Cinquièmement : Ses professeurs et ses élèves
[A – Ses professeurs]
Préambule :
Ibn Kathîr s’orienta dans ses études vers les sciences religieuses, en particulier la jurisprudence (fiqh) et le hadith, ainsi que les disciplines qui s’y rattachent, comme les sciences du Coran, de la Sunna et de la langue arabe. C’était la tendance dominante à son époque, encouragée par la façon dont il fut élevé au sein de sa famille, notamment par son frère et premier maître, ʿAbd al-Wahhâb. De plus, il était un étudiant perspicace et brillant, doté d’une excellente mémoire et d’un esprit vif, ce qui explique le lien étroit qu’il entretint avec ses professeurs. Ces derniers l’appréciaient et l’incitaient à faire preuve de patience et d’assiduité, exerçant ainsi une grande influence sur sa formation intellectuelle, à l’instar de l’historien adh-Dhahabî, du spécialiste du hadith al-Mizzî ou de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya. Nous donnerons ci-après une brève présentation de ses maîtres – l’élite des savants de son époque –, en les classant selon l’année de leur décès, en commençant par le premier à être décédé. Nous tenons à ce que la présentation soit faite d’après les propos mêmes d’Ibn Kathîr consignés dans sa grande œuvre « Al-Bidâya wa an-Nihâya » :
- Mûsâ ibn ʿAlî ibn Muḥammad al-Ḥalabî, Najm ad-Dîn,
Damasquin, décédé en 716 H :
Ibn Kathîr déclare à son sujet :
« Le scribe vertueux, connu sous le nom de al-Buṣbuṣ, le maître de l’art de l’écriture à son époque, notamment dans les styles muwazzaj et muthallath. Il a enseigné l’écriture aux gens durant cinquante ans, et je fais partie de ceux qui ont écrit sous sa direction – qu’Allah lui accorde Sa rétribution. C’était un shaykh à l’aspect agréable… Il mourut le mardi 10 Dhû al-Qaʿda et fut inhumé dans le cimetière de Bâb aṣ-Ṣaghîr. Il avait alors soixante-cinq ans. » (1)
- Zakariyyâ ibn Yûsuf ibn Smlaymân ibn Ḥammâd, Rukn ad-Dîn al-Bajalî ash-Shâfiʿî,
décédé en 722 H :
Ibn Kathîr ne précise pas la science qu’il reçut de lui, mais il dit :
« Notre maître, l’érudit ascète Rukn ad-Dîn, ultime représentant de la piété des Anciens, assurait les fonctions d’adjoint du prêche et enseignait dans les médersas aṭ-Ṭayyibiyya et al-Asadiyya. Il dirigeait en outre, dans la Grande Mosquée, une séance d’enseignement (2) à laquelle venaient les étudiants ; il y abordait le droit successoral et d’autres matières, s’y consacrant avec régularité. Il rendit l’âme le jeudi 23 Jumâdâ al-Ûlâ, à l’âge de soixante-dix ans, et fut enterré non loin de son maître Tâj ad-Dîn al-Fazârî – qu’Allah leur accorde Sa miséricorde à tous deux. » (3)