Al-Bukhârî a rapporté (1) : « Nous ont rapporté Zakariyyâ ibn Yahyâ, puis Ibn Numayr, puis Hishâm ibn ‘Urwah, d’après son père, d’après ‘Aïcha, qui a dit : “Le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) ordonna à Abû Bakr de diriger la prière communautaire pendant sa maladie ; ainsi, il dirigeait la prière des fidèles.” » ‘Urwah dit : « Le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) se sentit un peu mieux et sortit, et voici qu’Abû Bakr dirigeait la prière. Lorsqu’Abû Bakr le vit, il voulut se reculer, mais le Prophète (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) lui fit signe de rester où il était. Alors le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) s’assit à côté d’Abû Bakr, tout près de lui. Abû Bakr priait alors en suivant la prière du Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui), et les gens priaient suivant la prière d’Abû Bakr (qu’Allah l’agrée). » Muslim l’a également rapporté (2), selon le hadith de ‘Abd Allâh ibn Numayr.
Dans le Sahîh d’Al-Bukhârî (3), à partir du hadith d’Ibn Wahb, d’après Yûnus, d’après Az-Zuhrî, d’après Hamza ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar, d’après son père, il est dit : « Quand le mal du Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) s’intensifia, il déclara : “Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière communautaire.” ‘Aïcha lança alors : “Ô Messager d’Allah, Abû Bakr est un homme très sensible : s’il se tient à ta place, il sera submergé de sanglots et les gens ne l’entendront pas.” Il répondit : “Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière.” Elle répéta une seconde fois la même objection, et il dit alors : “Vous êtes comme les compagnes de Yûsuf (Joseph) ! Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière.” (4) » Ibn Shihâb (5) a dit : « ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abd Allâh m’a informé qu’il tenait de ‘Aïcha, qui rapportait : “J’ai insisté auprès du Messager d’Allah à ce sujet, et ce qui m’y a poussée, c’est que je craignais que les gens ne considèrent cela comme un mauvais présage pour Abû Bakr. Je savais que personne ne pourrait occuper la place du Prophète (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) sans que les gens n’y voient un signe funeste pour lui. C’est pourquoi j’aurais préféré que le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) désigne quelqu’un d’autre.” »
Dans le Sahîh de Muslim (6), d’après une chaîne de transmission comprenant ‘Abd ar-Razzâq, Ma‘mar et Az-Zuhrî, celui-ci dit : « Hamza ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar m’a informé, d’après ‘Aïcha, qui a dit : “Lorsque le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) entra chez moi, il dit : ‘Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière.’ Je rétorquai : ‘Ô Messager d’Allah, Abû Bakr est un homme très sensible, s’il récite le Coran, il ne peut retenir ses larmes. Pourquoi ne dirigerait-on pas la prière avec un autre qu’Abû Bakr ?’” ‘Aïcha poursuivit : “Par Allah, la seule raison qui me poussait à dire cela était la crainte que les gens ne voient en lui un mauvais présage du fait qu’il soit le premier à succéder au Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui).” Elle dit : “Je revins deux ou trois fois à la charge, puis il me répondit : ‘Qu’Abû Bakr dirige la prière des gens, car vous êtes bien les compagnes de Yûsuf !’” »
Toujours dans les deux Sahîh (7), selon le hadith de ‘Abd Al-Malik ibn ‘Umayr, d’après Abû Burdah ibn Abî Mûsâ, d’après son père, on rapporte : « Le Messager d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) tomba malade et dit : “Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière des gens.” Alors ‘Aïcha s’exclama : “Ô Messager d’Allah, vraiment Abû Bakr…” »