Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’imam Aḥmad (1) rapporta : « ʿAffân et Bahz nous ont raconté : “Sulaymân ibn al-Mughīra nous a raconté, Hamīd ibn Hilāl nous a raconté, d’après Abū Burda qui a dit : ‘Je suis entré chez ʿĀʾisha. Elle nous sortit alors un pagne épais fabriqué (2) au Yémen et un manteau de ceux qu’on appelle al-mulabbada. Puis elle déclara : “Le Messager d’Allah (ﷺ) est mort dans ces deux vêtements.”” » Ce récit a été rapporté par tous (3), à l’exception d’an-Nasāʾī, selon plusieurs chaînes de transmission venant de Ḥumayd ibn Hilāl. At-Tirmidhī a jugé ce hadith « bon et authentique ».

L’imam Aḥmad dit encore (4) : « Bahz nous a rapporté : “Ḥammād ibn Salama nous a rapporté, Abū ʿImrān al-Jawnī nous a informés, d’après Yazīd ibn Bābanūs, qui a dit : ‘Mon compagnon et moi sommes allés auprès de ʿĀʾisha. Nous avons demandé la permission d’entrer. Elle nous jeta alors un coussin et rapprocha vers elle le rideau. Mon compagnon lui dit : “Ô Mère des croyants, que dis-tu au sujet de lʿirāk ?” Elle répliqua : “Qu’est-ce que lʿirāk ?” Puis je frappai l’épaule de mon compagnon. Elle dit : “Assez ! Tu as offensé ton frère.” Puis elle ajouta : “Qu’est-ce donc que lʿirāk ? Parlez plutôt de la menstruation et dites ce qu’Allah a dit : « Ils t’interrogent au sujet de la menstruation… » (Coran 2:222).””

Ensuite, ʿĀʾisha poursuivit : “Le Messager d’Allah (ﷺ) s’enveloppait avec moi et touchait ma tête, alors qu’un tissu nous séparait, quand j’étais indisposée. Un jour, il passa près de ma porte et prononça quelques mots dont Allah me fit profiter. Puis il repassa une deuxième et une troisième fois sans rien dire. Je dis alors à ma servante : ‘Pose-moi un coussin près de la porte,’ et je me bandai la tête. Lorsqu’il passa, il me dit : ‘Ô ʿĀʾisha, qu’as-tu ?’ Je répondis : ‘Ma tête me fait souffrir.’ Il répliqua : ‘Ô moi aussi, quelle douleur à la tête !’ Puis il partit. Il ne tarda pas à revenir, apporté, enveloppé dans un manteau. Il entra chez moi et fit appeler les (autres) épouses, puis dit : ‘Je suis souffrant et je ne peux plus passer de l’une à l’autre comme avant. Permettez-moi donc de rester chez ʿĀʾisha.’ (6) Je soignai alors le Prophète (ﷺ) et je n’avais jamais soigné qui que ce soit avant lui.

Un jour, alors que sa tête reposait sur mon épaule, il inclina la tête vers la mienne. J’ai cru qu’il voulait quelque chose de mes cheveux. Mais il tomba de sa bouche une goutte froide qui tomba sur le creux de mon cou et me fit frissonner. J’ai pensé qu’il venait de s’évanouir, alors je l’ai recouvert d’un vêtement. Peu après, ʿUmar et al-Mughīra ibn Shuʿba demandèrent à entrer ; je les y autorisai et je tirai à moi le rideau. En le voyant, ʿUmar dit : ‘Quelle syncope ! Comme l’évanouissement du Messager d’Allah (ﷺ) est intense !’ Puis ils se relevèrent. Arrivés près de la porte, al-Mughīra dit à ʿUmar : ‘Ô ʿUmar, le Messager d’Allah (ﷺ) est mort.’ (8) ʿUmar répondit : ‘Tu mens. Tu es un homme que la tentation agite. Le Messager d’Allah (ﷺ) ne mourra pas avant d’anéantir…’”

(1) Musnad de l’imam Ahmed (6/131). (2) Lecture : (il fait). (3) Al-Bukhārī (3108, 5818), Muslim (2080) (34) et (35), Abū Dāwūd (4036), At-Tirmidhī (1733), et Ibn Mājah (3551). (4) Musnad de l’imam Ahmed (6/219, 220), dont la chaîne de transmission est bonne. (5) Lecture : (elle a dit : « ma »). (6) Dans le Musnad : (ʿĀ’isha ou Safiya). (7) Lecture : (piqûre). (8) Lecture : (j’ai dit). (9) « Taḥwīsuk » signifie une fitna qui t’accompagne, te mêle à elle, et t’encourage à la suivre (An-Nihāya : Ḥaws).
وقال أحمد (١) : حدَّثنا عفان وبَهْزٌ، قالا: ثنا سليمان بن المغيرة، ثنا حميد بن هلال، عن أبي بُرْدَةَ، قال: دخلتُ على عائشة، فاخرجت إلينا إزارًا غليظًا مما صُنِعَ (٢) باليمن، وكساءً من التي يدْعون المُلَبَّدةَ، فقالت: إن رسول اللَّه ﷺ قُبضَ في هذين الثوبين. وقد رواه الجماعه (٣) إِلَّا النسائي من طرق، عن حميد بن هلال به. وقال الترمذي: حسنٌ صحيح. وقال الإمام أحمد (٤) : حدَّثنا بَهْزٌ، ثنا حماد بن سلمة، أنبأنا أبو عِمْران الجَوْني، عن يزيد بن بابَنُوس، قال: ذهبتُ أنا وصاحبٌ لي إلى عائشة، فاسْتَأْذَنا عليها، فألقت لنا وسادةً وجَذبَتْ إليها الحِجابَ. فقال صاحبي: يا أم المؤمنين، ما تقولين في العِراك؟ قالت: وما العِراك؟ فضربتُ مَنكِبَ صاحبي. فقالت: مَهْ (٥) آذَيْتَ أخاك. ثم قالت: ما العِراكُ، المَحيض! قولوا ما قال اللَّه (عز وجل) ﴿الْمَحِيضِ﴾ [البقرة: ٢٢٢] ثم قالت: كان رسول اللَّه ﷺ يَتَوشَّحُني، وينال من رأسي، وبيني وبينه ثوبٌ وأنا حائض. ثم قالت: كان رسولُ اللَّه ﷺ إذا مَرَّ ببابي مما يُلْقي الكلمةَ يَنْفَعني اللَّهُ بها، فمرَّ ذاتَ يومٍ، فلم يَقُلْ شيئًا، ثم مر فلم يقل شيئًا مَرَّتين أو ثلاثًا. فقلتُ: يا جارية ضَعي لي وسادةً على الباب، وعصبتُ رأسي، فمر بي. فقال يا عائشة، ما شأنُك؟ فقلتُ: أشتكي رأسي. فقال: أنا وارأساه، فذهبَ فلم يلبث إِلَّا يسيرًا حتى جيء به محمولًا في كساءٍ، فدخل عليّ، وبعث إلى النساء فقال: إني قد اشتكيتُ، وإني لا أستطيعُ أن أدورَ بينكن فَأْذَنَّ لي فَلأكُنْ عند عائشة (٦) فكنتُ أمرّضُهُ ولم أمرِّض أحدًا قبله، فبينما رأسُه ذاتَ يومٍ على مَنْكبي إذ مال رأسُه نحوَ رَأْسي، فظننتُ أنَّه يريدُ من رأسي حاجةً، فخرجَتْ من فيه نقطةٌ باردةٌ، فوقعَتْ على ثغرة (٧) نحري فاقْشَعَرَّ لها جلدي، فظننتُ أنه غُشيَ عليه، فسَجَّيْتُه ثوبًا، فجاء عمر والمغيرة بن شعبة، فاستأذَنا فأذِنْتُ لهما، وجذَبْتُ إليَّ الحِجاب، فنظرَ عمر إليه، فقال: واغَشياه، ما أشدَّ غَشْيَ رسولِ اللَّه ﷺ ثم قاما، فلما دَنوا من الباب قال المغيرةُ: يا عمر، ماتَ رسول اللَّه ﷺ قال (٨) كَذَبْتَ، بل أنتَ رجلٌ تَحوسُكَ (٩) فتنةٌ. إنَّ رسولَ اللَّه ﷺ لا يموتُ حتى يُفْنيَ
(١) مسند الإمام أحمد (٦/ ١٣١). (٢) ط: (يصنع). (٣) البخاري (٣١٠٨، ٥٨١٨)، ومسلم (٢٠٨٠) (٣٤) و (٣٥)، وأبو داود (٤٠٣٦)، والترمذي (١٧٣٣)، وابن ماجه (٣٥٥١). (٤) مسند الإمام أحمد (٦/ ٢١٩، ٢٢٠)، وإسناده حسن. (٥) ط: (قالت ما). (٦) في المسند: (عائشة أو صفية). (٧) ط: (نقرة). (٨) ط: (قلت). (٩) تحوسك فتنة أي تخالطك وتحثّك على ركوبها (النهاية: حوس).

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