“Que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. Au sujet du tracé dans le sable, il dit : ‘En vérité, il y avait un prophète qui le pratiquait ; et celui dont le tracé correspond au sien, voilà (le bon).’ (1)
Beaucoup de savants en exégèse et en jurisprudence prétendent qu’il fut le premier à parler de cela et l’appellent Hermès (2) l’aîné des Hermès. Ils lui attribuent maints propos mensongers, comme ils en ont inventé à l’encontre d’autres prophètes, savants, sages et saints.
La parole de Dieu – Exalté soit-Il : « Et Nous l’avons élevé à un rang élevé » [Maryam : 57] est à comprendre comme il est rapporté dans les deux recueils authentiques, dans le récit de l’Ascension (Isrâ’), où l’on raconte que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) passa auprès de lui alors qu’il se trouvait au quatrième ciel.
Ibn Jarîr (3) rapporte, selon Yûnus, d’après ‘Abd al-A‘lá, d’après Ibn Wahb, d’après Jarîr ibn Hâzim, d’après al-A‘mash, d’après Shimr ibn ‘Atiyyah, d’après Hilâl ibn Yassâf, qui raconte : Ibn ‘Abbâs interrogea Ka‘b, alors que j’étais présent, et lui dit : « Quel est le sens de la parole de Dieu au sujet d’Idrîs : ‘Et Nous l’avons élevé à un rang élevé’ [Maryam : 57] ? » Ka‘b répondit : « Quant à Idrîs, Dieu lui révéla que chaque jour je lui élèverais (le bilan) de ses œuvres à l’égal de l’ensemble des actes des enfants d’Adam — peut-être ceux de son époque. Il voulut donc augmenter ses œuvres. Un ami parmi les anges vint à lui. Idrîs lui dit : ‘Dieu m’a révélé telle et telle chose. Intercède donc auprès de l’Ange de la Mort, afin que j’accroisse mes œuvres.’ L’ange le porta alors entre ses ailes et s’éleva avec lui au ciel. Arrivés au quatrième ciel, l’Ange de la Mort descendit à leur rencontre. L’ange l’interrogea au sujet de la requête d’Idrîs. L’Ange de la Mort demanda : ‘Où est Idrîs ?’ Il répondit : ‘Le voici, sur mon dos.’ L’Ange de la Mort reprit : ‘C’est étonnant ! J’ai été envoyé avec l’ordre de saisir l’âme d’Idrîs au quatrième ciel et je me disais : comment pourrais-je prendre son âme au quatrième ciel alors qu’il est sur terre ?’ Il saisit donc son âme là-bas. C’est à cela que renvoie la parole de Dieu – Exalté soit-Il : ‘Et Nous l’avons élevé à un rang élevé’ [Maryam : 57]. »
Ibn Abî Hâtim (4) rapporte un récit similaire à propos de ce verset. Il y est également mentionné qu’Idrîs dit à l’ange : « Demande pour moi à l’Ange de la Mort : combien me reste-t-il à vivre ? » L’ange le lui demanda en sa présence : « Combien lui reste-t-il à vivre ? » Il dit : « Je n’en sais rien, je dois vérifier. » Puis il ajouta : « Tu m’interroges à propos d’un homme à qui il ne reste plus de sa vie que le temps d’un clin d’œil. » Alors l’ange baissa le regard sous son aile vers Idrîs, et il constata qu’il était déjà mort à son insu.
Cela relève des traditions israélites, dont certains éléments semblent contestables. Quant à la parole transmise par Ibn Abî Najîh, d’après Mujâhid (5), au sujet de ce verset « Et Nous l’avons élevé à un rang élevé » [Maryam : 57], affirmant qu’Idrîs fut élevé sans mourir, à l’instar de ‘Isâ (Jésus), si l’intention est qu’il n’est pas mort jusqu’à ce jour, cela prête à interrogation. Mais s’il s’agit plutôt de dire qu’il fut élevé vivant au ciel, puis que son âme y fut saisie, cela ne contredit pas le récit transmis par Ka‘b al-Ahbâr. Et Dieu est plus savant.”