Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Elle dit : « Puis Abou Bakr arriva ; je soulevai le voile et il le regarda. Il dit : “En vérité, nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons ; le Messager de Dieu (ﷺ) est mort.” Puis il s’approcha de sa tête, rapprocha sa bouche du visage (du Prophète) et embrassa son front, en disant : “Ô mon Prophète !” Il releva la tête, la rapprocha à nouveau et l’embrassa, puis dit : “Ô mon intime !” Il releva la tête une troisième fois, la rapprocha de nouveau et l’embrassa, en disant : “Ô mon ami ! Le Messager de Dieu (ﷺ) est mort.” Ensuite il sortit pour rejoindre la mosquée, où ‘Umar prononçait un discours devant les gens, en affirmant que le Messager de Dieu ne mourrait pas avant que Dieu anéantît les hypocrites.

Alors Abou Bakr prit la parole, loua Dieu et Le glorifia, puis dit : “Dieu déclare : «Tu es certes mort et ils mourront eux aussi.» (Az-Zumar, 30)” jusqu’à la fin du verset. Puis il récita encore : «Muhammad n’est qu’un messager ; des messagers avant lui sont déjà passés. S’il mourait ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons…» (Al ‘Imrân, 144), jusqu’à la fin du verset. Et il dit : “Quiconque adorait Dieu, certes Dieu est Vivant (1). Quant à celui qui adorait Muhammad, sachez que Muhammad est mort.””

‘Umar déclara alors : “Ces versets sont réellement dans le Livre de Dieu ? Je ne savais pas qu’ils y figuraient !” Puis il poursuivit : “Ô gens, voici Abou Bakr, c’est l’homme aux cheveux blancs (2) parmi les musulmans ; donnez-lui donc votre allégeance !” Et ils le firent.

Ce récit est rapporté (3) par Abou Dâwoud (4) et At-Tirmidhî dans son ouvrage «Ash-Shamâ’il» (5), selon le hadith de Marhûm ibn ‘Abd Al-‘Azîz Al-‘Attâr, d’après Abou ‘Imrân Al-Jawnî, avec une partie du texte.

Al-Hâfidh Al-Bayhaqî (6) a dit : “Abou ‘Abd Allâh Al-Hâfizh nous a informés, Abou Bakr ibn Is’hâq nous a informés, Ahmad ibn Ibrâhîm ibn Milhân nous a informés, Yahyâ ibn Bukayr nous a rapporté, Al-Layth m’a rapporté d’après ‘Uqayl, selon Ibn Shihâb, qui m’a informé que Abou Salama ibn (7) ‘Abd Ar-Rahmân avait appris de ‘Â’isha ce qui suit : Abou Bakr arriva à cheval depuis sa demeure d’As-Sunh (8). Il descendit de sa monture, entra dans la mosquée sans parler à personne, puis se rendit auprès de ‘Â’isha. Il s’approcha alors du Messager de Dieu (ﷺ), qui était étendu et recouvert (9) d’une étoffe rayée. Il écarta le tissu de son visage, se pencha vers lui pour l’embrasser, puis se mit à pleurer.

Il dit ensuite : “Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager de Dieu ! Par Dieu, Dieu ne t’imposera pas deux morts. Quant à celle qui t’était destinée, tu viens de l’éprouver.””

(1) Dans cette édition : « ne meurt pas ». (2) Dans cette édition : « Sabiyya », une altération. (3) Dans cette édition : « et il a rapporté ». (4) Abū Dāwūd (2137), et c’est un hadith authentique. (5) Ash-Shamāʾil d’at-Tirmidhī (374). (6) Dalāʾil an-Nubuwwa d’al-Bayhaqī (7/215). (7) Dans cette édition : « ʿan » (عن), une altération. Voir Siyar Aʿlām an-Nubalāʾ (4/287). (8) As-Sunḥ : avec une ḍamma sur la première lettre, ou un sukūn sur la deuxième, ou parfois une ḍamma sur la deuxième. C’est l’un des quartiers de Médine où se trouvait la demeure d’Abū Bakr as-Ṣiddīq (que Dieu soit satisfait de lui). Elle est située à la périphérie de la ville et ce sont des demeures d’al-Ḥārith ibn al-Khazraj dans les hauteurs de Médine, distantes d’environ un mille du domicile du Prophète (paix et bénédictions sur lui) (cf. Maʿjam al-Buldān : Sunḥ). (9) Dans les Dalāʾil : « maʿshā ʿalayhi ».
اللَّهُ المنافقين. قالت: ثم جاء أبو بكر فرفعتُ الحجاب، فنظر إليه، فقال: إنا للَّه وإنا إليه راجعون، مات رسولُ اللَّه ﷺ . ثم أتاه من قِبل رَأْسِه فحدَر فاه فَقَبَّل جَبْهَتَهُ ثم قال: وانبيَّاه. ثم رفع رأسَه فحدرَ فاه، وقَبَّل جَبْهَته، ثم قال: واصَفيّاه، ثم رفعَ رأسَه وحدَر فاه وقَبَّلَ جَبْهَته، وقال: واخَليلاه، مات رسولُ اللَّه ﷺ وخرج إلى المسجد، وعمر يخطبُ النَّاسَ، ويتكلَّم ويقول: إنّ رسولَ اللَّه لا يموتُ حتى يُفْنيَ اللَّهُ المنافقين. فتكلَّم أبو بكرٍ فَحَمِدَ اللَّه وأثْنَى عَلَيْه، ثم قال إن اللَّه يقول: ﴿إِنَّكَ مَيِّتٌ وَإِنَّهُمْ مَيِّتُونَ﴾ [الزمر: ٣٠] حتى فرغ من الآية. ﴿وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ وَمَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ﴾ [آل عمران: ١٤٤] ، حتى فرغ من الآية، ثم قال: فَمَنْ كانَ يَعْبَدُ اللَّه فإنَّ اللَّهَ حَيٌّ (١) ، ومَنْ كان يَعْبُد محمدًا فإن مُحَمَّدًا قد مات. فقال عمر: أو أنّها في كتاب اللَّه، ما شعرتُ أنَّها في كتاب اللَّه. ثم قال عمر: يا أيها الناس، هذا أبو بكر، وهو ذو شَيْبَة (٢) المسلمين، فبايِعوه، فبايَعوه. وقد رواه (٣) أبو داود (٤) والترمذي. في "الشمائل" (٥) من حديث مَرْحومِ بن عبد العزيز العَطّار، عن أبي عِمْرانَ الجَوْني به ببعضه. وقال الحافظ البيهقيّ (٦) : أنبأنا أبو عبد اللَّه الحافظ، أخبرنا أبو بكر بن إسحاق، أخبرنا أحمد بن إبراهيم بن مِلْحان، ثنا يحيى بن بكير، ثنا الليث، عن عُقَيْل، عن ابن شهاب، أخبرني أبو سلمة بن (٧) عبد الرحمن أن عائشة أخبرته: أنَّ أبا بكرٍ أقبل على فَرَسٍ من مَسْكَنه بالسُّنْح (٨) ، حتى نزل، فدخل المسجدَ، فلم يكلِّم الناس حتى دخل على عائشة، فيمَّم رسول اللَّه ﷺ -وهو مُسَجًى (٩) ببردِ حِبَرَةٍ، فكشف عن وجهه، ثم أكبَّ عليه فقبَّله، ثم بكى. ثم قال: بأبي أنتَ وأُمّي يا رسولَ اللَّه، واللَّه لا يَجْمَعُ اللَّهُ عليكَ مَوتَتَيْنِ أبدًا، أما الموتةُ التي كُتِبَتْ عليكَ فَقَدْ مُتَّها.
(١) بعده في ط: (لا يموت). (٢) ط: (سبية) تحريف. (٣) ط: (وقد روى). (٤) أبو داود (٢١٣٧)، وهو حديث صحيح. (٥) شمائل الترمذي (٣٧٤). (٦) دلائل النبوة للبيهقي (٧/ ٢١٥). (٧) ط: (عن) تحريف. وانظر سير أعلام النبلاء (٤/ ٢٨٧). (٨) السُّنح: بضم أوله، وسكون ثانيه، وقد يضمّ ثانيه، وهي إحدى محال المدينة كان بها منزل أبي بكر الصديق ﵁ وهي في طرف من أطراف المدينة، وهي منازل الحارث بن الخزرج بعوالي المدينة وبينها وبين منزل النَّبِيّ ﷺ ميل (معجم البلدان: سنح). (٩) في الدلائل: (معشى عليه).

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