Muslim (1). Quant à l’imam Ahmad, il rejeta cet avis et déclara (2) : « Onze Compagnons l’ont rapporté, alors qu’en est-il de ce récit par rapport à ceux-là ? » De son côté, il (– qu'Allah lui fasse miséricorde –) autorisa le fait de basculer d’un rite à l’autre (al-faskh) pour ceux qui ne faisaient pas partie des Compagnons. Ibn ‘Abbâs (– qu'Allah soit satisfait de lui –), quant à lui, affirma qu’il était obligatoire de procéder à ce basculement pour quiconque n’avait pas conduit l’offrande (al-hady). Selon lui, la personne se trouve légitimement autorisée (à sortir de son état d’ihrâm) dès lors qu’elle a fait le tawâf autour de la Ka‘ba sans avoir mené d’offrande ; elle devient aussitôt licite à partir de ce moment. Par ailleurs, il ne concevait (3) comme mode de pèlerinage (nusuk) que le qirân pour celui qui a mené l’offrande et le tamattu‘ pour celui qui ne l’a pas fait. Et Dieu est plus savant.
Al-Bukhârî (4) a dit : « Nous raconta Abû an-Nu‘mân, nous raconta (5) Hammâd ibn Zayd, d’après ‘Abd al-Malik ibn Jurayj, d’après ‘Atâ’, d’après Jâbir, et d’après Tâwûs, d’après Ibn ‘Abbâs. » Ils relatèrent : « Le Prophète ﷺ et ses Compagnons arrivèrent au matin du quatrième jour de Dhû al-Hijja en prononçant la talbiya pour le Hajj, sans y mêler quoi que ce fût. Puis, lorsque nous sommes arrivés, il nous ordonna de transformer en ‘Umra et de devenir licites vis-à-vis de nos épouses. La nouvelle se répandit ainsi (7).
‘Atâ’ rapporta que Jâbir ajouta : “L’un de nous allait jusqu’à Minâ avec son membre encore dégoulinant de semence.” Jâbir fit alors un geste de la main. Et la chose parvint au Prophète ﷺ, qui déclara : “J’ai appris que certains disent ceci ou cela. Par Dieu, je suis plus intègre et plus pieux devant Dieu qu’eux. Si j’avais su à l’avance ce que je sais à présent, je n’aurais pas conduit d’offrande ; et si je n’avais pas avec moi l’offrande, je serais bien sorti de l’état d’ihrâm.” Alors, Surâqa ibn Ju‘shum se leva et demanda : “Ô Messager de Dieu, cela nous est-il réservé au seul présent, ou pour toujours ?” Il répondit : “Non, c’est pour toujours.”
Muslim (8) (9) a quant à lui rapporté : « Nous raconta Qutayba, nous raconta al-Layth – c’est Ibn Sa‘d –, d’après Abû az-Zubayr, d’après Jâbir, qui dit : “Nous sommes venus en état d’ihrâm (10) avec le Messager de Dieu ﷺ pour un Hajj ifrâd, tandis que ‘Â’isha était venue pour une ‘Umra. Lorsque nous fûmes à Suhaf, elle eut ses menstrues (11). À notre arrivée, nous accomplîmes le tawâf autour de la Ka‘ba, puis celui de Safâ et Marwa, et le Messager de Dieu ﷺ nous ordonna à tous ceux qui n’avaient pas conduit d’offrande de sortir de l’état d’ihrâm.” Il poursuivit : “Nous dîmes : ‘Sortir de l’ihrâm de quelle manière ?’ Il répondit : ‘Sortir complètement.’ Alors, nous eûmes des rapports avec nos épouses, nous nous sommes parfumés et avons porté nos habits (12), alors qu’il ne restait que quatre nuits avant ‘Arafât.”
Ces deux hadith établissent clairement qu’il ﷺ arriva à La Mecque l’année du Pèlerinage d’Adieu (Hajjat al-Wadâ‘) au matin du quatrième jour de Dhû al-Hijja, soit un dimanche, après que le soleil se fut déjà élevé dans le ciel (13). En effet, le premier jour de Dhû al-Hijja cette année-là correspondait à un jeudi sans divergence, car on sait que le jour de ‘Arafât alors tomba un…»