Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Vous l’espérez après avoir abattu les chefs, tout comme on espère la feuille arrivée à maturité (1).
Qu’aucun orgueilleux ne saisisse une occasion propice pour rompre l’espoir de celui qui attend.

On rapporte alors qu’Hassân ibn Thâbit lui répondit (2) en ces termes (mètre « al-mutaqârib ») :

« Banû Wâ’il et Banû Wâqif,
Et Khaṭma au-devant de Banû al-Khazraj ;
Chaque fois qu’elle lance un appel insensé – hélas pour elle –,
Accompagné de ses plaintes, la mort survient.
Elle a alors secoué un jeune homme à la noble lignée,
Généreux dans ses démarches et dans ses retraits ;
Il l’a aspergée de sang frais
Après un temps d’accalmie, sans la moindre hésitation.
»

Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) en fut informé, il dit : « Qui donc se chargera pour moi de la fille de Marwân ? » C’est alors qu’‘Umayr ibn ‘Adiyy entendit cela. Le soir même, il se rendit chez elle et la tua (6). Au matin, il annonça : « Ô Messager de Dieu, je l’ai tuée. » Le Prophète (ﷺ) déclara : « Tu as secouru Dieu et Son Messager, ‘Umayr. » ‘Umayr demanda : « Ô Messager de Dieu, dois-je quelque chose à son sujet ? » Il répondit : « Même deux chèvres ne s’affronteraient pas à ce propos (7). » ‘Umayr revint alors vers les siens, qui se disputaient quant à la légitimité de ce meurtre. Elle avait cinq fils. Il leur dit : « C’est moi qui l’ai tuée ; unissez-vous tous contre moi si vous le pouvez, et ne tardez pas. » Ce fut le premier jour où l’islam s’éleva en dignité parmi les Banû Khaṭma ; beaucoup d’entre eux embrassèrent alors l’islam, impressionnés par sa force.

Ensuite, on raconta l’expédition au cours de laquelle Thumâma ibn Uthâl al-Ḥanafî fut capturé, ainsi que ses circonstances de conversion à l’islam, relatées précédemment dans les hadiths authentiques (ṣaḥîḥ). Ibn Hishâm a rapporté qu’il fut celui au sujet duquel le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : « Le croyant ne mange qu’avec un seul intestin, alors que le mécréant mange avec sept intestins », faisant référence à la frugalité qu’il adopta après son islamisation.

De plus, quand Thumâma quitta Médine, il entra à La Mecque pour y accomplir la ‘umra, en proférant la talbiya. Les Mecquois voulurent l’en empêcher, mais il refusa et les menaça de leur couper toute provision venue de Yamâma. De retour chez lui, il leur coupa effectivement les vivres jusqu’à ce que le Messager de Dieu (ﷺ) lui écrive, après quoi il reprit l’envoi des provisions vers La Mecque.

Un membre des Banû Ḥanîfa déclara à ce propos :
« Et de chez nous vient celui qui, à La Mecque, prononça la talbiya dans l’iḥrâm,
Au grand dépit d’Abû Sufyân, durant les mois sacrés. »

(1) Dans la Sīra (référence Muraqq) (2) Les vers sont dans le Dīwān de Ḥassān, Dār Ṣādir, vol. 1, p. 449. (3) Éd. : (ʿUrfa, Karīm al-Madkhal) et ce qu’il a établi concernant la Sīra et le Dīwān. (4) Éd. : (Baʿīd). (5) Après lui dans le Dīwān : فأوردك الله برد الجنا … نِ جذلان في نعمة المولج (6) Éd. : (Qataltuhā). (7) Éd. : (Lā tantaṭiḥ). C’est un proverbe arabe ancien, que j’ai cité dans mon ouvrage « Maʿjam al-Amthāl al-ʿArabiyya » : (ʿAnz - Naṭaḥ). Les sources y figurant sont : al-Fākhir de al-Ḍabbī, p. 312 ; Majmaʿ al-Amthāl, vol. 2, p. 225 ; Jumhūrat al-Amthāl, vol. 2, pp. 376 et 403 ; al-Mustaqṣā fī al-Amthāl, vol. 2, p. 277. (8) Le terme ne figure pas dans l’édition.
تُرَجُّونَهُ بعدَ قَتْلِ الرُّؤوسِ … كَمَا يُرْتَجَى وَرَقُ (١) المُنْضَجِ ألا أنِفٌ يَبْتَغي غِرَّةً … فَيَقْطَعَ منْ أمَلِ المُرْتَجي قال فأجابها حسان بن ثابت فقال (٢) : [من المتقارب] بَنُو وائِلٍ وبَنو وَاقِفِ … وخَطْمَةُ دُونَ بني الخَزْرجِ مَتَى ما دَعَتْ سَفَهًا وَيْحَها … بِعَوْلَتِها والمَنايَا تَجي فَهَزَّتْ فَتًى مَاجدًا عِرْقُهُ (٣) … كريمَ المَداخل والمَخْرَجِ فَضَرَّجَها منْ نَجيعِ الدِّمَاءَ … بَعْد (٤) الهُدُوِّ فَلَمْ يَحْرَجِ (٥) فقال رسول اللَّه ﷺ حينَ بَلَغَهُ ذلك: ألا آخِذٌ لي من ابنةِ مَرْوان، فسَمِعَ ذلك عُمَيْر بن عديٍّ، فلما أمْسى من تلك الليلة سَرَى عليها فَقَتَلها (٦) . ثم أصبحَ فقال: يا رسول اللَّه، قَتَلْتُها. فقال: نصرتَ اللَّهَ ورسولَه يا عُمَيْر. قال: يا رسولَ اللَّه هل عليّ من شأنها؟ قال: لا يَنْتَطحُ (٧) فيها عَنْزان. فرجعَ عُمَيْر إلى قومه وهم يَخْتَلفون في قَتْلها، وكان لها خَمْسَةٌ بَنون. فقال: أنا قَتَلتُها، فكيدوني جميعًا، ثم لا تُنْظِرون. فذلك أول يوم عَزَّ الإسلامُ في بني خَطْمَةَ، فأسلمَ منهم بَشَرٌ كثير، لما رَأَوْا منْ عِزِّ الإسلام. ثم ذَكَرَ البعثَ الذين أسروا ثُمامة بن أُثالٍ الحَنَفيَّ، وما كان من (٨) أمره في إسلإمه، وقد تقدَّم ذلك. في الأحاديث الصحاح. وذكر ابنُ هشام: أنَّه هو الذي قال فيه رسول اللَّه ﷺ : "المُؤْمنُ يَأْكُلُ في مِعًى واحدٍ، والكافِرُ يأكلُ في سَبْعَةِ أمْعاءٍ" . لما كان من قلّةِ أكله بعد إسلامه، وأنّه لما انْفَصَلَ عن المَدينةِ دخلَ مَكَّة مُعْتَمرًا وهو يُلَبِّي فَنَهاهُ أهلُ مكَّةَ عن ذلك فأبَى عليهم، وتوعَّدهم بقَطْع الميرةِ عنهم من اليَمامة، فلما عاد إلى اليَمامة منعهم المِيرَة حتَّى كتبَ إليه رسول اللَّه ﷺ فأعادَها إليهم. وقال بعض بني حنيفة: ومنَّا الَّذي لَبّى بمكَةَ مُحْرِمًا … بِرَغْمِ أبي سُفيان في الأشْهُرِ الحُرْمِ
(١) في السيرة (مرق). (٢) الأبيات في ديوان حسان - دار صادر - (١/ ٤٤٩). (٣) أ، ط: (عرفة، كريم المدخل) وما أثبته عن السيرة والديوان. (٤) ط: (بعيد). (٥) بعده في الديوان: فأوردك اللَّه بَرْدَ الجِنا … نِ جذلان في نعمة المَوْلج (٦) ط: (قتلتها). (٧) ط: (لا تنتطح). وهو من الأمثال العربية القديمة أوردته في كتابي "معجم الأمثال العربية": (عنز - نطح) ومصادره فيه: الفاخر للضبي ٣١٢، ومجمع الأمثال (٢/ ٢٢٥)، وجمهرة الأمثال (٢/ ٣٧٦ و ٤٠٣) والمستقصى في الأمثال (٢/ ٢٧٧). (٨) ليس اللفظ في ط.

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