L’an onze de l’Hégire débuta alors que le convoi noble et béni du Prophète (ﷺ) venait de s’établir à Médine, la ville prophétique purifiée, à son retour du Pèlerinage d’Adieu. Au cours de cette année, des événements considérables se produisirent, dont le plus marquant fut le décès du Messager d’Allah (ﷺ). Allah (– glorifié soit Sa majesté –) l’a cependant fait passer de cette demeure éphémère à la félicité éternelle dans une demeure élevée et sublime, au rang le plus haut du Paradis, au-dessus duquel il n’y a pas de degré plus élevé ni plus noble. Ainsi qu’Il a dit : « Et l’au-delà sera pour toi meilleur que la vie présente. Et ton Seigneur t’accordera certes [Sa faveur], et alors tu seras satisfait » (sourate Ad-Douhâ, v. 4-5).
C’était après qu’il (ﷺ) eut pleinement accompli la mission que Dieu lui avait ordonné de transmettre, qu’il eut prodigué ses conseils à sa communauté, les orientant vers tout ce qu’il savait être leur bien, et les mettant en garde et leur interdisant tout ce qui leur causerait préjudice, ici-bas et dans l’au-delà.
Nous avons déjà rapporté ce que consignent les deux auteurs du « Sahîh » d’après le récit d’Omar ibn Al-Khattâb : en effet, il a dit que ce verset – « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait, et J’agrée l’islam comme religion pour vous » (sourate Al-Mâ’ida, v. 3) – fut révélé un vendredi, tandis que le Messager d’Allah (ﷺ) se tenait à ‘Arafât.
Nous avons également rapporté, selon une chaîne de transmission recevable, qu’Omar ibn Al-Khattâb pleura lorsque ce verset fut révélé. On lui demanda alors : « Pourquoi pleures-tu ? » Il répondit : « Après la perfection, il ne saurait y avoir que la diminution. » Il pressentait ainsi la mort du Prophète (ﷺ).
Le Prophète (ﷺ) y fit allusion dans une tradition rapportée par Mouslim (1), d’après le hadith d’Ibn Jurayj, selon Abou Az-Zoubayr, d’après Jâbir, où le Messager d’Allah (ﷺ), se tenant près de la stèle de la Djamara de ‘Aqaba, nous déclara : « Prenez de moi vos rites, car il se peut que je ne fasse plus le pèlerinage après cette année-ci. »
Nous avons présenté précédemment ce que rapportent les deux huffâzh, Abou Bakr Al-Bazzâr et Al-Bayhaqî (2), selon un hadith de Mûsâ ibn ‘Ubayda Ar-Rabadhî, d’après Sadaqa ibn Yassâr, selon Ibn ‘Oumar : « Cette sourate – “Lorsque vient le secours d’Allah et la victoire” (sourate An-Nasr) – fut révélée au milieu des jours de Tachrîq, et le Messager d’Allah (ﷺ) comprit qu’il s’agissait d’un adieu. Il ordonna donc que l’on prépare sa chamelle Al-Qaswâ’, puis il prononça son sermon ce jour-là, comme il a été évoqué. »
C’est également ce qu’exposa ‘Abd Allah ibn ‘Abbâs (– qu'Allah soit satisfait de lui –) à l’attention d’Omar ibn Al-Khattâb, lorsque ce dernier l’interrogea sur le commentaire de cette sourate devant nombre de Compagnons, afin de mettre en évidence la valeur, l’avance et le savoir de Ibn ‘Abbâs, alors que certains d’entre eux le blâmaient de l’avoir fait passer en premier.