Al-Tirmidhī a dit (1) : « Nous a rapporté Abū Saʿīd al-Ashajj, nous a rapporté ʿAbd Allāh ibn al-Ajlaḥ, d’après Ismāʿīl ibn Muslim, d’après ʿAṭāʾ, d’après Ibn ʿAbbās qui a dit : “Le Messager de Dieu nous fit prier à Minā la prière de ẓuhr (midi), de ʿaṣr (après-midi), de maghrib (coucher du soleil), de ʿishāʾ (soir) et de fajr (aube). Puis il se rendit à ʿArafāt.”” Puis (al-Tirmidhī) dit : “Quant à Ismāʿīl ibn Muslim, on a émis des réserves à son sujet.” Dans le même chapitre (bāb), sont rapportés les hadiths de ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr et d’Anas ibn Mālik.
Imām Aḥmad a dit (2) : « Nous a rapporté Yazīd ibn ʿAbd Rabbihi, nous a rapporté al-Walīd ibn Muslim (3), d’après ʿUthmān ibn Abī al-ʿĀtika, d’après ʿAlī ibn Yazīd, d’après al-Qāsim, d’après Abū Umāma, d’après celui qui a vu le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) : “Il se rendit à Minā le jour de al-Tarwiyya, avec Bilāl (4) à ses côtés, tenant dans la main un bâton couvert d’un tissu pour faire de l’ombre au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), à cause de la chaleur.” » C’est un hadith rapporté uniquement par Aḥmad.
Al-Shāfiʿī a explicitement mentionné qu’il (que Dieu l’agrée) partit de l’al-Abṭaḥ vers Minā après la déclinaison du soleil, tout en priant le ẓuhr à Minā. On peut s’appuyer sur ce hadith pour le justifier. Dieu est plus savant.
Il a été rapporté plus haut dans le hadith de Jaʿfar ibn Muḥammad, d’après son père, d’après Jābir, qui a dit : “Tous les gens rompirent leur iḥrām et se coupèrent les cheveux, à l’exception du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) et de ceux qui avaient emmené une offrande (hady) avec eux. Puis, lorsque vint le jour de al-Tarwiyya, ils se dirigèrent vers Minā et firent l’intention du ḥajj. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) partit et pria là-bas le ẓuhr, le ʿaṣr, le maghrib, le ʿishāʾ et le fajr. Il attendit un peu jusqu’au lever du soleil, puis il ordonna de dresser pour lui une tente en poil de chameau à Namira (5). Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) se mit alors en marche, et Quraysh ne doutait pas qu’il s’arrêterait au Mashʿar al-Ḥarām, comme elle avait coutume de le faire à l’époque préislamique. Mais le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) poursuivit sa route jusqu’à ʿArafāt, où il trouva la tente déjà dressée à Namira. Il y descendit, et lorsque le soleil parvint à son zénith, il ordonna que la chamelle al-Qaṣwāʾ fût préparée. Il se rendit au creux de la vallée et s’adressa aux gens en disant :
“En vérité, vos sangs et vos biens vous sont sacrés, tout comme est sacré ce jour-ci, dans ce mois-ci, dans cette cité-ci. Sachez que toute chose de la période préislamique est abolie et placée sous mes pieds. Le premier sang (de la Jāhiliyyah) que j’abolie parmi les nôtres est celui du fils de Rabīʿa ibn al-Ḥārith, qui était nourri chez Banū Saʿd et fut tué par Hudhayl. L’usure (ribā) de la Jāhiliyyah est abolie, et la première usure que j’abolis est la nôtre, celle de ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib : elle est abolie en totalité. Craignez Dieu à propos des femmes, car vous les avez prises sous la garantie de Dieu et vous avez rendu licites leurs intimités par la parole de Dieu. Elles ne doivent pas faire entrer chez vous quiconque vous détestez ; si elles le font…”” (6) (7).