Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Seigneur des Mondes (28) : « Je veux que tu endosses mon péché et le tien, pour que tu sois du nombre des gens du Feu. Voilà la rétribution des injustes. » (29) Son âme l’incita alors à tuer son frère ; il le tua et se retrouva parmi les perdants. (30) Dieu envoya ensuite un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment ensevelir la dépouille de son frère. Il s’écria : « Malheur à moi ! Suis-je incapable d’agir comme ce corbeau pour enterrer la dépouille de mon frère ? » Il devint ainsi du nombre des pleins de regrets. [Al-Mâ’ida : 27-31]

Nous avons déjà traité de cette histoire dans la sourate Al-Mâ’ida, dans le Tafsîr (1), de façon suffisante, louange à Dieu. Résumons ici ce qu’en ont rapporté les Imams des premiers savants.

As-Suddî rapporta, d’après Abû Mâlik et Abû Sâliḥ, tous deux transmettant d’Ibn ‘Abbâs, et d’après Murra, transmettant d’Ibn Mas‘ûd, ainsi que d’autres Compagnons, qu’Adam mariait le garçon de chaque grossesse avec la fille de l’autre. Hâbîl (Abel) voulut ainsi épouser la sœur de Qâbîl (Caïn). Or Qâbîl était plus âgé que Hâbîl, et la sœur de ce dernier était plus belle. Hâbîl désirait donc la prendre pour lui, et Adam – que la paix soit sur lui – lui ordonna de la donner en mariage à son frère, mais Qâbîl refusa. Adam leur enjoignit alors de présenter chacun une offrande, puis il partit en pèlerinage à la Mecque. Il demanda aux cieux de veiller sur ses fils, mais ils refusèrent ; il le demanda ensuite à la terre et aux montagnes, qui refusèrent également. Qâbîl accepta de prendre cet engagement.

Après le départ d’Adam, chacun présenta donc son offrande. Hâbîl, qui gardait des moutons, offrit un agneau gras, tandis que Qâbîl, cultivateur, offrit une gerbe de céréales de mauvaise qualité. Un feu descendit pour consumer l’offrande de Hâbîl, mais laissa celle de Qâbîl intacte, ce qui mit Qâbîl en colère. Il dit : « Je te tuerai, ainsi tu n’épouseras pas ma sœur. » Hâbîl répondit : « Dieu n’agrée (les offrandes) que de la part des pieux. » (2)

On rapporte également ce récit de plusieurs manières d’après Ibn ‘Abbâs, ainsi que d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr. Ce dernier dit : « Par Dieu, celui qui fut tué (Hâbîl) était pourtant le plus fort des deux hommes, mais il s’abstint de lever la main sur son frère par scrupule religieux. » (3)

Abû Ja‘far al-Bâqir mentionna qu’Adam supervisait directement leur présentation d’offrande, et que Dieu agréa celle de Hâbîl, mais pas celle de Qâbîl. Caïn dit alors à Adam : « Il n’a agréé son offrande qu’à cause de ta prière en sa faveur, pas de la mienne. » Il menaça son frère en secret. Un soir, Hâbîl tarda à rentrer de son troupeau. Adam envoya Qâbîl à sa recherche. Lorsqu’il le trouva, il lui dit : « Son offrande a été acceptée de toi, non de moi. » Hâbîl répliqua : « Dieu n’agrée vraiment que de la part des pieux. » Sur ce, Qâbîl se mit en colère et le frappa avec un morceau de fer qu’il portait sur lui, le tuant.

D’autres rapportent que Qâbîl le tuerait plutôt en lui lançant une pierre sur la tête pendant qu’il dormait, lui fracassant le crâne (4). D’autres encore disent qu’il l’étouffa en l’étranglant fortement et en le mordant, comme le font les bêtes sauvages, jusqu’à ce que mort s’ensuive (5). Dieu est plus savant.

Lorsqu’il menaça son frère, celui-ci dit : « Même si tu lèves la main sur moi pour me tuer, je ne lèverai pas la main sur toi pour te tuer ; je crains Dieu, Seigneur de l’Univers » [Al-Mâ’ida : 28]. Cela souligne le beau comportement de Hâbîl, sa crainte de Dieu et son scrupule à ne pas rendre la violence à son frère.

(1) Voir le Tafsîr d'Ibn Kathîr (2/55-60). (2) Rapporté par Ibn Jarîr al-Ṭabarî dans son Tafsîr (4/525) et par Ibn Kathîr dans son Tafsîr (2/55). (3) Rapporté par Ibn Jarîr al-Ṭabarî dans son Tafsîr (4/532) et par Ibn Kathîr dans son Tafsîr (2/56). (4) « Fashdahtuhu » : je l’ai cassé et fendu. (5) Rapporté par Ibn Abî Ḥâtim ; comme dans le Tafsîr d'Ibn Kathîr (2/56).
رَبَّ الْعَالَمِينَ (٢٨) إِنِّي أُرِيدُ أَنْ تَبُوءَ بِإِثْمِي وَإِثْمِكَ فَتَكُونَ مِنْ أَصْحَابِ النَّارِ وَذَلِكَ جَزَاءُ الظَّالِمِينَ (٢٩) فَطَوَّعَتْ لَهُ نَفْسُهُ قَتْلَ أَخِيهِ فَقَتَلَهُ فَأَصْبَحَ مِنَ الْخَاسِرِينَ (٣٠) فَبَعَثَ اللَّهُ غُرَابًا يَبْحَثُ فِي الْأَرْضِ لِيُرِيَهُ كَيْفَ يُوَارِي سَوْءَةَ أَخِيهِ قَالَ يَاوَيْلَتَا أَعَجَزْتُ أَنْ أَكُونَ مِثْلَ هَذَا الْغُرَابِ فَأُوَارِيَ سَوْءَةَ أَخِي فَأَصْبَحَ مِنَ النَّادِمِينَ﴾ [المائدة: ٢٧ - ٣١] . قد تكلَّمنا على هذه القصَّة في سورة المائدة في التفسير (١) بما فيه كفاية، وللَّه الحمد. ولنذكر هاهنا ملخص ما ذكرَه أئمةُ السَّلف في ذلك. فذكرَ السُّدِّي: عن أبي مالك، وعن أبي صالح، عن ابن عبَّاس. وعن مُرَّة، عن ابن مسعود، وعن ناسٍ من الصحابة: أنَّ آدم كان يُزوِّجُ ذكرَ كلِّ بطنِ بأنثى الآخر، وأنَّ هابيلَ أراد أن يتزوَّجَ بأخت قابيل، وكان أكبرَ من هابيل، وأختُ هابيل أحسنُ، فأراد هابيلُ أنْ يستأثرَ بها على أخيه، وأمرَه آدمُ (عليه السلام) أن يزوِّجه إيَّاها فأبَى، فأمرَهما أن يُقرِّبا قربانًا، وذهبَ آدمُ ليحجَّ إلى مكَّة، واستحفظ السماوات على بنيه فأبينَ، والأرضين والجبال فأبينَ، فتقبَّل قابيلُ بحفظ ذلك. فلما ذهبَ قرَّبا قربانَهما، فقرَّبَ هابيلُ جَذْعةً سمينة، وكان صاحبَ غَنم، وقرَّبَ قابيلُ حزمةً من زَرْعٍ، من رديء زَرْعه، فنزلت نارٌ فأكلتْ قربانَ هابيل، وتركتْ قربانَ قابيل، فغضبَ وقالَ: لأقتلنَّكَ حتى لا تنكحَ أختي. فقال: إنما يتقبَّلُ اللَّه من المتقين (٢) . ورُوي عن ابن عباس من وجوه أُخر، وعن عبد اللَّه بن عمرو، وقال عبد اللَّه بن عمرو: وايم اللَّه إن كان المقتول لأشدّ الرجلين، ولكن منعَه التحرُّج أن يبسطَ إليه يدَه (٣) . وذكر أبو جعفر الباقر: أنَّ آدمَ كان مباشرًا لتقرُّبهما القربانَ والتَّقبُّل من هابيل دون قابيل، فقال قابيل لآدم: إنما تَقبَّلَ منه لأنَّكَ دعوتَ له ولم تدعُ لي، وتوعَّد أخاه فيما بينَه وبينَه، فلما كان ذات ليلةٍ أبطأ هابيلُ في الرعي، فبعثَ آدمُ أخاه قابيلَ لينظرَ ما أبطأ به، فلما ذهبَ إذا هو به، فقال له: تقبَّل منكَ ولم يتقبلْ منِّي. فقال: إنما يتقبل اللَّه من المتقين، فغضبَ قابيلُ عندَها وضربَهْ بحديدةٍ كانت معه، فقتلَه. وقيل: إنه إنما قتلَه بصخرة رماها على رأسِه وهو نائمٌ فشدخته (٤) . وقيل: بل خنقَه خنقًا شديدًا وعضًّا كما تفعلُ السِّباعُ فمات (٥) . واللَّه أعلم. وقوله له لما توعَّده بالقتل: ﴿لَئِنْ بَسَطْتَ إِلَيَّ يَدَكَ لِتَقْتُلَنِي مَا أَنَا بِبَاسِطٍ يَدِيَ إِلَيْكَ لِأَقْتُلَكَ إِنِّي أَخَافُ اللَّهَ رَبَّ الْعَالَمِينَ﴾ [المائدة: ٢٨] دلَّ على خُلُقٍ حَسَن، وخَوْفٍ من اللَّه تعالى وخشية منه، وتورُّعٍ أن يُقابلَ أخاه
(١) انظر تفسير ابن كثير (٢/ ٥٥ - ٦٠). (٢) أخرجه ابن جرير الطبري في التفسير (٤/ ٥٢٥) وابن كثير في التفسير (٢/ ٥٥). (٣) أخرجه ابن جرير الطبري في التفسير (٤/ ٥٣٢) وابن كثير في التفسير (٢/ ٥٦). (٤) "فشدخته": كسرته وشقَّتْه. (٥) أخرجه ابن أبي حاتم؛ كما في تفسير ابن كثير (٢/ ٥٦).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies