«(Porte) un vêtement, puis entre en état de sacralisation.» Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) sortit alors, et lorsque sa chamelle fut stabilisée sur la plaine d’al-Bayda, il proclama l’unicité divine en disant : «Me voici, ô Dieu, me voici ! Me voici, Tu n’as point d’associé, me voici ! En vérité, la louange, la grâce et la royauté T’appartiennent ; Tu n’as point d’associé.» Les gens prononcèrent également la Talbiya, et certains y ajoutèrent : «Celui des degrés élevés» et d’autres formules semblables. Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) les entendait et ne disait rien. Je regardai alors, aussi loin que mon regard pouvait porter, devant le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) : il y avait des gens à pied et d’autres à cheval, et la même chose se trouvait derrière lui (1), à sa droite et à sa gauche.
Jâbir rapporte : «Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) était parmi nous ; il recevait alors la Révélation (2). Il en connaissait le sens profond, et nous agissions selon chacun de ses actes. Nous n’avions d’autre intention que d’accomplir le pèlerinage. Lorsque nous arrivâmes à la Ka‘ba, le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) toucha la Pierre noire, puis il effectua une course rituelle (raml) sur trois tours et marcha sur quatre tours. Quand il eut terminé, il se dirigea vers la station (Maqâm) d’Ibrâhîm, où il accomplit deux unités de prière. Ensuite, il récita : «Et prenez pour lieu de prière la station d’Abraham» (Coran 2:125).
Selon Ahmad, Abû ‘Abd Allâh – c’est-à-dire Ja‘far (3) – dit qu’il récita, dans ces deux unités, la sourate de l’Unicité (al-Ikhlâs) et la sourate : “Dis : Ô vous qui mécroyez” (al-Kâfirûn). Puis, il toucha de nouveau la Pierre noire et se dirigea vers As-Safâ. Il récita alors : «En vérité, As-Safâ et Al-Marwa font partie des rites prescrits par Dieu» (Coran 2:158). Puis il dit : «Nous commençons par ce que Dieu a cité en premier.» Il monta sur As-Safâ et, dès qu’il aperçut la Maison sacrée, il proclama la grandeur de Dieu. Ensuite il s’exclama : «Il n’est de divinité que Dieu, l’Unique, sans associé. À Lui la royauté et la louange, et Il est capable de toute chose. Il n’est de divinité que Dieu, l’Unique. Il a accompli Sa promesse, accordé la victoire à Son serviteur (4) et défait (ou vaincu) les factions à Lui seul.» Il invoqua Dieu, puis répéta ces mêmes paroles et redescendit. Lorsqu’il parvint au fond de la vallée, il courut, puis lorsqu’il remontait, il marchait. Arrivé à Al-Marwa, il y monta ; quand il vit la Maison, il répéta les mêmes paroles qu’à As-Safâ. Au septième passage sur Al-Marwa, il déclara : «Ô gens ! Si j’avais su d’avance ce que je sais maintenant, je n’aurais pas emmené d’animal à sacrifier et j’aurais fait de ce pèlerinage une ‘Umra. Que celui qui n’a pas d’animal de sacrifice se désacralise et fasse une ‘Umra.» Ainsi tous se désacralisèrent.
Sourâqa ibn Mâlik ibn Ju‘shum (7), qui se trouvait en bas de la vallée, demanda alors : «Ô Messager de Dieu, est-ce (valable) pour cette année seulement ou pour toujours ?» Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) entrelaça alors ses doigts et répondit : «Pour toujours», il le répéta trois fois puis ajouta : «La ‘Umra est incluse dans le pèlerinage jusqu’au Jour de la Résurrection.»
Jâbir poursuivit : «‘Alî arriva du Yémen, amenant un animal pour le sacrifice. Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) avait lui-même convoyé (8) un animal à partir de Médine. Alors Fâtima…»