«… jusqu’à ma maison, et tu y célèbres alors ta nuit de noces avec l’une de tes épouses.» Elle (Aïcha) dit : «Le Messager d’Allah (ﷺ) sourit, puis son mal s’aggrava (1) alors qu’il circulait parmi ses épouses, jusqu’à ce que la douleur devînt très intense chez Maymouna. Il convoqua alors ses épouses et leur demanda la permission d’être soigné dans ma chambre, et elles le lui accordèrent.
Elle poursuivit : «Le Messager d’Allah sortit soutenu par deux hommes de sa famille. L’un d’eux était al-Fadl ibn al-‘Abbâs et l’autre homme, la tête bandée, traînait presque les pieds sur le sol, jusqu’à ce qu’il entrât chez moi.» ‘Ubayd Allah raconta : «J’ai alors rapporté cela à Ibn ‘Abbâs. Celui-ci me dit : “Sais-tu qui était l’autre homme ? C’était ‘Ali ibn Abî Tâlib.”» Et ce hadith possède des chaînes de transmission concordantes qui viendront sous peu.
Al-Bayhaqî (2) rapporte : «Al-Hâkim nous raconta, al-Aṣamm nous raconta, Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbâr nous raconta, [d’après] Yūnus ibn Bukayr, [d’après] Muḥammad ibn Isḥâq qui dit : “Ya‘qūb ibn ‘Utba m’a rapporté, d’après al-Zuhrî, d’après ‘Ubayd Allah ibn ‘Abd Allah, d’après ‘Â’isha.” Celle-ci raconta : “Le Messager d’Allah vint me voir alors qu’il avait mal à la tête (il souffrait), et moi-même je me plaignais de la mienne.
Je dis : ‘Ah, ma tête !’ Il me répondit : ‘Moi aussi, par Allah, ô ‘Aïcha, [je me plains de] ma tête !’ Puis il dit : ‘Qu’est-ce que cela te ferait si tu mourais avant moi ? Je prendrais alors en charge tes funérailles, je prierais sur toi et je t’ensevelirais.’ Je répondis : ‘Par Allah, j’imagine bien que si cela arrivait, tu reviendrais dans la maison, au bout de la journée, pour y être avec l’une de tes autres épouses !’ Le Messager d’Allah se mit à rire, puis son mal s’intensifia. L’épreuve fut très forte pour lui alors qu’il se déplaçait encore entre ses épouses, jusqu’à ce qu’il fût pris en charge chez Maymouna.
Les membres de sa famille se rassemblèrent autour de lui. Al-‘Abbâs dit : ‘Nous voyons bien que le Messager d’Allah souffre de pleurésie (dhât al-janb). Allons, donnons-lui un remède !’ Ils le lui administrèrent donc de force (3). À son réveil, le Messager d’Allah (ﷺ) dit : ‘Qui a fait cela ?’ Ils répondirent : ‘C’est ton oncle al-‘Abbâs ; il craignait que tu n’aies la pleurésie.’ Le Messager d’Allah répliqua : ‘Cette maladie vient du diable et Allah ne me laisserait pas être attaqué par lui. Que nul dans la maison ne soit épargné par ce remède que vous m’avez administré, excepté mon oncle al-‘Abbâs !’ Ils firent donc boire ce remède de force à toute la maisonnée, y compris Maymouna qui jeûnait, et cela sous les yeux du Messager d’Allah (ﷺ).
Ensuite, il demanda encore à ses épouses la permission d’être soigné dans ma chambre, et elles le lui accordèrent. Il sortit alors, soutenu par al-‘Abbâs et un autre homme que l’on ne nomma pas, les pieds traînant sur le sol. ‘Ubayd Allah dit : ‘Ibn ‘Abbâs expliqua : “L’autre homme était ‘Ali ibn Abî Tâlib.”’
Al-Bukhârî (5) a dit : ‘Sa‘îd ibn ‘Ufair nous a rapporté — al-Layth nous a rapporté — ‘Uqayl m’a rapporté, d’après Ibn Shihâb, lequel m’a informé que ‘Ubayd Allah ibn ‘Abd Allah ibn ‘Utba raconta : “Aïcha, l’épouse du Prophète (ﷺ), dit : ‘Lorsque l’état du Messager d’Allah s’aggrava et que sa maladie fut très douloureuse, il demanda la permission à ses épouses pour être soigné dans ma maison, et elles le lui accordèrent. Il sortit alors, soutenu par deux hommes, tandis que ses pieds traînaient sur le sol, entre al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muṭṭalib (6) et un autre homme.’
‘Ubayd Allah ajouta : ‘J’ai rapporté aux oreilles de ‘Abd Allah — c’est-à-dire Ibn ‘Abbâs — les propos d’Aïcha. ‘Abd Allah ibn ‘Abbâs me dit : “Sais-tu qui était l’autre homme dont ‘Aïcha n’a pas prononcé le nom ?” Je dis : “Non.”’ Ibn… »»