Anas a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : “Me voici (labbayka) pour une ‘umra et un hajj.” (1) Il s’agit d’une chaîne de transmission à trois maillons réunissant les conditions exigées par al-Bukhârî et Muslim, sans qu’aucun d’eux ni aucun des auteurs d’ouvrages (de hadith) ne l’aient rapportée sous cet aspect. Cependant, Muslim (2) l’a rapportée via Yahyâ ibn Yahyâ, Hushaym, Yahyâ ibn Abî Isḥâq, ‘Abd al-‘Azîz ibn Ṣuhayb et Ḥumayd, lesquels ont tous entendu Anas ibn Mâlik. Celui-ci déclara : « J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) proclamer les deux simultanément : “Me voici pour une ‘umra et un hajj ; me voici pour une ‘umra et un hajj.” »
L’imam Aḥmad (3) dit : « Ya‘mar ibn Bishr (4) nous a rapporté, ‘Abd Allah nous a transmis, d’après Ḥumayd aṭ-Ṭawîl, d’après Anas ibn Mâlik, qui a dit : “Le Messager d’Allah (ﷺ) a conduit un grand nombre de bêtes destinées au sacrifice et a déclaré : ‘Me voici pour une ‘umra et un hajj’, alors que je me tenais tout près de la cuisse gauche de sa chamelle.” » Aḥmad est le seul à rapporter ce hadith sous cette forme également.
5 – Ḥumayd ibn Hilâq al-‘Adawî al-Baṣrî l’a rapporté. L’hâfiẓ Abû Bakr al-Bazzâr, dans son « Musnad », affirme : « Muḥammad ibn al-Muthannâ nous a rapporté ; ‘Abd al-Wahhâb nous a rapporté, d’après Ayyûb, d’après Abû Qilâba, d’après Anas ibn Mâlik. » (5) Il ajoute : « Salama ibn Shabîb (6) nous a rapporté ; ‘Abd ar-Razzâq nous a transmis, d’après Ma‘mar, d’après Ayyûb, d’après Abû Qilâba et Ḥumayd ibn Hilâl, d’après Anas, qui dit : “J’étais derrière Abû Ṭalḥa et son genou frôlait le genou du Messager d’Allah (ﷺ) tandis qu’il faisait la talbiya (7) pour le hajj et la ‘umra.” »
Cette chaîne de transmission est excellente et solide selon les critères du Ṣaḥîḥ, sans avoir été rapportée par leurs auteurs. Al-Bazzâr l’a interprétée en affirmant que c’était Abû Ṭalḥa qui prononçait la talbiya pour le hajj et la ‘umra, et que le Prophète (ﷺ) ne l’en avait pas dissuadé. Cette interprétation est sujette à caution et inutile, car cela est attesté via d’autres voies d’Anas, comme déjà mentionné et comme on le verra plus loin. De surcroît, la règle grammaticale veut que le pronom se réfère au plus proche antécédent cité, ce qui dans ce cas correspond mieux à la situation, et Dieu sait mieux. D’ailleurs, la chaîne transmise par Sâlim ibn Abî al-Ja‘d d’après Anas (9) contiendra une preuve explicite réfutant cette interprétation.