Cet homme a été déclaré menteur par Ibn Maʿīn, et jugé faible par Aḥmad, Abū Zurʿa, Abū Ḥātim, Ibn Ḥibbān et d’autres (1). Et Dieu est plus savant.
Kaʿb al-Aḥbār dit : « Nul n’a de barbe au Paradis si ce n’est Adam, dont la barbe est noire et descend jusqu’à son nombril. Et nul n’y est désigné par une kunya excepté Adam : sa kunya ici-bas est Abū al-Bashar (père de l’humanité) et, au Paradis, Abū Muḥammad. »
Ibn ʿAdī a rapporté, d’après la chaîne de transmission de Shaykh (2) b. Abī Khālid, de Ḥammād b. Salama, de ʿAmr b. Dīnār, de Jābir b. ʿAbd Allāh, dans un ḥadīth remontant au Prophète (marfūʿ) : « Les hôtes du Paradis seront interpellés par leurs prénoms, à l’exception d’Adam : on l’appellera par sa kunya, Abū Muḥammad » (3). Ibn ʿAdī (4) l’a également rapporté, dans une version attribuée à ʿAlī b. Abī Ṭālib, mais ce ḥadīth est faible sous tous ses aspects. Et Dieu est plus savant.
Il y est aussi question du ḥadīth de l’Isrāʾ, rapporté par les deux Ṣaḥīḥ : lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) passa près d’Adam, alors qu’il se trouvait au premier ciel, il lui dit : « Bienvenue à l’enfant vertueux ! » Puis le Prophète (ﷺ) remarqua qu’à la droite d’Adam se tenaient des foules, et à sa gauche d’autres foules. Quand Adam regardait à sa droite, il souriait, et quand il regardait à sa gauche, il pleurait. Je demandai alors : « Ô Jibrīl (Gabriel) ! Qui sont-ils ? » Il répondit : « C’est Adam, et celles-ci sont les âmes de ses descendants : lorsqu’il s’oriente vers les gens de droite, ceux qui iront au Paradis, il rit ; et quand il se tourne vers les gens de gauche, ceux qui iront en Enfer, il pleure. » (5) Tel est le sens du ḥadīth.
Abū Bakr al-Bazzār a déclaré : « Muḥammad b. al-Muthannā nous a rapporté, Yazīd b. Hārūn nous a rapporté, Hišām b. Ḥassān nous a informés d’après al-Ḥasan, qui a dit : “L’intelligence d’Adam équivalait à celle de tous ses enfants.” » (6)
Certains savants ont expliqué, à propos de la parole du Prophète (ﷺ) : « Je suis passé près de Yūsuf (Joseph) et il avait reçu la moitié de la beauté », que cela signifie qu’il possédait la moitié de la beauté d’Adam (– paix sur lui –). Cela se comprend, car Allah façonna Adam de Sa main généreuse et insuffla en lui de Son Esprit, et Il ne l’aurait créé que sous la plus belle apparence.
Nous avons également rapporté, de ʿAbd Allāh b. ʿAmr et d’Ibn ʿUmar, tant sous forme de propos attribués directement (mawqūf) qu’attribués au Prophète (marfūʿ) : « Lorsque Dieu créa le Paradis, les anges dirent : “Ô notre Seigneur, accorde-le-nous, car Tu as créé le bas-monde pour les fils d’Adam afin qu’ils y mangent et y boivent.” Dieu, exalté soit-Il, répondit : “Par Ma Gloire et Ma Majesté, jamais Je ne mettrai sur le même rang la descendance pieuse de celui que J’ai créé de Ma propre Main avec celui à qui J’ai simplement dit “Sois !” et il fut.” » (7)
Par ailleurs, il est transmis dans les deux Ṣaḥīḥ et par diverses voies que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « En vérité, Dieu a créé Adam… »