D’après Ḥabīb, al-Ṭabarānī (1) déclara : « Il s’agit de (Ḥabīb) fils d’Abī Thābit, d’après ʿAṭāʾ, d’après Ibn ʿAbbās (2). Ainsi, Ḥamza al-Zayyāt s’est acquitté de son rôle, et la chaîne de transmission (isnād) du ḥadith est solide. Et Dieu est plus savant. »
Al-Bukhārī (3) a dit : « Musaddad nous a rapporté, d’après Yaḥyā, d’après Ibn Jurayj, qui a dit : “ʿAbd Allāh, affranchi d’Asmāʾ, m’a rapporté d’après Asmāʾ qu’elle s’était arrêtée à Muzdalifa la nuit de Jamʿ. Elle se leva pour prier et pria un moment puis demanda : ‘Mon fils, la lune s’est-elle couchée ?’ (Je répondis : ‘Non.’ Elle pria encore un certain temps, puis redemanda : ‘La lune s’est-elle couchée ?’) (4) Je dis : ‘Oui !’ Elle dit : ‘Allons-y !’ Nous nous mîmes donc en route et nous avançâmes jusqu’à ce qu’elle ait jeté les pierres (jamra). Ensuite, elle revint et accomplit la prière de l’aube dans sa demeure. Je lui dis : ‘Ô toi, il me semble que nous sommes partis quand il faisait encore sombre.’ Elle répondit : ‘Mon fils ! Le Messager de Dieu (ﷺ) a autorisé les femmes (à partir plus tôt).’ » Muslim (5) l’a également rapporté ainsi, selon Ibn Jurayj.
Si Asmāʾ bint al-Ṣiddīq jeta les pierres avant le lever du soleil sur ordre explicite, comme il est dit ici, son témoignage est privilégié par rapport à celui d’Ibn ʿAbbās, car la chaîne de transmission de son ḥadith est plus fiable. À moins que l’on ne dise : « Les jeunes serviteurs sont plus prompts et plus alertes que les femmes », si bien qu’on leur ordonna de ne pas lancer les pierres avant le lever du soleil, alors qu’on l’autorisa pour les femmes, qui ont plus de difficultés et un plus grand besoin de discrétion. Et Dieu est plus savant. Mais si Asmāʾ l’a fait sans ordre précis, alors le ḥadith d’Ibn ʿAbbās l’emporte sur son simple acte.
Toutefois, la première hypothèse se trouve renforcée par le propos d’Abū Dāwūd : « Muḥammad b. Khallād al-Bāhilī nous a rapporté ; Yāḥyā nous a rapporté d’après Ibn Jurayj ; ʿAṭāʾ m’a informé qu’un narrateur m’a rapporté de la part d’Asmāʾ qu’elle avait jeté les pierres de nuit. Je lui dis : ‘Pour notre part, nous avons jeté (la jamra) de nuit !’ Elle répondit : ‘Nous agissions ainsi à l’époque du Prophète (ﷺ).’ »
Al-Bukhārī (8) dit encore : « Abū Nuʿaym nous a rapporté, d’après Aflah b. Ḥumayd, d’après al-Qāsim b. Muḥammad, d’après ʿĀʾisha, qui raconta : “Nous nous arrêtâmes à Muzdalifa et Sawda demanda au Prophète (ﷺ) la permission de repartir avant que la foule ne se presse. C’était une femme lente, alors il l’y autorisa. Elle partit donc avant que les gens ne soient nombreux. Pour notre part, nous restâmes jusqu’au matin, puis nous suivîmes son départ. J’aurais préféré, quant à moi, avoir sollicité du Messager de Dieu (ﷺ) la même permission qu’avait demandée Sawda, plus que n’importe quoi d’autre dont on se réjouit.” » Muslim (10) le rapporte également, selon al-Qaʿnabī, d’après Aflah b. Ḥumayd. Ils l’ont tous deux retransmis.