Dasmā (1), enveloppé d’une couverture sur ses épaules, s’assit alors sur le minbar et rappela le prône, en y incluant la recommandation au sujet des Anṣār, jusqu’à dire : « Ce fut la dernière assemblée à laquelle le Messager de Dieu (ﷺ) prit part avant d’être rappelé (c’est-à-dire le dernier sermon qu’il prononça, que la paix et la bénédiction soient sur lui). »
Il a ensuite été rapporté par une autre chaîne de transmission, d’après Ibn ʿAbbās, selon un isnād inhabituel et un texte singulier. Al-Ḥāfiẓ al-Bayhaqī (2) a dit : « ʿAlī ibn Aḥmad ibn ʿAbdān nous a informés, Aḥmad ibn ʿUbayd aṣ-Ṣaffār nous a informés, Ibn Abī Qumash — c’est-à-dire Muḥammad ibn ʿĪsā — nous a relaté, Mūsā ibn Ismāʿīl Abū ʿImrān al-Jabbulī nous a relaté, Maʿn ibn ʿĪsā al-Qazzāz nous a relaté, d’après al-Ḥārith ibn ʿAbd al-Malik ibn ʿAbd Allāh ibn Iyās (3) al-Laythī, d’après al-Qāsim ibn Yazīd ibn ʿAbd Allāh ibn Qusayṭ, d’après son père, d’après ʿAṭāʾ, d’après Ibn ʿAbbās, d’après al-Faḍl ibn ʿAbbās, qui a dit :
« Le Messager de Dieu (ﷺ) vint à moi alors qu’il souffrait d’une fièvre aiguë et qu’il avait bandé sa tête. Il dit : “Prends ma main, ô Faḍl.” Je pris donc sa main jusqu’à ce qu’il s’assît sur le minbar. Puis il dit : “Ô Faḍl, appelle les gens à la prière !” Je m’exécutai, et ils se rassemblèrent. Alors le Messager de Dieu (ﷺ) se mit à parler et déclara :
“Après cela, ô gens ! Il est certain que les droits (4) qui me concernent approchent, tandis que je suis encore parmi vous, et vous ne me reverrez plus à cette place. J’avais pourtant pensé qu’aucun autre que moi ne me suppléerait ici en votre présence. Sachez que si j’ai fouetté le dos de quelqu’un, voici mon dos, qu’il se venge ; si j’ai pris l’argent de quelqu’un, voici mon bien, qu’il le récupère ; et si j’ai attaqué l’honneur de quelqu’un, voici mon honneur, qu’il se fasse justice. Que personne ne dise : ‘Je crains l’hostilité (5) du Messager de Dieu.’ Sachez que l’animosité n’est ni dans mes affaires ni dans mon caractère. En vérité, ceux d’entre vous que j’aime le plus sont ceux qui réclameront leur droit à mon encontre, s’ils en ont un, ou bien qui me pardonneront, afin que je rencontre Dieu (– Exalté soit-Il –) sans porter d’injustice envers personne.”
Un homme parmi l’assistance se leva alors et dit : “Ô Messager de Dieu, j’ai trois dirhams à réclamer de toi.” Le Prophète répondit : “Quant à moi, je ne traite pas de menteur celui qui s’exprime, et je ne lui impose pas de serment. Pourquoi avais-tu trois dirhams contre moi ?” L’homme répondit : “Ne te souviens-tu pas qu’un mendiant passa auprès de toi et que tu m’ordonnas de lui donner trois dirhams ?” Le Prophète dit alors : “Ô Faḍl, donne-les-lui.” Puis il le fit asseoir.
Ensuite, le Messager de Dieu (ﷺ) reprit son propos : “Ô gens ! Que quiconque détient quelque chose indûment pris (ghulûl) le rende !” Un homme se leva et dit : “Ô Messager de Dieu, j’ai trois dirhams que j’ai soustraits indûment lors d’une expédition.” Le Prophète demanda : “Pourquoi les as-tu détournés ?” L’homme répondit : “J’en avais besoin.” Le Prophète dit : “Ô Faḍl, reprends-les-lui.” Il reprit alors son discours initial : “Ô gens ! Que celui qui ressent en lui-même quelque chose se lève, et j’invoquerai Dieu en sa faveur.”
Alors un homme s’avança et dit : “Ô Messager de Dieu, je suis un hypocrite, un menteur et je suis enclin à trop dormir (6).” ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb s’exclama : “Malheur à toi, ô homme ! Dieu t’a déjà caché, pourquoi ne t’es-tu pas préservé ?” Mais le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : “Assez ! Ô fils d’al-Khaṭṭāb, l’opprobre en ce monde est plus léger que…”