Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abbas : « Il s’agit de ʿAlî. » Ainsi, ʿAïcha, l’épouse du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), racontait : « Lorsque le Messager de Dieu entra chez moi et que sa douleur s’intensifia, il dit : “Versez-moi de l’eau provenant de sept outres dont les bouchons n’ont pas été dénoués, peut-être pourrai-je donner mes dernières directives aux gens.” Nous l’avons alors installé dans un grand récipient appartenant à Hafsa, épouse du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), puis nous nous sommes mises à lui verser de cette eau, jusqu’à ce qu’il nous fasse signe de la main que c’était suffisant. »

ʿAïcha poursuivit : « Puis il sortit vers les gens, pria pour eux et leur adressa un discours. » Al-Bukhârî (1) rapporte également ce hadith à d’autres endroits de son “Sahîh”, et Muslim (2) le rapporte selon différentes chaînes de transmission d’après az-Zuhrî.

Al-Bukhârî (3) a dit : « Ismâʿîl nous a rapporté — Sulaymân ibn Bilâl nous a rapporté — Hishâm ibn ʿUrwa a dit : Mon père m’a informé d’après ʿAïcha : Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) interrogeait, durant la maladie dont il mourut : “Où serai-je demain ? Où serai-je demain ?” Il voulait dire : le jour dédié à ʿAïcha. Ses épouses lui permirent donc de résider où il le souhaitait, et il demeura chez ʿAïcha jusqu’à sa mort. »

ʿAïcha (qu’Allah l’agrée) dit : « Il est mort le jour où il devait être chez moi, dans ma maison. Dieu l’a rappelé, alors que sa tête reposait entre mon cou et ma poitrine, et sa salive s’est mêlée à la mienne. » Elle raconta encore : « ʿAbd ar-Rahmân ibn Abî Bakr entra, tenant un siwâk (bâtonnet à dents) qu’il utilisait. Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) le regarda, alors je dis : “Donne-moi ce siwâk, ʿAbd ar-Rahmân.” Il me le remit, je l’ai mâché pour l’assouplir, puis je l’ai donné au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), et il s’en servit en s’appuyant contre ma poitrine. Al-Bukhârî est le seul à rapporter cela selon cette chaîne. »

Al-Bukhârî (5) rapporta : « ʿAbd Allâh ibn Yûsuf nous a informés — al-Layth nous a informés — Ibn al-Hâd m’a informé, d’après ʿAbd ar-Rahmân ibn al-Qâsim, d’après son père, d’après ʿAïcha, qui a dit : “Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) est mort alors qu’il était bien entre ma poitrine et mon menton. Je ne détesterai plus jamais la dureté de la mort pour qui que ce soit, après (ce qui est arrivé) au Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui).” »

Al-Bukhârî (7) a également dit : « Ḥibbân (8) nous a rapporté — ʿAbd Allâh nous a informés — Yûnus nous a informés, d’après Ibn Shihâb. Celui-ci dit : ʿUrwa m’a informé que ʿAïcha lui a raconté : “Lorsque le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) ressentait un mal, il soufflait sur lui-même avec les sourates protectrices (al-muʿawwidhât) et passait ensuite sa main (sur l’endroit douloureux). Mais quand survint la maladie qui entraîna sa mort, j’ai commencé à souffler sur lui avec ces mêmes sourates qu’il utilisait, et je passais sa main sur (son corps)…” »

(1) al-Bukhārī 198, 665, 2588. (2) Muslim (418). (3) al-Bukhārī (4450). (4) Al-saḥr : le poumon, c’est-à-dire qu’il est mort, et il est appuyé sur son thorax ainsi que ce qui borde son saḥr (An-Nihāya : Saḥr). (5) al-Bukhārī (4446). (6) Ibn al-ʿAthīr a dit dans son commentaire de ce hadith : « Al-Ḥāqinah » : la dépression située entre les clavicules au niveau du pharynx. Et al-Dhāqinah : le menton ; d’autres ont dit le bord du pharynx, ou ce que le menton touche du thorax (An-Nihāya : Ḥaqn - Dhiqn). (7) al-Bukhārī (4439). (8) Ḍa : (Ḥayyān) est une altération. Il s’agit de Ḥibbān ibn Mūsā ibn Sawwār al-Sulamī Abū Muḥammad al-Marwazī al-Kushmīhīnī. Al-Bukhārī et Muslim ont rapporté de lui. Il est décédé en 233 de l’Hégire (Tahdhīb al-Tahdhīb 2/174-175).
عباس: هو عليّ. فكانت عائشة زوج النَّبِيّ ﷺ تُحَدِّثُ أنَّ رسولَ اللَّه لما دخلَ بيتي واشْتَدَّ به وَجَعُه، قال: هَريقوا عَلَيَّ من سبع قِرَب لم تُحللْ أوْكيتُهن، لَعَلِّي أعْهَدُ إلى الناسِ، فأَجْلَسنَاهُ في مِخْضبٍ لحفصة زوجِ النَّبِيّ ﷺ ، ثم طَفِقْنا نصبُّ عليه من تِلكَ القِرَبِ حتى طَفِقَ يُشير إلينا بيده أن قد فَعَلْتُنَّ. قالت عائشة: ثم خرجَ إلى النَّاسِ فَصَلَّى لهم وخَطَبَهُم. وقد رواهُ البخاري (١) أيضًا في مواضعَ أُخَرَ من "صحيحه" ومسلم (٢) من طرقٍ عن الزهري به. وقال البخاريّ (٣) : حدَّثنا إسماعيل، ثنا سُلَيْمان بن بلالٍ، قال هشام بن عُرْوة، أخبرني أبي، عن عائشة. أنَّ رسولَ اللَّه ﷺ كان يَسألُ في مرضه الذي مات فيهِ: أيْنَ أنا غدًا؟ أين أنا غدًا؟ يريد يومَ عائشة، فأذِن له أزواجُه أنْ يكونَ حَيْثُ شاءَ، فكان في بيتِ عائشةَ حتى مات عندها. قالت عائشة (عليه السلام) : فَماتَ في اليومِ الذي كانَ يَدورُ عليَّ فيه في بيتي، وقَبَضهُ اللَّه، وإن رأسه لبين سَحري (٤) ونَحْري، وخالط ريقُه ريقي. قالت: وَدَخَل عبد الرحمن بنُ أبي بكرٍ، ومعه سواكٌ يَسْتنُّ به، فنظَر إليه رسولُ اللَّهِ ﷺ ، فقلت له: أعْطِني هذا السِّواكَ يا عبد الرحمن، فأعطانيه فقَضِمْتُهُ، ثم مَضَغْتُهُ فأعطيته رسول اللَّه ﷺ ، فاسْتَنّ به، وهو مسندٌ إلى صدري. انفردَ به البخاريّ من هذا الوجه. وقال البخاري (٥) : أخبرنا عبد اللَّه بن يوسف، ثنا الليث، حدّثني ابن الهاد، عن عبد الرحمن بن الفاسم، عن أبيه، عن عائشة، قالت: مات النبيُّ ﷺ وأنه لبينَ حاقنتي وذاقنتي (٦) ، فلا أكْرَهُ شِدَّةَ المَوْتِ لأحدٍ أبدًا بعد النبيِّ ﷺ . وقال البخاريّ (٧) : حدَّثنا حبان (٨) ، أخبرنا عبد اللَّه، أخبرنا يونس، عن ابن شهاب، قال: أخبرني عروة: أنَّ عائشةَ أخْبَرتْه: أنَّ رسولَ اللَّه ﷺ كان إذا اشتكى نَفَثَ على نَفْسه بالمُعَوِّذاتِ، ومَسَحَ عنه بيده، فلما اشْتَكَى وَجَعه الذي تُوُفِّي فيه طَفِقْتُ أنْفُثُ عليه بالمُعَوِّذات التي كان يَنْفُثُ، وأمْسَحُ بيدِ
(١) البخاري ١٩٨، ٦٦٥، ٢٥٨٨. (٢) مسلم (٤١٨). (٣) البخاري (٤٤٥٠). (٤) السَّحْر: الرئة، أي أنه (رحمهم الله) مات، وهو مستند إلى صدرها وما يحاذي سَحْرَها منه (النهاية: سحر). (٥) البخاري (٤٤٤٦). (٦) قال ابن الأثير في شرح هذا الحديث، "الحاقنة": الوهدة المنخفضة بين الترقوتين من الحلق. والذاقنة: الذقن، وقيل طرف الحلقوم وقيل ما يناله الذقن من الصدر (النهاية: حقن - ذقن). (٧) البخاري (٤٤٣٩). (٨) ط: (حيان) تحريف. وهو حبان بن موسى بن سوار السلمي أبو محمد المروزي الكُشْميهني. روى عنه البخاري ومسلم. توفي سنة ٢٣٣ هـ (تهذيب التهذيب ٢/ ١٧٤ - ١٧٥).

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