Parmi les Émigrés et un émir issu des Anṣâr, jusqu’à ce que aṣ-Ṣiddîq (Abou Bakr) leur expliqua que la succession (al-khilâfa) ne pouvait appartenir qu’aux Qurayshites. Ils se rallièrent alors à lui et, unanimes, l’approuvèrent, comme nous allons l’exposer et le souligner.
Histoire de Saqîfat Banî Sâʿidah
L’imam Aḥmad (1) a dit : « Iṣḥâq ibn ʿÎsâ a dit : Mâlik ibn Anas nous a rapporté qu’Ibn Shihâb lui a transmis, selon ʿUbayd Allâh ibn (ʿAbd Allâh ibn) (2) ʿUtbah ibn Masʿûd, qu’Ibn ʿAbbâs raconta qu’Abd ar-Raḥmân ibn ʿAwf retourna à son camp — et Ibn ʿAbbâs de dire : “J’enseignais le Coran à ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAwf, et il me trouva alors que je l’attendais” — à Minâ, lors du dernier pèlerinage de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb. ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAwf déclara alors : “Un homme est venu trouver ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb en disant : ‘Un tel affirme que si ʿUmar venait à mourir, il ferait aussitôt allégeance à Untel.’” ʿUmar répondit : ‘Ce soir, si Dieu le veut, je prendrai la parole devant la population, pour les mettre en garde contre ces gens qui veulent usurper leurs affaires.’ ʿAbd ar-Raḥmân rapporta alors : ‘Ô Commandeur des croyants, ne fais pas cela, car ce pèlerinage rassemble pêle-mêle la foule et la multitude, et ils domineront ton assemblée si tu t’adresses à eux. Je crains que tu ne prononces une parole qu’ils s’empresseront de colporter sans la comprendre ni la replacer à sa juste place. Attend plutôt d’arriver à Médine, la cité de l’émigration (al-hijra) et de la sunna, où tu seras en présence des savants et des notables : tu leur diras ce que tu voulais dire, en toute quiétude, et ils saisiront tes propos et les placeront (3) où il convient.’ ʿUmar répondit : ‘Si j’arrive sain et sauf (4) à Médine, je m’adresserai aux gens dès la première occasion.’
Lorsque nous fûmes de retour à Médine après la période du pèlerinage de Ḏû l-Ḥijja, et que le vendredi arriva, je me rendis de bonne heure à la mosquée comme quelqu’un qui ne voit pas — j’ai demandé à Mâlik ce que signifiait : “comme l’aveugle” (5). Il me répondit : ‘Il ne se soucie ni de l’heure de sortie ni d’être exposé à la chaleur ou au froid’, ou (6) quelque chose de cet ordre. Je trouvai Saʿîd ibn Zayd près de l’angle droit du minbar, déjà installé avant moi. Je m’assis en face de lui, si proche que mon genou touchait le sien.
Peu de temps après, ʿUmar fit son entrée. En le voyant, je me dis : ‘Ce soir, il va tenir sur ce minbar des propos que nul avant lui n’y a encore prononcés.’ Saʿîd ibn Zayd s’en étonna et dit : ‘Qu’est-ce qu’il pourrait bien dire qui n’ait déjà été dit ?’ Puis ʿUmar s’assit sur le minbar. Lorsqu’il se tut… »