À Khaybar, al-Yasîr regretta d’avoir entrepris son expédition. ‘Abd Allâh ibn Unays s’aperçut qu’il s’apprêtait à saisir son épée, alors il le frappa de son sabre et lui sectionna (1) le pied. Al-Yasîr porta un coup à la tête de ‘Abd Allâh ibn Unays avec un miḫraš (2) en bois de šawḥaṭ (3), le blessant. Puis chacun des musulmans s’attaqua au combattant juif qui lui faisait face et le tua, à l’exception d’un seul homme qui s’échappa à pied (4). Lorsqu’ibn Unays revint, le Messager de Dieu (ﷺ) cracha sur sa blessure à la tête, qui ne s’enflamma pas et ne lui causa aucune douleur.
J’ai dit : Je pense que la deuxième expédition à Khaybar eut lieu lorsque le Prophète (ﷺ) l’envoya pour estimer (5) la production des palmiers de Khaybar. Dieu est plus savant.
Il y eut aussi l’envoi de ‘Abd Allâh ibn ‘Atîk et de ses compagnons à Khaybar, où ils tuèrent Abû Râfi‘ le Juif (6). Puis il dépêcha ‘Abd Allâh ibn Unays vers Khâlid ibn Sufyân ibn Nubayh, qu’il tua à ‘Ura nah (7). Ibn Isḥâq rapporta ici le récit détaillé (8), déjà mentionné pour l’année cinq. Dieu est plus savant.
Ensuite, il y eut l’expédition de Zayd ibn Hâritha, Ja‘far et ‘Abd Allâh ibn Rawâḥa à Mu’ta en terre syrienne, où ils furent tués comme cela fut relaté. Le Prophète envoya aussi Ka‘b ibn ‘Umayr (9) (10) à Dhât Aṭlâḥ, en territoire syrien, où ils périrent tous également.
Il y eut enfin l’envoi de ‘Uyayna ibn Ḥiṣn ibn Ḥudhayfa ibn Bad r (11) contre Banû l-‘Anbar, du clan de Tamîm : il attaqua ces derniers et captura plusieurs personnes. Leur délégation vint auprès du Messager de Dieu (ﷺ) pour réclamer la libération de leurs prisonniers. Il en affranchit certains et en libéra d’autres contre rançon.
Le Prophète (ﷺ) envoya aussi Ghâlib ibn ‘Abd Allâh (12) dans le pays de Banû Murra, où Mirdâs ibn Nahîk, un allié des Banû Murra de la tribu des Ḥuraqa de Juhayna, fut tué par Usâma ibn Zayd et un homme des Anṣâr qui l’avaient rejoint. Lorsqu’ils brandirent leurs armes, il s’écria : « Lâ ilâha illâ Allâh » (Il n’est de dieu que Dieu). À leur retour, le Messager de Dieu (ﷺ) leur adressa un reproche très sévère. Ils expliquèrent qu’il n’avait prononcé ces mots que pour se protéger du meurtre. Le Prophète (ﷺ) demanda alors à Usâma : « Ne pouvais-tu pas lui ouvrir le cœur (pour savoir ses intentions) ? » Et il lui répétait : « Que feras-tu de “Lâ ilâha illâ Allâh” au Jour de la Résurrection ? » Usâma déclara