Et de plus, la narration du qirân confirme ce que celui qui a rapporté l’ifrâd et le tamattuʿ a passé sous silence ou a nié, et elle lui est donc prioritaire, comme cela est établi dans la science des fondements (uṣūl).
Quant à Abû ʿImrân, il est rapporté qu’il accomplit le pèlerinage avec ses affranchis. Il raconta : « Je me rendis auprès d’Umm Salama et lui dis : “Ô Mère des croyants, je n’ai jamais accompli le pèlerinage auparavant ; par quoi devrais-je commencer, par la ʿumra ou le ḥajj ?” Elle me répondit : “Commence par ce que tu veux.” » Il ajouta : « Je me rendis ensuite auprès de Ṣafiyya, Mère des croyants, et je l’interrogeai ; elle me donna la même réponse. Puis je revins vers Umm Salama pour l’informer de ce que m’avait dit Ṣafiyya. Umm Salama dit alors : “J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : ‘Ô famille de Muḥammad, que celui d’entre vous qui accomplit le pèlerinage formule l’intention de la ʿumra dans son ḥajj.’” » Ce ḥadith est rapporté par Ibn Ḥibbân dans son Ṣaḥîḥ ; Ibn Ḥazm l’a également rapporté dans le récit du Pèlerinage d’adieu, d’après des témoignages remontant à al-Layth ibn Saʿd, transmis par Yazîd ibn Abî Ḥabîb, Aslam, Abû ʿImrân, puis Umm Salama (1).
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S’il est dit : « Vous avez rapporté de plusieurs Compagnons qu’il (– paix sur lui –) aurait accompli l’ifrâd, puis vous avez rapporté de ces mêmes personnes et d’autres qu’il aurait associé le ḥajj et la ʿumra (qirân). Comment concilier ces rapports ? »
La réponse est que le récit de ceux qui ont mentionné qu’il a accompli l’ifrâd doit s’entendre ainsi : il n’a effectué que les actes spécifiques au ḥajj, tout en y incluant la ʿumra par l’intention, l’action et le moment. Cela indique qu’il s’est satisfait d’un seul ṭawâf et d’un seul saʿy pour la ʿumra et le ḥajj, conformément à l’avis majoritaire concernant le qirân, contrairement à Abû Ḥanîfa (– qu'Allah lui fasse miséricorde –) qui estime que le qârin doit effectuer deux ṭawâf et deux saʿy, en se fondant sur un récit attribué à ʿAlî ibn Abî Tâlib, dont la chaîne de transmission est discutable.
Quant à ceux qui ont rapporté d’abord le tamattuʿ, puis le qirân, nous avons déjà expliqué que, dans le langage des Salaf, le terme « tamattuʿ » est plus large : il inclut aussi bien le tamattuʿ au sens strict que le qirân. Ils l’employaient même pour désigner la simple ʿumra accomplie durant les mois du ḥajj, sans que le ḥajj y soit nécessairement associé. C’est dans ce sens que Saʿd ibn Abî Waqqâṣ a dit : « Nous avons accompli un tamattuʿ avec le Messager de Dieu (ﷺ), alors que celui-là (c’est-à-dire Muʿâwiya) était encore mécréant à la Kaʿba (c’est-à-dire à La Mecque). » Par cette parole, il visait l’une des deux ʿumra : soit celle d’al-Ḥudaybiyya, soit celle d’al-Qaḍâʾ. Quant à la ʿumra de al-Jiʿrâna, à cette époque Muʿâwiya (4) s’était déjà converti à l’islam, car elle eut lieu après la Conquête, tandis que le Pèlerinage d’adieu survint par la suite, en l’an dix. Cela est clair et manifeste, et Dieu est plus savant.
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S’il est dit : « Quelle réponse apportez-vous (5) au ḥadith qu’Abû Dâwûd aṭ-Ṭayâlisî rapporte dans… »