Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ensuite, il se lava, puis il sortit pour diriger la prière avec les fidèles, puis il leur adressa un sermon, comme cela a déjà été mentionné dans le hadith d’Aïcha (– paix sur lui –). [Mention des hadiths à ce propos]

Al-Bayhaqî (1) a dit : « Al-Hâkim nous a informés, Al-Aṣamm nous a transmis, de la part d’Ahmad ibn ‘Abd al-Jabbâr, qui le tenait de Yûnus ibn Bukayr, lui-même de Muḥammad ibn Isḥâq, d’après az-Zuhrî, d’après Ayyûb ibn Yashîr : le Messager d’Allah tomba malade et dit : “Versez-moi sept outres d’eau tirées de sept puits différents, afin que je sorte pour donner mes instructions aux gens.” Ils exécutèrent la demande, il sortit et s’assit sur la chaire (minbar). La première chose qu’il mentionna, après avoir loué Allah et fait Son éloge, fut de rappeler le souvenir des Compagnons tombés à Uḥud ; il implora le pardon pour eux et invoqua la miséricorde en leur faveur. Puis il dit : “Ô vous, les Muhâjirîn (Émigrés), vous êtes de plus en plus nombreux, tandis que les Anṣâr (Auxiliaires) conservent leur effectif sans croître. Ils sont mon ‘intimité’ (2), le refuge auprès duquel je suis revenu. Honorez leurs nobles et pardonnez à ceux d’entre eux qui commettent des erreurs.”

Ensuite, il (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) poursuivit : “Ô gens, voici qu’un serviteur parmi les serviteurs d’Allah a reçu le choix entre la vie d’ici-bas et ce qu’il y a auprès d’Allah (3).” Abû Bakr (– qu'Allah soit satisfait de lui –), parmi l’assemblée, saisit le sens de ces propos et se mit à pleurer, en disant : “Non, c’est plutôt nous qui nous sacrifierons pour toi par nos personnes, nos enfants et nos biens.” Le Messager d’Allah (ﷺ) lui dit alors : “Doucement, Abû Bakr. Regardez ces portes qui donnent sur la mosquée ; fermez-les, à l’exception de celle de la maison d’Abû Bakr. En effet, je ne connais personne qui ait, à mes yeux, une meilleure compagnie que lui.” Il s’agit d’un hadith mursal, mais qui possède de nombreux témoignages (shawâhid).

Al-Wâqidî (4) a dit : « Furwa ibn Zubayd ibn Tûsâ m’a rapporté d’Aïcha bint Sa‘d, elle-même de la part de Umm Dharrah, d’Umm Salama (épouse du Prophète (ﷺ)) qui raconta : “Le Messager d’Allah sortit alors qu’il bandait sa tête avec un tissu. Une fois qu’il fut monté sur la chaire, les gens se serrèrent autour de lui et l’observèrent fixement. Il dit : ‘Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, je me tiens en ce moment même auprès du Bassin.’ Puis il prononça l’attestation de foi (shahada). Lorsque son témoignage fut achevé, la première chose qu’il fit fut d’implorer le pardon en faveur des martyrs tués à Uḥud. Ensuite il déclara : ‘Un serviteur parmi les serviteurs d’Allah a reçu le choix entre la vie d’ici-bas et ce qu’il y a auprès d’Allah. Le serviteur a opté pour ce qu’il y a auprès d’Allah.’ Alors Abû Bakr se mit à pleurer et nous fûmes surpris de ses pleurs. Il dit : ‘Puisse mon père et ma mère être sacrifiés pour toi ; nous nous sacrifierons pour toi par nos pères, nos mères, nos âmes et nos biens.’ Or, c’était bien le Messager d’Allah (ﷺ) qui était ce serviteur à qui ce choix fut offert, et Abû Bakr était celui d’entre nous qui connaissait le mieux le Messager d’Allah (ﷺ). Le Prophète ne cessait de lui dire : ‘Doucement.’” »

L’imam Aḥmad (5) a dit : « Abû ‘Âmir nous a rapporté, Fulayḥ nous a rapporté, d’après Sâlim Abû an-Naḍr, d’après Busr (6) ibn Sa‘îd… »

(1) Al-Dalāʾil al-Nubuwwa de al-Bayhaqī (7/177-178). (2) « ʿIbati » signifie « ce qui m'est propre » et « mon lieu secret ». Les Arabes désignent les cœurs et les poitrines par le terme « ʿiyāb », car ce sont les réceptacles des secrets, de même que les vêtements sont les réceptacles des habits (al-Nihāya : ʿIyab). (3) Après le nom divin dans l'édition : « fa ikhtār mā ʿinda Allāh » (« choisis ce qui est auprès de Dieu »). (4) Al-Dalāʾil al-Nubuwwa de al-Bayhaqī (7/178), selon la transmission de al-Wāqidī. (5) Musnad de l’Imām Aḥmad (3/18). (6) Dans l’édition : « Bishr » est une altération. Il s'agit de Busr ibn Saʿīd al-Madanī, le dévot mawla d'Ibn al-Ḥadramī, qui transmit d’Abū Hurayra et Abū Saʿīd, et de lui-même ʿĀlim Abū al-Naḍr, mort à Médine en l’an 100, ou selon certains en 101 (Tahdhīb al-Tahdhīb (1/437-438)).
والسلام اغتسلَ ثم خَرَج فَصَلّى بالناس، ثم خطبهم، كما تقدَّم في حديث عائشة (عليه السلام) . [ذكر الأحاديث الواردة في ذلك] قال البيهقيّ (١) : أنبأنا الحاكم، أخبرنا الأصم، عن أحمد بن عبد الجبار، عن يُونس بن بُكَيْر، عن محمد بن إسحاق، عن الزهري، عن أيوب بن يشير: أنَّ رسولَ اللَّه قال في مرضه: أفيضوا على من سَبْع قِرَب من سَبْع آبارٍ شَتَى، حتى أخْرُجَ فأعْهَدَ إلى الناس. فَفَعلوا، فخَرَج فَجَلس على المِنْبر، فكانَ أولَ ما ذكَرَ بعدَ حَمْد اللَّهِ والثَّنَاءَ عليه، ذَكَر أصحابَ أُحُدٍ، فاستَغْفَر لهم، ودعا لهم، ثم قال: يا معشرَ المُهاجرين إنكم أصْبَحْتُمْ تَزيدون، والأنصارُ على هَيْئَتها لا تزيدُ، وإنهم عَيْبَتي (٢) التي أَوَيْتُ إليها، فأَكْرِموا كَريمَهم وتَجاوزوا عن مُسيئهم. ثم قال (رحمهم الله) : أيُّها النّاسُ إن عَبْدًا من عبادِ اللَّهِ قد خَيَّره اللَّه بين الدنيا وبينَ ما عندَ اللَّه (٣) . ففهمها أبو بكرٍ (رضي الله عنه) ، من بين الناس فبكى، وقال: بل نَحْنُ نَفْديكَ بانفسنا وأبنائِنا وأموالِنا. فقال رسول اللَّه ﷺ : على رِسْلِك، يا أبا بكرٍ؛ انظروا إلى هذه الأبواب الشارعة في المسجد فَسُدُّوها، إِلَّا ما كانَ من بيتِ أبي بكرٍ، فإنِّي لا أعلمُ أحدًا عِنْدي أفضلَ في الصُّحْبة منه. هذا مرسلٌ له شواهد كثيرة. وقال الواقدي (٤) : حدَّثَنِي فَرْوَةُ بن زُبَيْد بن طوسا، عن عائشة بنت سعد، عن أم ذَرَّة، عن أم سَلَمة زوج النَّبِيّ ﷺ ، قالت: خَرَجَ رسول اللَّه عاصِبًا رأسَه بخِرْقَةٍ، فلما اسْتَوى على المِنْبَر تَحَدَّقَ النَّاسُ بالمنبر واسْتَنكَفُّوا. فقال: والذي نَفْسي بيده إنِّي لقائمٌ على الحوضِ الساعة. ثم تَشَهَّدَ فلما قَضَى تشَهُّدَه كان أولَ ما تَكَلَّم به أن اسْتَغْفَرَ للشهداءَ الذين قُتِلوا بأُحُد. ثم قال: إن عَبْدًا من عِبادِ اللَّه خُيِّر بينَ الدُّنْيا وبينَ ما عندَ اللَّهِ، فاختارَ العبدُ ما عندَ اللَّه، فبكى أبو بكر فَعَجِبْنا لبُكائِهِ، وقال: بأبي وأمي نَفْديكَ بآبائنا وأُمَّهاتِنا وأنْفُسنا وأموالنا. فكان رسول اللَّه ﷺ هو المُخَيَّر، وكان أبو بكر أعْلَمَنا برسول اللَّه ﷺ . وجعل رسولُ اللَّه يقول له: على رِسْلِكَ. وقال الإمام أحمد (٥) : حدَّثنا أبو عامر، ثنا فُلَيْحٌ، عن سالم أبي النَّضْر، عن بُسْر (٦) بن سَعيد عن
(١) دلائل النبوة للبيهقي (٧/ ١٧٧ - ١٧٨). (٢) عيبتي أي خاصتي وموضع سرّي، والعرب تكنّي عن القلوب والصدور بالعِياب، لأنها مستودع السرائر، كما أن العياب مستودع الثياب (النهاية: عيب). (٣) بعد لفظ الجلالة في ط: (فاختار ما عند اللَّه). (٤) دلائل النبوة للبيهقي (٧/ ١٧٨) من طريق الواقدي. (٥) مسند الإمام أحمد (٣/ ١٨). (٦) ط: (بشر) تحريف. وهو بُسْر بن سعيد المدني العابد مولى ابن الحضرمي روى عن أبي هريرة وأبي سعيد وعنه سالم أبو النضر مات بالمدينة سنة (١٠٠)، وقيل (١٠١) (تهذيب التهذيب (١/ ٤٣٧ - ٤٣٨).

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