Et Ismâ‘îl ibn Mûsâ, ces trois-là le tiennent de Sharîk. An-Nassâ’î l’a également rapporté(1) d’après Ahmad ibn Sulaymân, d’après Yahyâ ibn Âdam, d’après Isrâ’îl, selon la même chaîne. Et At-Tirmidhî a dit qu’il s’agissait d’un hadith « bon, authentique et rare ».
Sulaymân ibn Qaram – qui est abandonné (matrûk) – l’a rapporté d’Abû Isḥâq, d’Ḥubshî ibn Junâdah, lequel a entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire, le jour de Ghadîr Khumm : « Celui dont je suis le maître, ‘Alî en est le maître. Ô Dieu, sois l’Allié de celui qui l’allie et l’ennemi de celui qui lui est ennemi ». Il en a ainsi mentionné le hadith.
L’historien Abû Ya‘lâ al-Mawṣilî a déclaré : « Nous a rapporté Abû Bakr ibn Abî Shaybah : Sharîk nous a informés, d’après Abû Yazîd al-Awdî, d’après son père, qui dit : “Abû Hurayrah entra dans la mosquée et les gens se rassemblèrent autour de lui. C’est alors qu’un jeune homme se leva et lui dit : ‘Je t’adjure par Dieu ! As-tu entendu le Messager de Dieu dire : « Celui dont je suis le maître, ‘Alî en est le maître. Ô Dieu, sois l’Allié de celui qui l’allie et l’ennemi de celui qui lui est ennemi » ?’ Il répondit : ‘Oui.’” » Ibn Jarîr l’a également rapporté par la voie d’Abû Kurayb, d’après Shâdhân, d’après Sharîk, selon la même chaîne. Idrîs al-Awdî l’a corroboré, d’après son frère Abû Yazîd – dont le nom est Dâwud ibn Yazîd –, selon la même autorité. Ibn Jarîr l’a également rapporté à partir d’Idrîs et Dâwud, d’après leur père, d’après Abû Hurayrah, puis il l’a mentionné.
Pour ce qui est du hadith rapporté par Ḍamrah, d’après Ibn Shawdhab, d’après Maṭar al-Warrâq, d’après Shahr ibn Ḥawshab, d’après Abû Hurayrah, ce dernier dit : « Quand le Messager de Dieu (ﷺ) prit la main de ‘Alî, il dit : “Celui dont je suis le maître, ‘Alî en est le maître.” Alors Dieu – qu’Il soit exalté – fit descendre : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous Mon bienfait » (Al-Mâ’ida, 5 : 3). » Abû Hurayrah aurait ajouté : « C’était le jour de Ghadîr Khumm. Quiconque jeûne ce jour-là, c’est-à-dire le 18 Dhû al-Ḥijja, se voit inscrire la récompense de soixante mois de jeûne. » Cela constitue un hadith très réprouvé (munkar), voire mensonger, car il contredit ce qui est établi dans les deux Ṣaḥîḥ, à savoir le témoignage de l’Amîr al-Mu’minîn ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, selon lequel ce verset est descendu un vendredi, jour de ‘Arafât, alors que le Messager de Dieu (ﷺ) s’y trouvait, comme nous l’avons déjà mentionné. De même, l’affirmation selon laquelle jeûner le 18 Dhû al-Ḥijja, correspondant au jour de Ghadîr Khumm, équivaudrait à soixante mois de jeûne est infondée, puisque, selon ce qui est établi dans le « Ṣaḥîḥ », le jeûne du mois de Ramaḍân équivaut à dix mois de récompense ; comment donc un seul jour pourrait-il valoir soixante mois ? C’est faux.
Notre maître, l’historien ḥâfiẓ Abû ‘Abd Allâh adh-Dhahabî, après avoir rapporté ce hadith, a déclaré : « C’est un hadith extrêmement réprouvé (munkar). » Il fut rapporté par Ḥabshûn al-Khallâl et Aḥmad ibn ‘Abd Allâh ibn Aḥmad an-Nayrî – qui sont tous deux des transmetteurs fiables – d’après ‘Alî ibn Sa‘îd ar-Ramlî, d’après Ḍamrah. Adh-Dhahabî dit : « On le rapporte(3) aussi d’‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, Mâlik ibn al-Ḥuwayrith, Anas ibn Mâlik, Abû Sa‘îd et d’autres encore au moyen de chaînes de transmission faibles. » Il ajouta : « Le début de ce hadith est diffusé par de nombreuses voies (mutawâtir), et je suis convaincu que le Messager de Dieu (ﷺ) l’a bien prononcé. Quant à la suite, “Ô Dieu, sois l’Allié de celui qui…” »