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Sur la présentation du hadith indiquant que le Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) prononça un sermon dans un lieu situé entre La Mecque et Médine, à son retour du Pèlerinage d’adieu, près de la région d’al-Jouhfa – connue sous le nom de Ghadîr Khumm. Dans ce sermon, il exposa le mérite d’Ali ibn Abî Tâlib et l’innocenta de ce que certains de ses compagnons, alors avec lui au Yémen, avaient pu dire à son sujet, à cause du comportement équitable qu’il adopta envers eux et que certains prenaient pour de l’injustice, de la sévérité ou de l’avarice, alors qu’il agissait avec justesse. C’est pourquoi, lorsqu’il eut fini d’exposer les rites (du pèlerinage) et qu’il rentra à Médine, il clarifia la situation en chemin, lors d’un grand sermon prononcé le dix-huitième jour de Dhû al-Hijja de cette année-là, un dimanche, à Ghadîr Khumm, sous un arbre se trouvant à cet endroit. Il y déclara plusieurs choses et évoqua les qualités d’Ali, sa confiance, sa justice et son rang auprès de lui, dissipant ainsi les soupçons qu’un grand nombre de gens nourrissaient à l’égard de ce compagnon.
Nous allons rapporter les principaux hadiths cités à ce propos et préciser leur degré d’authenticité ou de faiblesse, avec l’aide et la force de Dieu. Abû Ja‘far Muhammad ibn Jarîr al-Tabarî, auteur du “Tafsîr” et de “l’Histoire”, s’est largement penché sur ce hadith et a réuni deux volumes où il énumère ses différentes chaînes de transmission et formulations, sans distinguer avec précision, selon l’usage de nombreux traditionnistes, entre ce qui est fiable et ce qui ne l’est pas. De même, le grand h.âfiz Abû al-Qâsim ibn ‘Asâkir a rapporté de nombreux hadiths sur ce sermon. Pour notre part, nous rapporterons l’essentiel de ce qui a été transmis, tout en signalant qu’il n’y a là, à la vérité, aucun argument ni fondement pour les chiites, comme nous l’expliquerons et le relèverons.
Nous disons, et Dieu est notre recours :
Muhammad ibn Ishâq (1), dans son récit du Pèlerinage d’adieu, raconte : « Yahyâ ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abd al-Rahmân ibn Abî ‘Amra m’a informé, de la part de Yazîd ibn Talha ibn Yazîd ibn Rukâna, que lorsque ‘Alî revint du Yémen pour rejoindre le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) à La Mecque, il se hâta pour arriver avant son armée et laissa le commandement de celle-ci à l’un de ses compagnons. Celui-ci prit alors l’initiative de vêtir chacun des soldats d’une tunique prélevée parmi les étoffes confiées par ‘Alî. Quand l’armée approcha, ‘Alî sortit à sa rencontre et constata que tous portaient ces tuniques. Il s’écria : “Malheur à toi ! Qu’est-ce donc ?” Son remplaçant répondit : “J’ai habillé les hommes pour qu’ils paraissent élégants aux yeux des gens.” Alors ‘Alî reprit : “Malheur à toi ! Retire ces vêtements avant d’arriver auprès du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut).” On les leur ôta donc, et on les rendit à leur place dans les étoffes. L’armée manifesta alors son mécontentement de ce qui lui était imposé. »
Ibn Ishâq ajoute (1) : « ‘Abd Allâh ibn ‘Abd al-Rahmân ibn Ma‘mar ibn Hazm m’a informé d’après Sulaymân ibn Muhammad ibn Ka‘b ibn ‘Ujra, de la part de sa tante Zaynab bint Ka‘b – qui fut l’épouse d’Abû Sa‘îd al-Khudrî (2) – rapportant d’Abû Sa‘îd : “Les gens se plaignirent de ‘Alî. Alors le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) se leva et nous adressa un sermon. Je l’entendis dire : ‘Ô gens, ne vous plaignez pas d’Ali, par Dieu…’” »