَّم أبو بكر، فَحَمِدَ اللَّهَ وأثْنَى عليه بما هو أهلُه. ثم قال: أما بعدُ، أيُّها الناسُ، فإِنّي قد وُلِّيتُ عَلَيْكم ولستُ بخَيْرِكُم، فإن أحْسَنْتُ فأعينوني، وإن أسأتُ فقوِّموني، الصدقُ أمانةٌ، والكَذِبُ خيانةٌ، والضَّعيفُ فيكم (٨) قويٌّ عندي حتى أُريحَ عليه حقّه (٩) إن شاء اللَّه، والقويّ فيكم ضعيفٌ حتى آخذَ منه الحقّ، إن شاء اللَّه، لا يَدَعُ قومٌ الجِهادَ في سبيلِ اللَّه إِلَّا ضَرَبَهُم اللَّهُ بالذُّلِّ، ولا تَشيعُ الفاحشَةُ في قوم قط (١٠) إلَّا عَمَّهُمُ اللَّهُ بالبلاء، أطيعوني ما أطَعْتُ اللَّهَ ورسولَه، فإذا عَصَيْتُ اللَّهَ ورسوله فلا طاعة لي عليكمِ، قوموا إلى صلاتكم يرحمكم اللَّه. وهذا إسنادٌ صحيحٌ. فقوله: (رضي الله عنه) : -وَلِيْتكُم ولستُ بخيْركم- من باب الهَضْم والتَّواضعِ، فإنَّهم مُجْمِعون على أنه أفْضلُهم وخَيْرُهم (رضي الله عنها) .
(١) ط: (ذلك). (٢) أ: (المؤمنين). (٣) سيرة ابن هشام (٢/ ٦٦٠ - ٦٦١). (٤) ط: (عهدها). (٥) ليس اللفظ في ط. (٦) أ: (الذي هو به هدى). (٧) ط: (هداه اللَّه له). (٨) ط: (منكم). (٩) ط: (حتى أزيح علته إن شاء اللَّه) وفيها تحريفان ونقص. وأرحتُ على الرجل حقّه: إذا رَدَدْتُه عليه (اللسان: روح). (١٠) ط: (ولا يشيع قوم قط الفاحشة إِلَّا).

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