Nafiʽ ibn ʽUmar (1) rapporta qu’Ibn Abî Mulayka, d’après Aïcha, a dit : « Lorsque survint la maladie du Messager de Dieu (ﷺ) au cours de laquelle il rendit l’âme, il déclara : “Faites venir Abou Bakr et son fils, afin que nul ne convoite la charge d’Abou Bakr ni qu’aucun ne la désire (2).” Puis il ajouta par deux fois : “Dieu le refuse, ainsi que les croyants.” » Aïcha poursuit : « Dieu le refusa, tout comme les croyants (3). » Ceci n’a été rapporté par Ahmad que par cette voie.
Et Ahmad (4) dit : « Nous a rapporté Abou Muʽâwiya, qui tenait lui-même d’Abd al-Rahmân ibn Abî Bakr al-Qurachî, d’après Ibn Abî Mulayka, d’après Aïcha : “Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) s’affaiblit considérablement, il dit à Abd al-Rahmân ibn Abî Bakr : ‘Apporte-moi une omoplate ou une planche, afin que j’écrive un ordre en faveur d’Abou Bakr, de sorte qu’aucun désaccord ne survienne à son propos (5).’ Puis, quand Abd al-Rahmân se leva pour aller l’apporter, le Prophète (ﷺ) dit : ‘Dieu et les croyants s’opposent à ce que l’on te conteste, ô Abou Bakr.’” » Ahmad est également le seul à le rapporter d’après cette voie.
Al-Bukhârî (6) rapporte, par la chaîne de transmission allant de Yahyâ ibn Yahyâ à Soulaymân ibn Bilâl, puis à Yahyâ ibn Saʽîd, puis à al-Qâsim ibn Muhammad, d’après Aïcha : « Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “J’ai failli dépêcher quelqu’un vers Abou Bakr et son fils pour établir une recommandation, de peur que certains ne prétendent ensuite ou que d’autres ne se mettent à souhaiter.” Alors je dis (7) : “Dieu s’y refuse et les croyants feront obstacle, ou Dieu fera obstacle et les croyants s’y refuseront.” »
Par ailleurs, il est rapporté dans le “Sahîh” d’al-Bukhârî et de Muslim (8), selon une chaîne de transmission remontant à Ibrâhîm ibn Saʽd, de son père, de Muhammad ibn Jubayr ibn Mutʽim, d’après son père, que : « Une femme vint trouver le Messager de Dieu (ﷺ), qui lui ordonna de revenir le voir. Elle dit alors : ‘Ô Messager de Dieu, si je reviens et que je ne te trouve pas ?’ – comme si elle faisait allusion à la mort. Il répondit : ‘Si tu ne me trouves pas, va voir Abou Bakr.’ » Il semble, Dieu le sait mieux, qu’elle posa cette question au Prophète (ﷺ) pendant la maladie dont il mourut. Que les prières et le salut de Dieu soient sur lui. Il prononça un sermon, le jeudi précédant son décès de cinq jours, au cours duquel il mit en avant le mérite du Véridique (Abou Bakr) par rapport (9) aux autres Compagnons, tout en ayant déjà désigné Abou Bakr comme imam de tous les compagnons, comme nous le verrons. Peut-être ce sermon tenait-il lieu de ce qu’il avait envisagé de consigner par écrit, et il s’était alors lavé (ﷺ) avant ce grand sermon : on versa sur lui l’eau de sept outres dont on n’avait pas dénoué les cordelettes (10). C’était là une forme de remède passant par le chiffre sept, comme l’indiquent d’autres hadiths sur ce thème. Ce qui nous importe ici, c’est qu’il (ﷺ)