Un groupe de savants estime que la raison de ce raccourcissement (de la prière) est liée aux rites du pèlerinage, comme l’ont également affirmé certains savants malékites et d’autres. Ils disent : « Et celui qui a prétendu que le Prophète (ﷺ) disait à Mina, aux habitants de La Mecque : “Accomplissez la prière dans son entièreté, car nous sommes des voyageurs”, s’est trompé. En réalité, le Messager d’Allah (ﷺ) a prononcé ces paroles l’année de la Conquête, alors qu’il campait à Al-Abtah, comme il a été mentionné plus haut. Allah est le plus Savant. »
Le Prophète (ﷺ) jetait les trois jamarates chaque jour des Jours de Mina après le déclin du soleil, comme l’a rapporté Jâbir précédemment. Il le faisait en marchant, selon Ibn ‘Umar cité plus haut, lançant sept petits cailloux sur chaque jamra, en prononçant le takbîr à chaque jet. Il s’arrêtait alors devant la première jamra et la deuxième pour invoquer Allah (– glorifié soit Sa majesté –), mais il ne marquait pas d’arrêt devant la troisième.
Abû Dâwud (1) a rapporté : « ‘Alî ibn Bahr et ‘Abd Allâh ibn Sa‘îd (rapport identique) nous ont transmis : Abû Khâlid al-Ahmar, d’après Muhammad ibn Ishâq, d’après ‘Abd ar-Rahmân ibn al-Qâsim, d’après son père, d’après ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée), qui a dit : “Le Messager d’Allah (ﷺ) a quitté (La Mecque) en fin de journée, après avoir accompli la prière de midi, puis il est retourné à Mina, où il demeura durant les jours de Tachrîq. Il jetait alors les cailloux sur la jamra une fois le soleil décliné, chaque jamra recevant sept petits cailloux, et il prononçait le takbîr à chaque lancer. Il marquait ensuite un arrêt devant la première et la deuxième jamra, prolongeait sa station (2) et multipliait ses supplications, mais pour la troisième, il ne s’arrêtait pas.”” Seul Abû Dâwud a rapporté cette version.
Al-Bukhârî (3) rapporte, par plusieurs chaînes de transmission, selon Yûnus ibn Yazîd, d’après az-Zuhrî, d’après Sâlim, d’après Ibn ‘Umar, que celui-ci jetait sept cailloux sur la jamra la plus proche (al-dunyâ), en prononçant le takbîr à chaque lancer. Puis il s’avançait jusqu’à s’éloigner un peu, se plaçait face à la qibla et restait longtemps debout à invoquer Allah, les mains levées. Ensuite, il jetait ses cailloux sur la deuxième jamra (al-wustâ), prenait sur sa gauche un endroit un peu dégagé, puis faisait de même : il se tournait vers la qibla, invoquait Allah, levait les mains et prolongeait sa station. Après quoi, il jetait des cailloux sur la jamra de ‘Aqaba depuis le fond de la vallée et ne s’y arrêtait pas. Enfin, il s’en allait en disant : “Voilà comment j’ai vu le Messager d’Allah (ﷺ) l’accomplir.”
Wabra ibn ‘Abd ar-Rahmân a rapporté : « Ibn ‘Umar est demeuré debout auprès de la jamra de ‘Aqaba pendant un temps équivalant à la récitation de la sourate Al-Baqara. » Abû Mijlaz a dit : « J’ai estimé qu’il y restait aussi longtemps que durerait la récitation de la sourate Yûsuf. » Al-Bayhaqî (7) les a mentionnés.
L’imam Ahmad (8) a dit : « Sufyân ibn ‘Uyayna nous a rapporté, d’après ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr, d’après son père, d’après Abû al-Baddâh (9), d’après son père, que le Messager d’Allah (ﷺ) avait accordé une dispense aux bergers : ils pouvaient lapider les jamarates un jour et s’en abstenir le jour suivant. »