Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis il le rejeta, l’enterra et le recouvrit. Lorsqu’il le vit faire cela, il s’exclama : « Ô malheur à moi ! Suis-je donc incapable d’être comme ce corbeau et de cacher la nudité de mon frère ? » (Al-Mâ’ida, 31). Il fit ensuite comme l’avait fait le corbeau : il le recouvrit et l’enterra.

Les historiens et les spécialistes des récits rapportent qu’Adam fut profondément affecté par la mort de son fils Hâbîl et qu’il exprima sa tristesse dans des vers, tels qu’ils sont mentionnés par Ibn Jarîr (1), d’après Ibn Humayd :

[Du mètre al-wâfir]
« La contrée et ceux qui l’habitent ont changé…
Et le visage de la terre est devenu terne et laid.
Tout ce qui avait couleur et goût s’est altéré…
Et la gaieté du visage agréable s’est raréfiée. »

Adam reçut alors cette réponse :

[Du mètre al-wâfir]
« Ô père de Hâbîl ! Ils ont tous deux perdu la vie ;
Le vivant est désormais semblable au mort immolé.
Une nouvelle est survenue, qu’on redoutait déjà ;
Elle fut rapportée, accompagnée de cris. »

Ces vers suscitent toutefois des doutes. Il se peut qu’Adam – paix sur lui – ait prononcé dans sa propre langue des paroles exprimant son chagrin et que certains les aient ensuite recomposées sous cette forme poétique. Divers avis existent à ce sujet, et Dieu seul sait.

Mujâhid a par ailleurs rapporté que Qâbîl fut frappé d’un châtiment immédiat le jour où il tua son frère : sa jambe fut attachée à sa cuisse, et son visage fut tourné vers le soleil, quel que soit son parcours, en signe de représailles et de châtiment prompt pour son péché, son injustice et son envie envers son frère, pour satisfaire ses parents (2).

Il est également rapporté dans le hadith du Messager de Dieu (paix et salut sur lui) qu’il a dit : « Il n’est point de péché qui mérite davantage que Dieu hâte son châtiment en ce monde, tout en le réservant aussi pour l’au-delà, que l’excès (baghy) et la rupture du lien de parenté » (3).

Dans le livre que possèdent les Gens du Livre, qu’ils prétendent être la Torah, j’ai lu que Dieu – exalté soit-Il – lui accorda un sursis et le laissa en vie, et qu’il s’installa dans le pays de “Noud”, à l’est d’Éden. Ils l’appellent “Qinîn” (Caïn). Il eut un fils nommé “Khnoukh” (Hénok), de Khnoukh naquit “Andar”, d’Andar “Mahwaïl”, de Mahwaïl “Metouchîl”, et de Metouchîl “Lamek”. Ce dernier épousa deux femmes, “Adhâ” et “Sallâ”. Adhâ mit au monde un fils nommé “Ibal”, premier à habiter sous des tentes et à acquérir des biens. Elle engendra également “Nawîl”, premier à jouer du “wanj” et du “sanaj” (4). Sallâ enfanta un fils nommé “Choublatîn”, premier artisan du cuivre et du fer, et une fille nommée “Na‘mâ”.

(1) Dans le Tafsīr (4/530‑531) et dans l’Histoire (1/145). Dans le Tafsīr : la couleur de la terre. (2) Rapporté par Ibn Jarīr dans le Tafsīr (4/528). (3) Rapporté par Aḥmad dans le Musnad (5/36 et 38), et Abū Dāwūd (4902) dans l’éthique, al-Tirmidhī (2511) dans la description du Jour de la Résurrection, Ibn Mājah (4211) dans la Zuhd (ascétisme), al-Ḥākim dans al-Mustadrak (2/162) et Ibn Ḥibbān dans son Ṣaḥīḥ (455) dans le chapitre de l’Iḥsān, tous d’après Abū Bakrah (que Dieu soit satisfait de lui). Al-Tirmidhī a dit : authentique. (4) Al-Wanj : un type de cordes ou de luth ou d’instrument à cordes. As-Ṣanǧ : un objet fabriqué en ṣufr (cuivre) que l’on frappe l’un contre l’autre.
ثم ألقاه ودفنَه وواراه، فلما رآه يصنعُ ذلك، قال: ﴿يَاوَيْلَتَا أَعَجَزْتُ أَنْ أَكُونَ مِثْلَ هَذَا الْغُرَابِ فَأُوَارِيَ سَوْءَةَ أَخِي﴾ [المائدة: ٣١] . ففعلَ مثلَ ما فعلَ الغرابُ، فواراه ودفنَه. وذكر أهلُ التواريخ والسِّير؛ أنَّ آدمَ حَزِنَ على ابنه هابيل حزنًا شديدًا، وأنَّه قال في ذلك شعرًا، وهو قوله فيما ذكره ابن جرير (١) ، عن ابن حميد: [من الوافر] تَغيَّرتِ البلادُ ومَنْ عليها … فوجهُ الأرضِ مُغْبَرٌّ قَبيحُ تغيَّرَ كلُّ ذي لَوْنٍ وطَعْمٍ … وقلَّ بشاشةُ الوَجهِ المليحِ فأُجيب آدم: [من الوافر] أبا هابيلَ قدْ قُتلا جميعًا … وصارَ الحيُّ كالميْتِ الذَّبيحِ وجاءَ بشرَّةٍ قدْ كان منْها … على خَوْفٍ، فجاءَ بها يصيحُ وهذا الشعرُ فيه نظر، وقد يكونُ آدمُ (عليه السلام) قال كلامًا يتحزَّن به بلغتِه، فألَّفه بعضُهم إلى هذا، وفيه أقوال، واللَّه أعلم. وقد ذكر مجاهدٌ: أنَّ قابيلَ عُوجل بالعقوبة يومَ قتلَ أخاه، فعلقتْ ساقُه إلى فخذه، وجُعِلَ وجهُه إلى الشمس كيفما دارتْ تنكيلًا به، وتعجيلًا لذنبه وبغيهِ وحسده لأخيه لأبويه (٢) . وقد جاء في الحديث: عن رسول اللَّه ﷺ أنه قال: "ما منْ ذَنْبٍ أجدر أن يُعجِّلَ اللَّه عقوبتَه في الدنيا مع ما يدَّخرُ لصاحبه في الآخرة من البَغْي وقطيعةِ الرحم" (٣) . والذي رأيتُه في الكتابِ الذي بأيدي أهلِ الكتاب، الذين يزعمونَ أنه التوراة، أنَّ اللَّه – Exalté soit-Il – أجَّله وأنظرَه، وأنَّه سكنَ في أرض "نَوْد" في شرق عَدن، وهم يُسمُّونه "قنين" وأنه ولد له "خنوخ" ولخنوخ "عندر" ولعندر "محوايل" ولمحوايل "متوشيل" ولمتوشيل "لامك" وتزوَّجَ هذا امرأتين "عذا" "وصلا" فولدت عذا ولدًا اسمه "إبل" وهو أوَّلُ من سكنَ القِباب واقتنى المالَ، وولدت أيضًا "نويل" وهو أوَّل من أخذَ في ضرْبِ الوَنج والصَّنَج (٤) . وولدت صلا ولدًا اسمه "شوبلتين" وهو أوَّلُ من صنعَ النحاس والحديد، وبنتًا اسمها "نعمى" .
(١) في التفسير (٤/ ٥٣٠ - ٥٣١) وفي التاريخ (١/ ١٤٥). وفي التفسير: فلونُ الأرض. (٢) أخرجه ابن جرير في التفسير (٤/ ٥٢٨). (٣) أخرجه أحمد في المسند (٥/ ٣٦ و ٣٨) وأبو داود (٤٩٠٢) في الأدب، والترمذي (٢٥١١) في صفة القيامة، وابن ماجه (٤٢١١) في الزهد، والحاكم في المستدرك (٢/ ١٦٢) وابن حبان في صحيحه (٤٥٥) الإحسان، كلهم عن أبي بكرة ﵁ ، وقال الترمذي: صحيح. (٤) الوَنْج: ضرب من الأوتار أو العود أو المعزف. والصَّنجُ: شيء يتخذ من صُفْر (نحاس) يُضرب أحدهما على الآخر.

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