Le juge du Yémen, Abū Aḥmad Muḥammad ibn ʿAbd Allāh az-Zubayrī, ainsi que Muʿtamir ibn Sulaymān (1), ont rapporté d’après Ayman ibn Nābil al-Ḥabashī, Abū ʿImrān al-Makkī, résident à ʿAsqalān, affranchi d’Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq (2), lequel est un transmetteur fiable et considérable figurant parmi les rapporteurs d’al-Bukhārī. Celui-ci rapporte que Qudāmah ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAmmār al-Kilābī vit le Messager d’Allāh (ﷺ) lancer les cailloux de la Djamra le jour du Sacrifice, depuis le fond de la vallée, sur une chamelle rousse, sans recourir aux coups ni au châtiment (5), ni dire « ilayka ilayka ». C’est ainsi que l’a également rapporté at-Tirmidhī (3), d’après Aḥmad ibn Manīʿ, d’après Marwān ibn Muʿāwiyah ; an-Nasāʾī (4), d’après Isḥāq ibn Rāhūyah ; et Ibn Mājah (5), d’après Abū Bakr ibn Abī Shaybah — tous deux l’ayant reçu de Wakīʿ, lui-même d’Ayman ibn Nābil, puis de Qudāmah — comme le rapporte aussi l’imām Aḥmad. At-Tirmidhī a jugé ce hadith « ḥasan ṣaḥīḥ » (bon et authentique).
[▪] Jābir a dit dans son hadith : « Lorsque son dernier ṭawāf se fit auprès de Marwa, il déclara : “Si j’avais su d’avance ce que je sais à présent, je n’aurais pas conduit le sacrifice (hady).” » Rapporté par Muslim. On en déduit l’avis de ceux qui considèrent que le saʿy entre Ṣafā et Marwa s’effectue en quatorze parcours, chaque aller-retour étant compté (6) une seule fois. C’est ce qu’ont affirmé plusieurs grandes autorités shāfiʿites. Cependant, ce hadith leur oppose un argument, car, selon leur opinion, le dernier tour devrait se terminer à Ṣafā et non à Marwa (7). C’est d’ailleurs ce que souligne Aḥmad en rapportant le hadith de Jābir : « Lorsque le septième tour fut à Marwa, il dit : “Ô gens, si j’avais su d’avance ce que je sais à présent, je n’aurais pas conduit le sacrifice et j’en aurais fait une ʿumra. Que celui qui n’a pas de sacrifice se désacralise et la considère comme une ʿumra.” Ainsi, tout le monde rompit l’iḥrām. » De son côté, Muslim ajoute : « Tout le monde rompit l’iḥrām et se coupa les cheveux, à l’exception du Prophète (ﷺ) et de ceux qui possédaient un sacrifice. »
[▪] Ensuite, de nombreux Compagnons ont rapporté qu’il (– paix sur lui –) ordonna à qui n’avait pas conduit de sacrifice de passer du ḥajj à la ʿumra, tant et si bien qu’il serait trop long de les énumérer ici (9). L’ouvrage “al-Aḥkām al-Kabīr”, s’il plaît à Dieu, en offre le recensement détaillé. Les savants ont divergé sur ce point. Mālik, Abū Ḥanīfa et aš-Šāfiʿī soutiennent que cette permission fut spécifique aux Compagnons, avant d’être abrogée pour les suivants. Ils se basent sur la parole d’Abū Dharr (– qu'Allah soit satisfait de lui –) : « La possibilité de transformer le ḥajj en ʿumra n’a été accordée qu’aux Compagnons de Muḥammad (ﷺ). » Rapporté par