Muslim et les auteurs des Sunan, à l’exception d’an-Nassâ’î, ont rapporté d’après Abû Dharr un récit similaire (1).
Quant à l’autre tradition, l’imam Aḥmad (2) a dit : « Abu Muʿâwiya et Wakiʿ nous ont rapporté, en disant : “Al-Aʿmash nous a transmis, d’après ʿAbd Allâh ibn Murra, d’après Masrûq, d’après Ibn Masʿûd, qui a dit : ‘Le Messager d’Allâh ﷺ a déclaré : “Aucune âme n’est tuée injustement sans que le premier fils d’Adam n’en porte une part de responsabilité dans le sang, car il fut le premier à instaurer le meurtre.”’” ».
Le même hadith a été rapporté par l’ensemble des compilateurs (al-jamāʿa), à l’exception d’Abû Dâwud (4), d’après la transmission d’Al-Aʿmash. Il est également rapporté que ʿAbd Allâh ibn ʿAmr ibn al-ʿĀs et Ibrâhîm an-Nakhaʿî ont tous deux tenu des propos identiques.
[Sur le mont Qâsiyûn, au nord de Damas, se trouve une grotte appelée « la grotte du Sang », connue pour être le lieu où Qâbîl (Caïn) aurait tué son frère Hâbîl (Abel). Cela vient de traditions transmises par les Gens du Livre, et Allâh sait mieux si c’est vrai. L’historien Ibn ʿAsâkir rapporte dans la biographie d’Aḥmad ibn Kathîr – en précisant qu’il était un homme pieux – qu’il vit en songe le Prophète ﷺ, Abû Bakr, ʿUmar et Hâbîl. Il fit alors jurer à Hâbîl que c’était bien son sang, et Hâbîl le lui confirma par serment. Il raconta aussi qu’il avait invoqué Allâh pour que ce lieu soit un lieu exaucé en matière de prière, et Allâh exauça sa demande. Le Messager d’Allâh ﷺ le confirma, disant qu’il se rendait en ce lieu, lui, Abû Bakr et ʿUmar, chaque jeudi (5). Il s’agit d’un songe ; quand bien même il serait authentique de la part d’Aḥmad ibn Kathîr, il ne saurait en découler aucune règle légale (6).]
Allâh – Exalté soit-Il – dit : « Puis Allâh envoya un corbeau qui se mit à fouiller la terre pour montrer à [Qâbîl] comment ensevelir la dépouille de son frère. Il s’écria : “Malheur à moi ! Suis-je incapable d’être comme ce corbeau et d’ensevelir la dépouille de mon frère ?” Il devint alors du nombre des regrettants. » (Al-Mâ’ida, 5 : 31). Certains ont mentionné qu’une fois son frère tué, il le porta sur son dos pendant une année. D’autres ont dit qu’il le porta cent ans, et ne cessa de le porter jusqu’à ce qu’Allâh envoya deux corbeaux, que – selon as-Suddî (7) par sa chaîne de transmission remontant aux Compagnons – étaient frères ; ils se battirent l’un contre l’autre, et l’un tua l’autre. Lorsqu’il l’eut tué, il se mit alors à creuser la terre pour l’y ensevelir.